Equateur /Pérou : Les zapara

Publié le 16 Avril 2012

Les zapara

 

 

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Photo Anne-Gaël Bilhaut

 

Peuple indigène d’Amazonie péruvienne et équatorienne.

Langue : zapaoroane

Peuple qui était semi-nomade

Localisation et population

Equateur : Dans la province de Pastaza, le long des rios Conambo et Pindocayu sur le haut Curary

Population : 250 personnes

 

Pérou : Dans la province du Loreto, le long du rio Tigre

Population : environ 100 personnes

Des chiffres datant de 2009, parlent d’une population globale de 1300 personnes .

 

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Ils sont répartis dans 17 communautés :

Conambo (le plus gros village), Llanchamacocha, Torimbo, Masaramu, Jandiayacu, Alto Corrientes, Imatiño Katerica, Tsuraka, Shiona, Nuevo Amazonas, Garcayacu,.Cuyacocha, Chuyayacu, Pindoyacu, Pumayacu, Balsaura, Wiririma.

Du XIIIe au XIXe siècle, leur territoire s’étendant sur près de 12.000 km2 des rios Pastaza à Curaray, du piémont andin à la frontière péruvienne.

Signification du mot « zaparo » : ce nom vient du panier fait en lianes bejuco fendues en deux et tressées par deux fois entre lesquelles des feuilles imperméables sont placées ainsi qu’un couvercle qui sert aux zapara pour mettre leurs vêtements et des biens au sec.

De Yandainayuk - Trabajo propio, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=75982169

 Le nom qu’ils se donnent : « kayapwö » et zapara de nos jours, qui veut dire «  personne de la forêt »

Etablis dans l’une des régions du monde les plus riches en biodiversité, ils sont les derniers représentants d’un groupe ethnolinguistique comprenant de nombreuses autres populations avant la conquête espagnole.

La situation actuelle des zapara est critique, ils encourent aujourd’hui un très sérieux risque d’extinction.

En 2001, ils n’étaient pas plus de 300 (200 en Equateur et 100 au Pérou) et seuls cinq d’entre eux, âgés de plus de 70 ans parlaient encore la langue zapara. Cette même année, leurs manifestations culturelles et orales ont été inscrites au patrimoine culturel et immatériel de l’UNESCO.

Cela a permis aux indigènes soutenus par des associations et les gouvernements équatorien et péruvien ( dans une moindre part) de mettre en place des programmes de renaissance de la culture zaparo.

 

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Dans le passé

On les considère comme les premiers occupants de la région amazonienne qu’ils occupent toujours aujourd’hui. Avec d’autres peuples de la famille zaparo, ils formaient l’un des peuples les plus nombreux de l’ouest du bassin amazonien.

  • A la fin du XVIIIe siècle, avant les premiers contacts avec les colons, ils étaient très nombreux, plus de 100.000 personnes !
  • Un siècle plus tard, après le boom du caoutchouc, il ne restait que 20.000 zapara. Les peuples Gae et Semigae ont disparu. Au début du XXe siècle, les Arabela et les Cahuarano qui font partie des zapara ont disparu également.

Les causes qui les ont décimés sont toujours les mêmes : épidémies, esclavagisme, travail forcé dans les plantations d’hévéas, guerres, conflits avec d’autres groupes délogés.

  • Années 20 : une épidémie de rougeole tue 3000 zapara dans la même année, peut-être plus selon les sources !!
  • En 1992, création du territoire zapara suite aux évènements nationaux qui ont eu lieu suite à la commémoration des 500 ans de la découverte des Amériques par Christophe Colomb et que les peuples autochtones transformèrent en démonstration de force destinée à célébrer 500 ans de résistance.

Ce territoire est une réelle chance pour cette ethnie qui a été privilégiés par rapport aux kichwa qui espéraient le récupérer. Avec le parc Yasuni, c’est la zone la plus marginale d’Equateur, l’une des zones où la biodiversité est la plus riche au monde.

Dans les années 1990, il a même été annoncé par le gouvernement équatorien, l’extinction du peuple zapara !!

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Photo Anne-Gaël Bilhaut

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Julia Ushigua, mère de famille céramiste dispensant son cours. Jandiayacu, fleuve Conambo, 2002. Photo Anne-Gaël Bilhaut

Préservation de la langue

En 2000 les Équatoriens ont constitué la DIENASE (Dirección de Educación de la Nacionalidad Sápara del Ecuador). Leur objectif était alors de fonder un nouveau système d’éducation trilingue zápara/kichwa/espagnol. Bâti sur la volonté de revaloriser et récupérer la langue zápara, il donne une place importante aux enseignements donnés par les pères et les mères de famille (connaissance des plantes, apprentissage de la vannerie et de la céramique, notamment).

Proposer une éducation trilingue quand seuls 6 aînés dispersés dans les villages parlent la langue est un véritable défi dont les Zápara sous-évaluaient probablement la difficulté. D’abord, ce sont les anciens qui ont dispensé les cours de langue, surtout du vocabulaire et des chants. Puis des jeunes ont terminé l’école secondaire, certains se sont inscrits à l’université. L’un d’eux a d’ailleurs présenté, pour l’obtention de sa licence, un mémoire sur le zápara.

Dans la réalité, à cause de ce très faible nombre de locuteurs, l’école zápara dans les villages n’est pas réellement trilingue. Elle est bilingue en kichwa et espagnol. Ne pouvant prodiguer un enseignement directement dans leur langue d’origine, il a finalement été décidé d’opter pour un enseignement tout à la fois de la langue zápara et sur le peuple zápara. Pour cela, ils se forment, ils imaginent et fabriquent du matériel didactique et espèrent un jour maîtriser à nouveau la langue. Ce qui est certain, c’est que jamais ils n’en avaient autant parlé : ils ont même, désormais, un point de vue sur son écriture.

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Photo Anne-Gaël Bilhaut

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Photo Anne-Gaël Bilhaut

Quelques mots sur leurs traditions (section à compléter par la suite avec plus de sources)

Leur culture est très riche en connaissances du milieu naturel, riche en vocabulaire sur la faune et la flore, en pratiques thérapeutiques et en ce qui concerne les plantes médicinales.

Ces connaissances s’expriment au travers leur cosmologie et leur mythologie au cours des rituels et pratiques artistiques.

 

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Photo Anne-Gaël Bilhaut

 

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Photo Anne-Gaël Bilhaut

Le pétrole en Amazonie

L'Équateur est un producteur important (530 kbbls/j de brut) disposant de vastes réserves dans l'Oriente en particulier dans le bassin du Putumayo, même s'il s'agit presque uniquement de pétrole lourd chargé en soufre. Du côté péruvien de nouveaux gisements de gaz, dans la région de Camisea en Amazonie péruvienne permettent l'exportation de gaz naturel dans la basse vallée du Río Urubamba (1,88 milliard de m³ en 2007) et de nouvelles réserves de pétrole lourd ont été identifiées dans le bassin du Marañón dans la province du Loreto.

La construction par des compagnies pétrolières, sous concession octroyées par l’état équatorien, de puits de pétrole, la construction d' oléoducs, et de routes, met gravement en danger l’intégrité du territoire et de l’écosystème, le mode de vie et l'éventuelle renaissance culturelle du peuple Zápara.

Pour compléter cet article  :

Le projet énergétique CAMISEA, les indiens isolés et la forêt amazonienne sur cocomagnanville.

Sources : wikipédia, zéro déforestation, Anne-Gaël Bilhaut pour sorosoro,

Caroleone

 

...Rêver, se souvenir et vivre avec...

 

Anne-Gaël Bilhaut

Cette contribution, principalement ethnographique, représente un apport de nouvelles données originales sur la construction de la mémoire à partir du cas des Zápara. Les Zápara d'Amazonie ont accès à la connaissance du passé par le biais des rêves, qui jouent un rôle fondamental dans leur vie quotidienne. Nous verrons comment, à travers l'expérience du rêve, ils parviennent à reconstruire leur histoire et comment ils l'utilisent stratégiquement dans le présent. De plus, grâce aux rêves, ils assurent la continuité culturelle et rituelle du groupe, en voie d'extinction.

https://scielo.conicyt.cl/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0718-10432003002600007

si cet article traduit en français vous intéresse, merci de me laisser un message.

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Equateur, #Pérou, #Peuples originaires, #Zapara

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A
Bonjour, Je reconnais dans votre page plusieurs de mes textes et de mes photos. Pour les textes, vous mentionnez les sources (pas nécessairement les auteurs d'ailleurs), mais pourriez-vous, pour chaque photo, mentionner le copyright ? MERCI. AG Bilhaut
C
Bonjour,

Voilà, c'est réparé....je n'avais pas vu qu'il y avait un copyright sur votre article sur le site sorosoro, j'ai ajouté alors le lien vers votre article en bas de page puis votre nom sous toutes les photos car les autres que je ne sais pas distinguer, je pense les avoir trouvées sur le site zéro déforestation et là, il n'y a pas de précision sur les auteurs. Je fais plus attention à présent à tout ceci et je vous prie de m'excuser de vous avoir enlevé une partie de votre travail. L'intérêt est toujours celui du peuple néanmoins .

Amitiés

caroleone