Femmes et résistantes : OLGA BANCIC

Publié le 22 Février 2013

 

 

OLGA  BANCIC

 

   

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Golda Bancic dite PIERRETTE

 

Olga une héroïne communiste, juive et résistante qui ne céda jamais même sous la torture et mourut dignement en combattant contre le fascisme.

 

 

Son enfance :

 

  Mai 1912 : naissance à Chisinau ( kichinev) Bessarabie ( Roumanie) dans une famille  juive de 6 enfants.

 

1924 : Olga participe à une grève dans une usine de matelas dans laquelle elle travaille. Elle est arrêtée, incarcéré et maltraitée.

 

 

Son parcours militant et résistant :

 

1933 à 1938 : elle est un membre actif du syndicat ouvrier local, elle adhère aux jeunesses communistes. 

 

1938 :  Recherchée, traquée de toutes parts, elle doit partir pour la France afin d'y suivre des études à la faculté de lettres.

Avec un ami roumain qu'elle retrouve en France, elle participe à l'envoi d'armes aux républicains espagnols.

 

1938 : elle épouse Alexandre Jar, ancien des brigades internationales et écrivain ( 1911 -1988)

 

1939 : naissance de leur fille Dolorés ( prénom donné en hommage à Dolorès Ibarruri)

 

1940 : Olga confie sa fille à une famille française et s'engage avec son mari dans la main d'oeuvre immigrée ( MOI) et dans les francs tireurs partisans ( FTP) du groupe Manouchian.

Son travail consiste en l'assemblage de bombes et d'explosifs, leur transport et le convoiement d'armes avant et après les opérations ( en tout une centaine d'attaques !)

 

Elle est la seule femme du groupe.

 

 

 

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16 novembre 1943 : elle est arrêtée à Paris par les brigades spéciales avec Marcel Rayman et Josef Sevec ( 68 membres FTP-MOI), 23 seront emprisonnés à la prison de Fresnes puis condamnés à mort le 21 février 1944 et fusillés au Mont Valérien. Ce sont les héros de la fameuse "affiche rouge".

Olga est transférée en Allemagne, incarcérée à Karlsruhe puis transférée le 3 mai à Stuttgart où elle sera décapitée  le 30 mai 1944, Elle avait 32 ans.

 

Olga réussit à jeter à travers une fenêtre une lettre pour sa fille pendant son transfert à la prison de Stuttgart.

 

 

 

 

 

Cette lettre est très triste et très belle à la fois :

 

 

 

A l’intérieur de l’enveloppe allemande réglementaire, la lettre adressée par Olga Bancic à sa fille, retranscrite correctement :

 

Ma chère petite fille, mon cher petit amour.

 


Ta mère écrit la dernière lettre, ma chère petite fille, demain à 6 heures, le 10 mai, je ne serai plus.
Mon amour, ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus. Je meurs avec la conscience tranquille et avec toute la conviction que demain tu auras une vie et un avenir plus heureux que ta mère. Tu n’auras plus à souffrir. Sois fière de ta mère, mon petit amour. J’ai toujours ton image devant moi.
Je vais croire que tu verras ton père, j’ai l’espérance que lui aura un autre sort. Dis-lui que j’ai toujours pensé à lui comme à toi. Je vous aime de tout mon cœur. Tous les deux vous m’êtes chers. Ma chère enfant, ton père est, pour toi, une mère aussi. Il t’aime beaucoup.

  


Tu ne sentiras pas le manque de ta mère. Mon cher enfant, je finis ma lettre avec l’espérance que tu seras heureuse pour toute ta vie, avec ton père, avec tout le monde.
Je vous embrasse de tout mon cœur, beaucoup, beaucoup.

 
Adieu mon amour.

  
Ta mère.

 

 

 

 

Olga est devenue le symbole des femmes et jeunes filles étrangères engagées dans la résistance en France.

La ville de Paris lui rend hommage en 1995 en apposant une plaque à sa mémoire sur un des murs du carré des fusillés au cimetière d'Ivry sur seine.

Le 26 octobre 1999, sa mémoire est de nouveau honorée par le conseil supérieur de la mémoire avec 4 autres personnalités : Jean Moulin, Pierre Brossolette et Jacques Trolley de prévaux.

 

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Je lui rend cet hommage particulier de femme à femme, je pense très fort à elle et à son martyre, je pense très fort à elle qui a sacrifié l'éducation de son enfant pour servir la résistance, pour servir les autres et ses idéaux, je pense très fort à sa trop courte vie sacrifiée pour la liberté des Français, comme de nombreux communistes, je suis très attachée aux FTP/MOI qui représentent à nos yeux le partage, la dignité et le sacrifice de sa vie pour les autres , sans tenir compte des origines, sociales, sans tenir compte de la race, sans tenir compte de la religion : c'est ça l'internationalisme au service du peuple !!!

 

 

Caroleone

 

 

 

 

  Article publié la première fois le 19/11/2010

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire, #Des femmes pas comme les autres

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L
Bonjour,
Je ne sais pas où vous avez trouvé qu'Olga avait été décapitée à la hache, mais c'est faux, elle a tout simplement été guillotinée comme l'ont été Hans et Sophie Scholl et tant d'autres jeunes innocents.
C
Merci pour cette correction. Personne encore m'en avait fait la remarque.
Je ne me souviens plus de la source, l'article remonte à 2010.
C

Je le sais Jacques, nous avons les mêmes idées à ce sujet aussi. Cet article sera suivi d'autres sur les femmes résistantes....puis sur les hommes, car c'est toujours par eux que l'on commence
d'habitude.
Mais contrairement à l'HD, je ne ferai figurer que des résistants communistes , chauvinisme oblige !!