Chili : après l’élection présidentielle

Publié le 19 Janvier 2010

Le 11 mars prochain, Sebastián Piñera Echenique (Rénovation Nationale, droite libérale) deviendra président de la République. Il a battu largement son adversaire Eduardo Frei Ruiz-Tagle avec 51,6 % des suffrages. C’est la première fois depuis 50 ans que la droite accède à la présidence par la voie constitutionnelle.


Si l’on connaît quelques unes des intentions de Piñera, comme faire entrer des capitaux privés dans Codelco, organisme d’État qui gère le cuivre, ou se joindre au bloc conservateur latino-américain, Colombie en tête, ou encore constituer un gouvernement d’union nationale en y faisant entrer des personnalités de la Concertation ( DC, PS, PPD, PRSD), en revanche se pose la question de sa capacité à faire passer des lois.


Le 13 décembre 2009 ont eu lieu les élections législatives et sénatoriales (18 sièges renouvelés sur 38). Il en résulte que sur 120 députés, l’UDI (Union Démocratique Indépendante, extrême-droite pinochetiste) a obtenu 40 sièges (avec 25 % des voix) et Rénovation Nationale 18. Pour sa part, la Concertation a obtenu 54 sièges auquel il faut joindre les 3 députés communistes de Juntos Podemos Más (gauche de gauche). Il en ressort qu’aucun des deux blocs n’a obtenu la majorité absolue et que toute loi devra passer, au coup par coup, par un consensus avec les 5 députés restants qui auront le pouvoir de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre, même si l’UDI va disposer d’un pouvoir important lors des négociations et d’un large droit de veto. Parmi ces 5 députés, 3 sont du PRI (Parti Régionaliste Indépendant), 2 ex-DC et 1 ex-PS, un autre est un ex-DC non affilié et le dernier un électron libre proche de la droite.


Au Sénat, la Concertation possède 19 sièges contre 16 à l’Alliance (UDI et RN) et 3 indépendants dont un ex-PS, un ex-RN et un autre électron libre du même acabit que le député.

La tâche de Sebastián Piñera s’avère donc plus que délicate pour faire passer des réformes, comme il l’a annoncé de manière tonitruante. La configuration dans laquelle il se trouve n’est pas fondamentalement différente de celles qu’ont connu avant lui Michelle Bachelet et Ricardo Lagos. Sa marge de manœuvre apparaît bien mince.


Jean-Michel Hureau



Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Chili

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