Indigène attitude

Publié le 29 Février 2012

 

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Ce serait hypocrite de ma part si je ne rendais pas également hommage à ceux qui me guident et me supportent au quotidien, sans rien dire, en prenant tout ce que je leur offre sans rechigner, sans cracher dessus et sans contrepartie.

Après l’hommage à mes grands-parents qui m’ont permis de me développer en une harmonie sommaire en me guidant de leurs valeurs, après les mercis à mes amis qui m’aident chaque jour ou presque à tenir debout sur un chemin de vie chaotique et qui ne me convient guère, je ne puis omettre mes amis indiens près de qui je me réfugie sans complexe, afin de cacher ma tête sous leurs bandeaux de plumes rassurantes, auprès de leurs coutumes et de leur mode de vie différents et passionnants, bref dans leur dépaysement, leur sagesse, leurs rites et leur beauté naturelle et sauvage.


Ce n’est pas très glorieux quand j’y pense de trouver refuge auprès de ceux qui ont moins que nous mais ce combat pour les faire connaître est devenu l’un de mes leitmotiv les plus importants dans mon devoir de militante. Je dois dire qu’il m’interroge chaque jour à propos de quelques points ambigus auquel mon tempérament atypique n’est pas étranger.

Déjà ne serait-ce que dans l’évocation des motivations personnelles : sont-elles d’ordre ethnique, écologique, politique ou plutôt humaniste ?


Comment par exemple une libre-penseuse athée comme je le suis peux en toute conscience comprendre et défendre des peuples aux croyances animistes, chamaniques et pour certains emprunts d’un fort syncrétisme religieux avec des rites catholiques importants comme pour les peuples mexicains ?


Je dois dire que tout ceci me laisse souvent pantoise et j’ai décidé de relater les rites religieux de chaque ethnie en tant que narratrice et en toute neutralité…je dois dire que cela m’arrange bien.

Les indiens ont toujours fait partie de ma vie depuis ma plus tendre enfance. J’adorais comme tous les enfants jouer aux indiens et aux cow-boy, dernier rôle que je tenais rarement, je confectionnais des mocassins et des arcs et j’étais d’ailleurs très experte et douée au tir à l’arc à l’indienne ( je le précise parce que le tir à l’arc de compétition est une véritable catastrophe pour moi !).

J’ai lu très jeune des livres sur les amérindiens et j’ai toujours été passionnée par le Mexique et les civilisations mayas même si, petite je ne connaissais rien aux peuples indiens de ce pays.

Dans mon désir de faire connaître toutes les ethnies pour leur originalité particulière, je rencontre deux épines qui viennent assez souvent m'empêcher de marcher. La première est liée à une sorte de phénomène de mode qui met toujours en avant la défense des amérindiens ( indiens d'Amérique du nord, les peaux-rouges en deux mots).

Fleurissent sur la toile un nombre impressionnant de sites, blogs et de magnifiques images irréelles la plupart , mettant en  avant ces peuples. Oui, les mettant en avant sans entrer bien souvent dans les détails de leur quotidien, et ce phénomène de mode les dessert forcément puisqu'on ne voit d'eux qu'une apparence, ce qui somme toute convient très bien à des occidentaux qui prennent ce qui les intéresse et délaissent l'essentiel ( la lutte, le combat, la politique, la misère, la vie en réserve....)

Ensuite, mes lecteurs me connaissent un peu et ne seront pas surpris, je déteste les injustices, et quand je parle d'injustice, je pense de suite à mes petits indigènes préférés ( ce sont eux qui préfèrent le terme d'indigène pour les nommer), ceux du Mexique et surtout les mayas.

Comment se fait-il que ces peuples ne soient pas plus médiatisés ?

Je rame à contre courant chaque jour pour les mettre en avant et tout le monde s'en fout !

C'est à cause des passes-montagnes qui foutent les jetons à la pensée unique ?

C'est parce que les communiqués sont nombreux, qu'il faut lire, qu'il faut s'approprier un système, comprendre un combat ?

Je sais que c'est récurrent chez moi et vous avez de la chance, vous ne me fréquentez pas, c'est invivable à vrai dire , les mayas font partie intégrante de ma vie et chaque enseignement appris d'eux enrichit mon quotidien.

 

Lorsque j’ai embrassé le milieu politique, j’étais déjà guévariste dans l’âme et l’action et j’ai découvert toute seule grâce aux lectures du Sous- Commandant insurgé Marcos, la cause des peuples mayas du Chiapas. Un véritable coup de foudre, et pour la cause et pour les peuples si singuliers et attachants qui descendent de cette civilisation.


Et alors, me suis-je dit, comme se fait-il que mon parti le PCF ne mentionne jamais le nom de la lutte zapatiste ?


En cherchant et fouinant, je suis vite remontée à la base historique de la lutte et j’ai compris pas mal de choses sur mon parti à ce moment-là, entre autre qu’il choisissait les luttes sociales et d’émancipation par choix politique alors qu’un communiste se doit d’être auprès de tous ceux qui se battent pour leurs droits, la terre, la dignité et l’autonomie : je ne distingue aucune lutte pour ma part et cette injustice m’a révoltée, elle a aussi permis de me montrer l’erreur que j’avais commise en pensant que j’étais uniquement et sincèrement communiste.

Non, en fait et c’est drôle, tous ceux qui me connaissent le savait fort bien à part moi, mais je suis autant anarchiste que communiste , la lutte pour les zapatistes et quelques autres de mes engagements n’en laissent aucun doute.

Je raconte ma vie, tout ça pour vous confier comme le besoin de mettre en avant ces peuples opprimés, qui subissent tant d’injustice me permet de me maintenir en vie……justement, c’est le sel de cette dernière.


Souvent on me conseille de partir sur le terrain parce que c’est bien dommage en effet de défendre autant ces peuples, de connaître aussi bien ses pays d’Amérique latine sans y avoir mis les pieds. Les personnes qui les connaissent sont souvent épatées par mes « connaissances », elles sont instinctives bien souvent et parfois je pense que j’ai dû être indienne dans une autre vie !

Je suis partagée en fait avec l’idée d’aller sur le terrain……c’est tout simple, mon état de santé ne me le permet pas encore même si j’ai tout de même les valises qui me démangent.


Que pourrais-je leur apporter de plus sur le terrain si je ne suis pas en pleine forme ?

Rien, je ne serais qu’un poids mort et ils n’en ont certes pas besoin.

Alors, qu’ici en Europe, je mets toutes leurs luttes à portée de vue, en fournissant des sources en français, ce qui était mon challenge au départ et en étant bien référencée, je pense mieux les servir.

Eux, ne veulent pas l’aumône, ils veulent qu’on les aide par la diffusion et le soutien de leurs actions. Ils ne veulent pas d’ingérence ou si peu des « gringos » dans leur vie et je les comprends. Notre rôle à nous occidentaux est de les aider en respectant leurs idées, en se mettant à leur service et non l’inverse.

Nous ne pouvons qu’apprendre d’eux et ne pas recommencer ce que les colonisateurs ont fait, les rabaisser comme des animaux, des êtres primaires et mépriser leurs croyances et leur mode de vie.


Les indiens, les indigènes sont beaux parce qu’ils vivent en osmose avec leur milieu de vie, parce qu’ils arrivent à préserver leurs traditions et ceux qui peuvent encore maintenir ces dernières en se tenant à l'écart du monde moderne sont les êtres les plus heureux sur cette terre.

J’ai envie qu’ils continuent à l’être, j’ai envie que des minorités puissent vivre sur des milliers d’hectares, c’est la moindre reconnaissance que le modernisme puisse leur accorder.

Eux, sauront préserver la planète, ils sauront garder notre patrimoine vert vivant et en bonne santé.


Je n’ai pas souvent confiance en mon potentiel malgré le travail sur moi que j’effectue régulièrement et je n’ai pas l’impression d’avoir une grande valeur ici bas, ce combat indigène me permet de me sublimer et de me réfugier dans un monde qui semble me protéger, un monde dans lequel on ne me juge pas sur mes apparences physiques, mon niveau intellectuel, ni sur les variations de mon caractère.

Comme les indiens, je n’ai rien à vendre, j’ai tout à offrir à ceux qui veulent bien me faire le plaisir de me comprendre pour ce que je suis. C’est tout ce que je demande pour espérer continuer encore un petit bout de chemin.

 

Ce texte est dédié aux peuples suivants qui sont à l’honneur sur ce blog ( en attendant les autres )....et que vous retrouverez dans la colonne de droite, pages indiens et en cliquant sur la plume de mon petit indien favori.

 

Caroleone

 

 

 

 

 

 

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Mexique :

 

Les ikoots, les huichols, les tarahumaras, les purépechas, les lacandons, les yaquis, les guarijios, les pimas, les papagos, les cucapas, les mayos, les triquis, les totonaques, les mixtèques, les tojolabales, les ch’oles, les otomis, les nahuas, les tzeltales, les tzotziles, les zoques.

 

Colombie : Les kogis, les arsarios, les arhuacos, les nukak maku, les wayuu

 

Amazonie : Les zo’és, les yanomamis, les huaoranis, les awa, les shuars, les guaranis, les kayapo

 

Cuba : les taïnos

 

Afrique australe : Les bushmen

 

Amérique du nord : les sioux, les navajos, les shoshones, les bannock, les goshutes, les paiutes, les utes.

 

Chili : les mapuches, les yaghans

 

Arizona : les hopis

 

Argentine : les wichis

 

Pérou : les ashaninkas

 

Dominique : les caraïbes

 

Guatemala : les quichés, les cakchiquel

 

Guyane française : les wayanas, les apalaï

 

Andes : les aymaras, les quechuas, les kallawayas

 

Costa-rica : les guatusos, les chorotegas, les huetares, les cabecares, les bribris, les terrabas, les borucas, les guaymies

 

Australie : les aborigènes

 

Bornéo : les penans

 

Laponie : Les samis

 

Paraguay : Les ayoreo

 

 


 

 

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Rédigé par caroleone

Publié dans #Réflexions, #indigènes et indiens

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G

SALUT MA CAMARADE, il est magnifique ton texte, tu te sous-estimes ,tu es plus utile à faire connaitre tous ces peuples et à les faire vivre à travers ton blog que d'aller sur place,les observer
comme des espèces en voie de disparition ........Je crois que nous avons beaucoup de points communs, sauf que moi, je ne me classe dans aucun parti ,je ne suis pas communiste ,je ne suis pas
socialiste ,je suis de gauche c'est sûr ,je crois avoir adhéré totalement au Guévarisme,j'ai horreur des injustices et je suis pour remettre au goût du jour la lutte des classes.... Je  suis
anarco-syndicaliste ,je n'aime pas les curés ,mais j'adore les églises construites à la sueur du front des travailleurs..Je  crois en Dieu , le seul ,l'unique pour tous, mais je ne lui
demande jamais rien, mais je le remercie lorsque j'ai un bonheur inattendu ...Je  suis  assez bizarre ...NON ????? une constante :j'ai toujours pris parti pour le plus faible contre le
plus fort ,même si cela m'a coûté cher parfois !!!!! avec mes amitiés   guevaranita
C


Bonjour Guevaranita,


 


Je te remercie sincèrement pour ton commentaire et je te conforte dans ton idée que nous avons de nombreux points communs. Partager des idées politiques rapproche forcément mais partager des
idées humanistes, progressistes et guévaristes est mille fois mieux !!


Je sais très bien que nous sommes sur la même longueur d'ondes, pas besoin de me faire un tableau....bon, moi, je ne crois pas en dieu, peut-être bien que mes petits indiens m'ont confirmé malgré
tout ce que je pensais au fond de moi depuis l'enfance, que la seule chose à respecter sur cette terre c'est la pachamama qui nous porte, nous soigne, nous nourrit et veille sur nous. En ça, tu
verras que notre point commun, le Che le dit tout comme je te le dit. Ces enseignements nous sont chers et bénéfiques pour trouver notre chemin de vie.


 


Merci de ta gentille visite.


 


bises guévaristes


 


caroleone


 


 


 






T

ça, c'est une déclaration d'amour à l'Humanité !! Superbe confidence, si émouvante...
C


Merci Txakal, je ne me rends pas compte et ce que tu me dit me touche vraiment beaucoup


Bises


 


caroleone