Communiqué de la Police communautaire du Guerrero

Publié le 1 Septembre 2011

COORDINATION RÉGIONALE DES AUTORITÉS COMMUNAUTAIRES (CRAC) DE LA MONTAÑA
ET COSTA CHICA DE L'ÉTAT DE GUERRERO

COMITÉ EXÉCUTIF DE LA POLICE COMMUNAUTAIRE

Territoire communautaire, 21 août 2011.

AU PEUPLE EN GÉNÉRAL.

Aujourd'hui nous sommes en train de réaliser une mobilisation générale de
la Police communautaire, sur tout le territoire communautaire qui comprend
les 63 communautés de 11 municipalités qui se sont intégrées à notre
institution pendant ces presque seize ans de lutte.
C'est une mobilisation de soutien à la population, dans le but de
renforcer la sécurité publique, ainsi que pour informer le peuple en
général de quelques aspects importants qui intéressent tout le monde.

Le 9 avril dernier, le gouvernement de l'État a publié une Loi de
reconnaissance des droits et de la culture indigènes, qui reconnaît
l'existence légale de la CRAC et de la Police communautaire, ainsi que
notre action en matière de justice, de sécurité et de rééducation. Nous
informons que nous sommes dans un processus de révision de cette loi pour
y apporter nos propositions visant à son amélioration. Ainsi, nous
constatons que la lutte de nos peuples, même si c'est petit à petit,
récolte ses fruits. Nous ne cesserons pas de lutter jusqu'à ce que tous
les droits de nos peuples soient établis dans les lois de notre État et de
notre pays.

Ce qui précède a un rapport avec l'exigence que nous avons posée quant au
problème des compagnies minières. Notre peuple a pris sa décision : nous
ne permettrons pas l'installation de mines sur nos territoires. Les
gouvernements de la Fédération, de l'État et des municipalités doivent
nous garantir et rendre effectif le droit à la consultation. Nous avons un
droit historique et préférentiel sur l'usage et la préservation de nos
terres et territoires. Notre lutte est pour la vie. Les mines signifient
la mort. Nous invitons à une grande assemblée pour continuer cette lutte
pour la défense de nos territoires le 27 août, dans la communauté de
Tenamazapa, commune de Tlacoapa, Guerrero.

La sécurité et la justice sont un droit de tous, et nous avons tous
l'obligation de lutter pour elles. Beaucoup de gens ont bénéficié des
services qu'avec beaucoup de sacrifices apporte notre institution. Nous
annonçons que nous allons arrêter de nous occuper des affaires de justice
et de sécurité au chef-lieu de San Luis Acatlán, jusqu'à ce que
s'organisent ses quartiers et lotissements, pour qu'ils nomment leurs
groupes de policiers communautaires et que les délégués s'occupent en
première instance des problèmes de leurs voisins, en s'intégrant ainsi au
système communautaire. Ce qui précède est dû à la charge de travail dans
notre Maison de justice communautaire, puisque nous passons davantage de
temps à nous occuper des problèmes du chef-lieu municipal que de nos
propres communautés ; mais c'est aussi pour rappeler aux habitants de San
Luis que SEUL, LE PEUPLE SOUTIENT ET DÉFEND LE PEUPLE, et que personne ne
va résoudre leurs problèmes s'ils ne s'organisent pas.

Dans le cas de Marquelia, nous voulons établir clairement une fois de plus
que l'intégration des communautés à la CRAC n'a rien à voir avec la
Mairie. Il est clair pour les communautés de Marquelia qui se sont
intégrées à notre institution que la sécurité et la justice communautaires
résolvent les problèmes de meilleure manière. La mairie, en tout cas, doit
soutenir ces travaux et garantir la construction de l'œuvre publique et la
mise en œuvre des programmes à sa charge, promouvoir la sécurité, la
tranquillité et l'unité parmi les habitants, et cesser de travailler à
l'affaiblissement de notre institution communautaire.

Nous vous demandons d'être attentifs à l'information que nous diffuserons
de manière permanente à travers nos radios communautaires La Voix des
peuples et La Voix de la Costa Chica, sur 91.1 FM et 98.3 FM
respectivement.

LE RESPECT DE NOS DROITS SERA JUSTICE
SEUL, LE PEUPLE SOUTIENT ET DÉFEND LE PEUPLE

COORDINATION RÉGIONALE DES AUTORITÉS COMMUNAUTAIRES
COMITÉ EXÉCUTIF DE LA POLICE COMMUNAUTAIRE


Nous, nous sommes le vent. Pas la poitrine qui nous souffle dessus.
Nous, nous sommes la parole. Pas les lèvres qui nous parlent.
Nous, nous sommes la marche. Pas le pied qui va.
Nous, nous sommes le battement. Pas le cœur qui palpite.
Nous, nous sommes le pont. Pas les sols qui s'unissent.
Nous, nous sommes le chemin. Pas le point de départ ni le point d'arrivée.
Nous, nous sommes le lieu. Pas celui qui l'occupe.
Nous, nous n'existons pas. Nous sommes seulement.
Sept fois nous sommes. Nous, sept fois.
Nous, le miroir qui répète. Le reflet, nous.
La main qui, à peine, ouvre la fenêtre, nous.
Nous, le timide coup frappé à la porte du lendemain.

Les esclaves manifestent leur soumission à la lumière du maître
les hommes libres sont splendides malgré toute l'ombre,
les esclaves sont esclaves même s'ils crient et vocifèrent,
les hommes libres sont libres, même la bouche fermée.

Traduit par el Viejo.

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #indigènes et indiens

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