Engagement, désespoir et mort d’un inspecteur du travail

Publié le 14 Mai 2011

 

 

 

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Mercredi 4 mai, Luc Béal-Rainaldy, inspecteur du travail, secrétaire national du Snutefe-FSU, s’est suicidé, se jetant dans la cage d’escalier du ministère du Travail à Paris, où se trouvaient des locaux syndicaux.

 

Ses camarades du Snutefe-FSU dénoncent le « rythme effréné des réformes, qui broient les services ». Ils voient dans le choix des lieux un symbole de la dégradation irrésistible du service public, insupportable pour toutes ses conséquences.

 

 

 

En octobre dernier, Libération publiait un article de Luc Béal-Rainaldy, qui dénonçait l’absence de volonté politique d’apporter les réponses aux anomalies permanentes qui existent sur le marché du travail et font apparaître une complicité entre des patrons-voyous et un État complice. L’engagement a marqué la vie de ce militant syndical.

Aujourd’hui, il a choisi de quitter la scène d’une triste farce qui se répète inlassablement chaque jour.

Face au désespoir qui monte et submerge même les plus engagés, à quand un sursaut collectif pour ne plus tolérer l’inacceptable que l’on nous impose ?

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Travailleurs en lutte

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S


"Je connais leur chemin pour l'avoir cheminé déjà plus de cent fois, cent fois plus qu'à moitié" ... Jacques Brel (les désespérés).


Loin de porter un jugement, tu t'en doutes, sur ceux qui, par ce système inhumain, en sont réduits à de telles extrémités, je m'interroge toujours sur ce qui les pousse à retourner leur colère
contre eux-même.


Je constate simplement qu'il est rarissime qu'un homme poussé à bout s'en prenne à ceux qui sont responsables de ses malheurs. Cela confirme la qualité de leur engagement humain car ils refusent
de devenir des assassins. Ils en sont doublement respectables. C'est aussi, à mon sens, ce qui fonde mon, notre, aversion pour la peine de mort : ne pas descendre au niveau des assassins.


Très fraternellement à toi.


Serge



C


Bonsoir Serge, Et oui, comme tu le dis, c'est dommage de s'en prendre à soi- même, sauf que dans ces moments de désespoir, plus rien n'existe que la solution finale.....je sais ce que je dis, car
j'y suis confrontée régulièrement, prends -moi pour une folle si tu veux !


Dans ces moments- là, plus rien n'existe que le désir d'en finir....et il y a des idéaux forts dans ce désir, tu sais, il faut l'avoir vécu pour le savoir.....


Je pense sincèrement que ceux qui en finissent en pensant sensibiliser les gens sur un problème le font dans cet esprit...c'est d'ailleurs là, leur ultime voeu et s'ils réussissent leur coup, ils
meurent avec cette certitude. Que nous galvaudont par notre mépris ,car que valent les vies humaines dans cette société de consommation où tout est considéré comme facile d'acquis ,consommable et
jetable ? Les vies humaines comprises ?


Si seulement le sacrifice humain pouvait changer la donne...comme elle le faisait à une époque révolue ? Mais je souffre de me dire que tout ça ne sert à rien et que ces malheureux sont morts
uniquement à cause du capitalisme que nous sommes trop nuls pour abattre !!


Une seule solution : la révolution mais qui a encore les c.....pour la faire à notre époque ?


 


Je te laisse sur ses idées morbides dont je m'excuse.


Amicalement. Caroleone


 


 


 



S


Il est dommage que, dans leur grande souffrance,  les gens s'en prennent à eux-mêmes plutôt qu'aux responsables de leur malheur.  Ca ferait peut-être réfléchir certains patrons voyous !


Amicalement.



C


Cher papy, t'inquiètes je vais aller mieux......j'ai pas mal de leitmotivs donc ça ira .


En parlant de boule de poils, voilà mon galopin qui n'est pas bien épais mais ne pense qu'à piquer de la nourriture , au repos sous son palmier, chat de luxe !!


Je t'embrasse et fais une caresse de ma part au roudoudou.....sous le menton STP. Caroleone


" />



P


J'apprécie beaucoup quand je retrouve ma Carolita telle que je la connais ! 


Courage, nous ne sommes pas seuls, d'ailleurs il y a un petit félin tout contre moi qui manifeste ses besoins de tendresse !


 


Bizz,
Le Papy 



C


Bonjour papy, Tu vois c'est ça mourir pour des idées et je crians comme toi que ce genre de sacrifice ne serve à rien, la société est tellement égoïste : seuls quelques -uns plus sensibles et
politisés comme nous réagiront et seront touchés. Point.


Le malaise du pauvre homme était certainement plus profond, car lorsque l'on arrive à un acte désespéré, c'est bien souvent qu'il y a derrière, dans le passé des blessures mal refermées qui
alourdissent le chemin de vie.....


Tu vois, dans un commentaire sur ton blog récemment tu m'avais dit que j'étais plus utile vivante que morte : quand je vois cet exemple, je sais que tu as raison, sauf que quand tout est
noir.....tout est noir !!


Aujourd'hui, ça va, le moral est de retour et je suis contente de partager avec mes "camarades"......je vais me reprendre en main comme je sais le faire !


Bises mon papy. Caroleone



P


Bonsoir Carolita,


 


J'avais déjà lu ce sujet sur le blog de Cyril et je n'avais pas trouvé de mots assez forts pour commenter le sacrifice de Luc Béal-Rainaldy.


Je crois malheureusement que son sacrifice est très représentatif d'une réalité qu'on tente de nous occulter surtout en période électorale.


Combien sommes-nous à réaliser l'importance de son sacrifice ?


Son geste bien plus que symbolique trouvera t'il un écho auprès d'une population aveuglée par son propre égoïsme ?


 


J'en viens presque à me demander si son sacrifice deviendra utile !