Bartolina Sisa, guerrière aymara

Publié le 11 Février 2012

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Bartolina naît le 12 août 1750 ou le 7 septembre 1752 en Bolivie


Elle est la fille de José et Josefa Vargas Sisa

 

Elle est l’épouse de Tupaj Katari (Julian Apaza)

 

 

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Son apprentissage de la vie

 

 

Bartolina se dédie au commerce de la feuille de coca et des tissus autochtones. Elle voyage dans de nombreux endroits, visite des communautés, des ayllus, des villages et des villes et se faisant elle se libère des conditions de servitude et d’esclavage qui sont le lot réservé à son peuple par les colons, le clergé et les seigneurs féodaux.

 

Elle en profite pour observer les conditions de ses frères de sang, leur soumission et les humiliations qu’on leur inflige et prend alors conscience de la terrible situation de son peuple. Elle décide qu’il convient de libérer ce dernier de ses chaînes et lutter pour les autochtones des Andes.

 

 

Un couple dans la révolte

 

 

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                                                                  Bartolina Sisa et Tupac Katari

 

 

Avec son mari, ils suivent les traces des libérateurs José Gabriel Condorcanqui (Tupac Amaru) et les frères Damaso et Tomas Katari de Chayanta avec lesquels ils partagent les mêmes objectifs d’émancipation et de liberté.

Leur plan d’action met sur le pied de guerre plus de 150.000 indigènes de la région qui est la plus conflictuelle du Pérou et des régions boliviennes de la Paz, Oruro et la vallée de Chayanta.

L’armée levée par Katari et Sisa compte alors 20.000 combattants au début du siège de La Paz le 13 mars 1781, plusieurs mois plus tard, elle comptera 80.000 combattants !

 

 

Une jeune femme qui a tout pour elle

 

 

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Bartolina est une très belle jeune femme, séduisante, au teint mat, aux magnifiques yeux noirs et elle cumule en plus de sa beauté une intelligence innée qui l’amène au commandement politico-militaire, une vision perspicace, un sens des responsabilités, une force de caractère et la capacité de prendre des décisions appropriées au bon moment. Elle est toujours enveloppée dans le drapeau de la wiphala, le drapeau des peuples andins.

En 1781, alors que son mari est proclamé vice-roi par l’Inca, Bartolina est à son tour nommée vice-reine non pas à cause de son alliance mais pour ses mérites reconnus.

Celle qui était considérée comme la reine des Incas, faisait également partie des femmes que l’on appelait Mama T'allas, les femmes dotées d’autorité, guerrières considérées comme les égales des hommes.

Dans la philosophie aymara, les deux sexes sont complémentaires et le principe dominant est celui du Tinku, la solidarité de l’ayllu.


 

Le siège de La Paz

 

Durant le siège de La Paz, les deux époux partagent équitablement les tâches de commandement des troupes.

Elle est acceptée et reconnue à tous les niveaux hiérarchiques.

 

Le 29 mai 1781 : Les royalistes portent un coup dur au bataillon de Tupac Katari ce qui disperse les troupes. Le siège de La Paz tombe et les rumeurs font rage en prétendant que la rébellion est matée.

 

Le 2 juillet 1781, de retour des campements de El alto, la vice-reine et commandante Bartolina Sisa est prise de court par les envahisseurs espagnols dans un complot fomenté par des membres de ses propres troupes.


Elle est remise aux autorités comme prisonnière de guerre.

 

 

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La fin déjà…..

 

Le 5 septembre 1782, après l’avoir gardée prisonnière pour servir d’appât aux fins de faire tomber son mari, la malheureuse guerrière aymara sera exécutée par pendaison après avoir subi de multiples tortures et humiliations que ne citerais pas. Elle avait 26 ans.

 

Une fois pendue, les bourreaux démembrèrent son corps et empalèrent sa tête sur un pieu et l’exhibèrent à Jayujayu-Marka pour effrayer les indiens.

Les extrémités de ses membres furent envoyées au Pérou où on les piqua à la pointe de pieux pour servir d’exemple également.

 

La place de La Paz demeure souillée en ses quatre points cardinaux du sang de Bartolina Sisa, Gregoria Apaza, sœur de Tupac Katari et de nombreux autres qui comme elles ont sacrifié leur vie pour restituer les libertés aux nations autochtones.

 

Malgré les siècles écoulés, l’exemple de la lutte de Bartolina persiste, gravé dans la mémoire et le cœur de ses enfants, son souvenir erre parmi les Andes majestueuses et éternelles.

 

 

 

 

 

 

Caroleone

 

Sources : vollore-montagne, amaranthes.fr

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #Des femmes pas comme les autres, #Bolivie

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E
Merci pour ce bel article !
https://histoireparlesfemmes.com/2018/03/29/bartolina-sisa-combattante-rebelle/