Angleterre : Qui sème le vent

Publié le 14 Août 2011

ANGLETERRE : QUI SÈME LE VENT ......


Émeutes en Angleterre.


Nos journaux bourgeois et nos télés propriétés de l’État sarkozien ou des grands groupes capitalistes martelaient il y a peu l’excellence du « modèle » anglais. Là-bas pas de chômage, des opportunités que même des Français couraient saisir, pas de syndicats, deux partis responsables et modernes se succédant l’un à l’autre(Travailliste et Conservateur), la flexibilité reine, le libéralisme thatchéro-blairiste triomphait.


Et Tony Blair qui disait « il n’y a pas de politique de droite ou de gauche, il n’y a qu’une politique qui marche ou pas. » Eh bien cette fameuse politique « qui marche » s’envole dans la fumée des incendies allumés par les émeutes urbaines dans les grandes villes du Royaume où comme disait Shakespeare "quelque chose est pourri".


En fait ce qu’ont voulu cacher nos médias c’est que l’Angleterre est depuis Thatcher et sa politique de régression sociale et de guerre contre le mouvement ouvrier, un pays où la fracture sociale entre les riches de la City et les pauvres des quartiers populaires est abyssale. En 1970 les 1% des Anglais les plus riches concentraient 4,7% des richesses du pays. En 2000 les mêmes 1% possèdent 10% des richesses. La jeunesse est particulièrement frappée par la politique blairiste et des conservateurs : le taux de chômage chez les 16-24 ans est de 20%, dans les quartiers populaires 30% voire 40% . De plus les statistiques considèrent que 30% des jeunes sont « inactifs », absents du marché du travail !...


Le RMI anglais (Job Allowance) s’élève à 51 livres par semaine alors qu’une paire de baskets coûte 80 livres....on s’étonne que les jeunes émeutiers pillent les magasins de vêtements...Depuis deux ans le chômage de longue durée chez les jeunes a augmenté de 5%. La paupérisation des classes populaires est telle qu’est apparue une catégorie appelée « underclass » (sous-classe) constituée des familles qui ne travaillent plus depuis deux générations et ne survivent que des aides sociales de plus en plus étriquées.

Pas de travail, pas d’espoir, violence permanente due aux conditions d’existence d’une fraction importante du prolétariat anglais, d’origine étrangère ou pas, politique anti sociale aggravée depuis l’élection de David Cameron comme Premier Ministre, tout dans ce pays préparait à ces émeutes qui ne sont, comme nos émeutes de 2007 en France, que l’expression désespérée d’une situation désespérante.


Bien entendu la violence destructrice de ces « émotions » populaires, sans organisation, guidées par le seul désespoir ne peut permettre d’ouvrir des perspectives politiques. Au contraire elle radicalise vers l’extrême-droite une fraction même des classes populaires excédées par une violence souvent autodestructrice. Cela dit la réponse elle-même violente et répressive du gouvernement anglais n’est évidement pas la réponse à ce symptôme de la crise du capitalisme dans le paradis des « traders », des boursicoteurs, de la spéculation, du capital financier.


Seule la renaissance d’un syndicalisme de lutte et d’une organisation politique de la classe ouvrière peut donner une réponse positive, constructive et authentiquement révolutionnaire à la colère populaire.


AM

 

 

 

 

 

 


A Londres, des jeunes sans espoir brûlent maisons et magasins. A quelques kilomètres de là, des gens qui ont amassé des milliards en Bourse s’affolent à l’idée d’en gagner un peu moins...

 

 


 

 

Et comment les ont-ils gagnés, ces milliards ? En obligeant les entreprises à diminuer les salaires et les emplois. C’est-à-dire qu’on détruisait l’avenir de ces jeunes pour augmenter les bénéfices des sociétés. D’où la crise évidemment : si vous ôtez leur gagne-pain aux consommateurs, comment feront-ils pour acheter ?

A présent, que font les maîtres de la Bourse ? Ils exigent des Etats davantage de coupes sociales, c’est-à-dire davantage de jeunes sans espoir.

Et pendant ce temps, les ministres - dont les mesures néolibérales ont permis ce massacre social - font semblant de ne pas comprendre la révolte. Il leur suffirait pourtant d’aller un peu écouter ces désespérés. Mais envoyer des flics dans les quartiers populaires, c’est tellement plus simple que de les envoyer à la Bourse.

Alors, au lieu d’utiliser tous ses budgets à créer des emplois, le gouvernement britannique vient d’envoyer des bombardiers supplémentaires pour tuer encore plus de civils en Libye et semer encore plus de haine. Paris, Washington et Bruxelles font pareil… Faire main basse sur le pétrole et les réserves financières des Libyens, ça fera un peu d’argent de poche pour payer les dettes.

Mais s’ils arrivent à renverser Kadhafi, que se passera-t-il ? Plus d’Etat-providence en Libye, mais un maximum de privatisations. Plus de redistribution sociale de l’argent du pétrole, mais sa confiscation par les multinationales. Plus d’aide libyenne au développement autonome des pays africains, mais davantage d’exploitation des ressources par l’Occident.

Conséquence ? Encore plus d’Africains sans avenir seront forcés d’émigrer et de s’ajouter aux désespérés de Londres, Paris et Bruxelles. Où ils travailleront pour rien, ce qui fera le malheur des uns et le bonheur des autres.

Un système absurde et inhumain. Combien de temps laisserons-nous faire ?

 

Bruxelles, 11 août 2011

 

 

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #Europe

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Commenter cet article
C
<br /> <br /> Comme tu dis c'est à gerber !!<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Beurk ! C'est à gerber ce pays cependant le notre ne vaut pas plus cher !<br /> <br /> <br /> Cameron mérite bien sa place aux côtés de Sarkozy... en enfer !<br /> <br /> <br /> Bienvenue en Oceania...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bizz,<br /> Le Papy "1984" <br /> <br /> <br /> <br />