Etats-Unis : Les creeks

Publié le 31 Août 2012

La nation muscogee ou creek

 

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C’était la nation la plus puissante du sud-est des Etats-Unis. Les creeks font partie des cinq tribus dites civilisées.

Ils se nomment muskogee ou muscogee, qu’ils écrivent mvskoke.

Population : 50 à 60.000 personnes

Langue : creek (mvskoke) de la famille des langues muskogéennes

Répartition d’origine

Géorgie, Alabama

Ils étaient répartis en deux groupes :

-         Les muskogee (creeks supérieurs) au nord du territoire creek

-         Les creeks inférieurs (hichiti et alabama), aux mêmes traditions mais aux dialectes différents.

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Répartition actuelle

Oklahoma, Alabama, Géorgie, Floride

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En savoir plus sur les indiens du sud-est sur cocomagnanville

 

Histoire

Les Creeks sont probablement des descendants des constructeurs de monticules de la civilisation du Mississippi, reliés aux Utinahica de la Géorgie méridionale. Plus une confédération souple qu'une tribu simple, les Muscogees ont vécu dans des villages autonomes de la vallée fluviale des états actuels de la Géorgie et de l'Alabama. Ils étaient composés de nombreux groupes ethniques parlant plusieurs langues distinctes. Ceux qui vivaient le long du fleuve Ocmulgee étaient nommés « Creek » par les commerçants britanniques de la Caroline du Sud ; par la suite le nom a été appliqué à tous les indigènes de la région.

Les Creeks commerçaient avec leurs nouveaux voisins britanniques, échangeant avec les Européens diverses marchandises contre des peaux de daim et aussi des esclaves indiens capturés en Floride.

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-         Vers 1540 : expédition d’Hernando de Soto qui traverse le territoire creek. Les espagnols sont impressionnés par la richesse des villes creeks et le nombre d’habitants et ils ne les attaquent pas. La position centrale occupée par les creeks et leur puissance font d’eux des alliés des européens.

-         Fin du XVIIe siècle : les creeks armés par les anglais combattent les espagnols et les français et leurs alliés indiens

-         1712 : paix avec les français et les choctaws

-         1715 : les creeks rejoignent la révolte des yamassees qui sont excédés des invasions de leur territoire par les anglais. Les anglais en représailles rasent les villages creeks, tuent les hommes, vendent les femmes et les enfants comme esclaves.

-         1717 : les chefs creeks contraints et forcés demandent la paix.

-         1738 : terribles épidémies de variole apportées par les blancs qui ravagent toutes les nations indiennes. Guerre entre creek et cherokee, les creeks étant armés par les anglais.

-         1753 : réconciliation entre les nations creek et cherokee qui s’unissent dès lors contre les français et leurs alliés choctaws.

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Dragging Canoé, chef cherokee

-         Juillet 1776 : attaques des colonies de Caroline et de Géorgie menées par le chef cherokee Dragging Canoé en opposition à la vente des terres indiennes. Les creeks donnent asile aux cherokees ce qui attise la colère anglaise.

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Mc Gillivray

-         Chef Mc Gillivray : en 1776 pendant la révolte des cherokees, quelques guerroers creeks avec à leur tête le chef Mc Gillivray apportent leur aide aux cherokees conduits par Dragging Canoé et ses « chickamuagas » Ils résisteront jusqu’en 1788. Les EU qui ont conquis leur indépendance veulent punir les creeks qui ne les ont pas soutenus contre les anglais. A l’aide d’un « traité » signé en 1730 ils s’emparent des terres creeks et les colons s’y installent illégalement. Mac Gillivray  réussit à expulser pacifiquement les colons puis il demande la protection contre l’invasion à George Washington qui ne lui fournit pas et envoie même un agent pour espionner les creeks. McGillivray a œuvré à l'émergence d'un nationalisme Creek et à la centralisation du pouvoir Creek en luttant contre les chefs de village qui, individuellement, vendaient des terres aux États-Unis.

 

Les guerres creeks

 

La guerre creek de 1813/1814

Egalement connue sous le nom de guerre des Bâtons rouges (red stick war)

Elle commence par une guerre civile dans la nation creek et s’entremêle avec la guerre de 1812. Les creeks des villes hautes (connus sous le nom des bâtons rouges ou red sticks) sous la férule de leur chef Shawnee Tecumseh) et de chefs religieux cherchent à résister à l’hégémonie des blancs et aux programmes de civilisation.

-         30 août 1813 : les red sticks menés par Aigle rouge attaquent l’avant-poste américain de Fort Mims près de Mobile en Alabama. Le fort est conquis, le massacre faisant 250 morts provoque une panique se propageant tout le long de la frontière du sud-est.

En réponse, des troupes arrivent en renfort du Tennessee, de Géorgie et du Mississippi sur le territoire creek. Ceux-ci inférieurs en nombre et mal armés mènent un combat désespéré.

-         27 mars 1814 : Bataille de Horeseshoe bend sur la rivière Tallapoosa : la résistance est écrasée par le général de la milice du Tennessee Andrew Jackson avec l’aide du 39e régiment d’infanterie des EU et des alliés cherokees et creeks. 3000 creeks de la ville haute périrent dans la guerre

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Gravure représentant Weatherford se rendant à Andrew Jackson, après la bataille de Horseshoe Bend. Il déclara à Jackson: « Je suis en votre pouvoir - Faites de moi ce qu'il vous plaira. »

-         Août 1814 : épuisés et morts de faim, ils se rendent à Jackson à Wetumpka

-         9 août 1814 : signature du traité de Fort Jackson qui met fin au conflit et impose au peuple creek la cession aux Etats-Unis de 20 millions d’acre (81.000 km2) de terre, plus de la moitié de leurs possessions territoriales héréditaires. Même les creeks qui combattirent auprès de Jackson durent céder leurs terres car ils furent jugés par Jackson comme responsables de la rébellion des red sticks.

-         1819 : l’état d’Alabama est donc incorporé aux Etats-Unis.

-        Après la guerre de 1812 : William Mc Intosh, un chef creek signe de nombreux traités prévoyant la cession de plus en plus de terres à la Géorgie.

-        1821 : traité d’Indian springs qui leur prend encore des terres

-         12 février 1825 : Mc Intosh et d’autres chefs signent le traité d’indian springs qui institue  l’abandon de la plupart des terres creek restantes à la Géorgie.

-         31 mai 1825 : assassinat de Mc Intosh par deux creeks menés par Menawa après la ratification du traité par le sénat.

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Menawa

-         1826 : après des contestations du traité par le conseil national creek, celui-ci est annulé et remplacé par le traité de Washington. Ce nouveau traité sera ignoré par le gouverneur de Géorgie qui commença à déporter par la force les indiens en vertu du traité antérieur.

-         1832 : Le traité de Cusseta dépouille la nation Creek de toutes ses terres en stipulant que chaque chef de famille creek se voyait alloué, à titre personnel, 320 acres de terres. Les Creeks, ignorant pour la plupart ce qu'était un titre de propriété, se virent bientôt roulés par des Blancs peu scrupuleux.

-         1835 : nombre de Creeks ne possédaient plus rien lorsqu'ils apprirent qu'en Floride les Séminoles s'étaient révoltés, révolte connue depuis lors sous l'appellation de Seconde Guerre séminole.

Les creeks pouvaient vendre leurs terres et utiliser les fonds pour migrer à l’ouest, ou rester en Alabama et se soumettre aux lois fédérales. Les spéculateurs fonciers et les squatteurs commencèrent à expulser les creeks de leurs territoires et la violence éclata menant à la guerre creek de 1836.

Les Creeks 

Guerre creek de 1836

Autres appellations : soulèvement creek d’Alabama, seconde guerre creek

Conflit opposant les EU et une partie de la nation creek entre 1836 et 1837.

Lieu : zone frontière entre l’Alabama et la Géorgie, le long du cours Chattahoochee river.

Conclusion : défaite des creeks, déportation du peuple de leurs terres vers le territoire indien à l’ouest du Mississippi

La piste des larmes sur cocomagnanville

Le conflit

-         Mai 1836 : des creeks assassinent cinq blancs dans le sud de l’Alabama, des guerriers creeks traversent la Chattahoochee river et attaquent la localité de Roanoke en Géorgie. Le gouvernement de Géorgie n’attendait que ce prétexte pour se débarrasser du problème indien. Il autorise les comtés à lever des milices et défendre les colons.

-         9 juin 1836 : bataille de Shepherd’s plantation dans le comté de Stewart. La milice perd huit hommes.

Le reste du conflit peut-être qualifié d’actions de guérilla

-         1er juillet 1836 : le général Scott déclare prématurément que la guerre creek est terminée car ils ont capturé de nombreux guerriers. Le vieux chef Neamathla âgé de 80 ans et des centaines de guerriers sont enchaînés pour une marche de 150 kilomètres vers Montgomery en Alabama.

-         3 juillet 1836 : bataille à Chickasawchee swamp dans le comté de Becker

-         25 juillet 1836 : la milice poursuit des creeks le long de la Nochaway creek, elle bat en retraite.

-         27 juillet 1836 : la milice revient avec des renforts et forcera les creeks à faire retraite.

-         Jusqu’à mars 1837 : on rapporte de nombreuses escarmouches

-         25 mars 1837 : c’est la dernière bataille en Géorgie et Alabama, la milice encercle un campement creek dans un marais proche de la Pea river et prend le campement, douze morts chez elle, cinquante creeks tués.

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Mode de vie

La confédération creek nommée « italva » était constituée d’une cinquantaine de villes avec des villages satellites, chaque ville avait ses chefs élus, les « micco », assistés par un conseil des anciens. Des tribus comme les mobiles, les alabamas et les coushattas étaient liées à la confédération creek.

La ville

Elle avait toutes les caractéristiques d’une véritable cité avec sa vaste place entourée des bâtiments communautaires au centre de laquelle brûlait un feu en permanence. Il y avait un jeu de balle où l’on pouvait danser et donner des spectacles. Chaque habitation était composée de petits bâtiments : cuisine, pièce de réunion, chambres, entrepôt, le tout entourant une cour intérieure et un potager cultivé par les femmes. Les maisons étaient rectangulaires, les murs faits de plâtre, le toit à pignon recouvert de chaume.

Les champs se situaient autour de la ville, ils étaient communautaires : cultures de maïs, haricots, courges, citrouilles, patates douces, melons, tournesol.

Les villes étaient divisées en deux groupes :

-         Les villes blanches qui servaient aux cérémonies de paix

-         Les villes rouges qui servaient aux cérémonies de guerre

Certaines villes possédaient un temple, édifice au toit de chaume en forme de dôme bâti sur un tertre de 2.5 mètre de haut.

La chasse et la pêche étaient de moindre importance, l’agriculture une fois adoptée.

Les hommes travaillaient dans les champs, même les chefs en dehors des périodes de guerre. Une partie des récoltes allait dans les entrepôts familiaux, le reste étant gardé dans des greniers collectifs. Les réserves servaient à nourrir les guerriers, les hôtes, les indigents ou en cas de disette.

Lignage maternel et rôle de l’oncle

Les Creeks étaient matrilinéaires : les enfants appartenaient au clan de leur mère. Si les relations familiales étaient importantes, c’est surtout l’appartenance à un clan (une alliance de familles) qui déterminait un individu. Les clans étaient matrilinéaires, c’est à dire que l’appartenance à un clan se déterminait par la mère. Et au sein d’un clan creek, par exemple, c’était souvent l’oncle maternel (le frère de la mère) qui jouait le rôle de tuteur et de modèle pour un enfant mâle. Les hommes creek dirigeaient les villages, faisaient du troc et participaient aux guerres. Les femmes s’occupaient des enfants et préparaient les repas.

L’existence de rangs tenait une grande importance dans la vie sociale. Le rang était attribué en fonction des mérites (prouesses guerrières) ou bien de la sagesse, mais pas de la naissance.

Esclaves

 

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 Les creeks comme les autres tribus civilisées avaient des esclaves noirs qu’ils emmenaient partout avec eux. En 1860, la population creek comptait 9.5 % d’esclaves noirs. Sous la pression de ses partenaires commerciaux sudistes, le Grand Conseil édicte son premier code sur l’esclavage le 8 mai 1859. Il est néanmoins plus laxiste que ceux du Sud. Si l’enfant issu d’un Noir et d’une Creek peut prétendre à la citoyenneté, l’union d’un Creek et d’une Noire est condamnée. Cette nuance s’explique par la primauté donnée à la filiation matrilinéaire, comme dans la religion hébraïque.

Cérémonies

Elles étaient nombreuses ayant souvent un rapport avec l’agriculture.

La fête du maïs vert avait lieu en août pour une future promesse de récolte en octobre. Rituel du renouveau, chacun procédait au nettoyage et la réparation des maisons. Ensuite après une période de jeune se déroulait un grand festin où le maïs nouveau et la viande de cerf était dégustée. Le feu sacré était allumé, chaque foyer venant y allumer son feu. Danses, parties de jeu de balle complétaient la fête. Puis la purification dans la rivière terminait cette fête en permettant d’oublier les querelles et les offenses.

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Tatouages corporels

Ils se faisaient tatouer parfois le corps entièrement, le tatouage étant un insigne officiel.

Exemple d'un plat typique

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indian taco

Un Frybread ou Fried bread (littéralement « pain frit ») que l'on nomme également bannock, est un plat des peuples premiers des États-Unis. Le Frybread est fait de pâte sautée ou frite dans de l'huile, du shortening, ou du saindoux. Garni avec des haricots, du bœuf haché, ou du fromage râpé, il est nommé Indian tacos ou Navajo tacos. Lorsqu'il est sucré, ou servi avec une garniture sucrée comme du miel ou du sucre en poudre, le frybread est alors similaire à la queue de castor.

Caroleone

Sources : wikipédia, encyclopédie universalis, encyclopédie larousse, matricien.org

Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #matrilinéarité

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B
Thanks a lot for sharing the details about the state of Muscogee. Even though the population there is low so many product has been exported from Muscogee to many parts of the world. I am extremely impressed. Please keep updating.
A

Ils ont eu une histoire bien tumultueuse ces Creeks courageux! c'est étonnant de voir qu'ils ne s'entendaient pas entre tribus face à leurs nombreux envahisseurs.


Quel boulot encore, n'est ce pas Caro! très intéressant en tout cas, merci.


 
C


Bonsoir Almanitoo,


 


C'était mouvementé en effet pour ces peuples.....il a fallu qu'ils prennent parti pour les colons qui se battaient pour leurs terres, et comme déjà ils ne s'entendaient pas toujours entre
indiens, les colons manipulaient les querelles pour pratiquer déjà le diviser pour mieux régner. Les creeks étaient auprès des anglais et les choctaws eux ont toujours combattu auprès des
français.


Peu importe pour quel pays ils ont pris parti, le résultat pour eux est le même : la déportation.


Ces nations dites civilisées étaient en avance et assez prospères aussi les colons ont essayé de les civiliser et lorsque les indiens sont arrivés à leur niveau les concurançant même, là, ça a
gêné les occidentaux.


Ce qui peut paraître  choquant chez ses peuples du sud-est c'est que comme les blancs ils avaient des esclaves noirs, qu'ils ne maltraitaient quand même pas comme les blancs. C'est assez
drôle de penser que ceux qui déscendent de ces tribus ont sûrement du sang noir !!


Pour les afros-indiens actuels c'est moins drôle car comme les EU manipulent encore ses tribus en leur faisant miroiter des terres, par exempe les cherokees ont complètement rejeté leurs
descendants noirs.


Simplement là, où nous occidentaux on voit du sectarisme voire du racisme, eux ne font qu'appliquer leurs propres règles ancestrales qui sont celles du matriarcat : les héritages passent par la
mère, donc, les enfants noirs issus de mères non indiennes ne peuvent être des héritiers. Et le gouvernement le sachant bien en profite.


Voilà, je m'arrête parce que je viens de faire un cours sur le matriarcat à mon mari qui m'a dit : mais de quoi tu parles ?


Bonne soirée et merci de ta visite


 


caro