Colombie: le statut rural jugé inconstitutionnel !!!

Publié le 26 Mars 2009

23 mars 2009

COLOMBIE : LE STATUT RURAL EST DÉCLARÉ INCONSTITUTIONNEL

La Minga Indigène et Populaire pour la Résistance a gagné

 

 


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Auteur: ACIN

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La Cour constitutionnelle a déclaré que les peuples indigènes n'ont pas été consultés en amont

La monstruosité inventée par « Uribito » ignorait la Convention 169 de l'OIT et les droits constitutionnels indigènes

L'absence de consultation est aggravée par l'assassinat de 1.200 indigènes

Le principal instrument pour légaliser la spoliation des terres des déplacés est inconstitutionnel

 


Dans la nuit du 18 mars 2009, la majorité de la Cour constitutionnelle a déclaré que la loi 1152 de 2007, appelée « Statut de Développement Rural » était inconstitutionnelle. La raison : les peuples indigènes n'ont pas été consultés avant son adoption alors qu'elle les affectait directement de façon décisive.


Dans une session précédente, le vote était resté à égalité 4-4 et le magistrat Mauricio González s'était déclaré incompétent, car comme secrétaire juridique d'Uribe il avait avalisé la signature de la loi. Le magistrat Rodolfo Arango a été habilité à voter. Avec son vote et celui des magistrats Luis Ernesto Vargas, Jorge Iván Palacio, Juan Carlos Henao et Clara Elena Reales l'exposé d'inconstitutionnalité présenté quelques jours auparavant par le docteur Jaime Córdoba Triviño a été approuvé.


Une défaite fracassante pour Andrés Felipe Arias, ex-ministre de l'Agriculture, qui avec les parlementaires Araujo, Montes, Torres, Manzur et Cuello a imposé l'approbation de cette loi, qui non seulement ignorait les droits indigènes mais légalisait également les faux en écritures. Deux autres requêtes avaient été présentées par le Collectif d'Avocats José Alvear, Cecoin, le Cinep et la représentante indigène Orsinia Polanco Jusayú contre cette loi, l'une contre le fait que la loi consacrait des normes totalement régressives et l' autre pour des vices de forme.


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Andrés Felipe Arias a démissionné en février du poste de ministre de l'Agriculture qu'il occupait depuis 2005 pour se préparer à se lancer dans l'arène pour l'élection présidentielle de 2010, où il pourrait se présenter comme le successeur et héritier d'Uribe, au cas où celui-ci déciderait ne pas se représenter pour un troisième mandat. Un autre possible candidat uribiste à l'élection est l'ancien maire de Medellín Sergio Fajardo.


L'agenda de la Minga* a gagné. L'abolition  de la loi 1152 est un triomphe de la grande Minga des Peuples Indigènes et des Mouvements Sociaux qui ont participé activement à la mobilisation organisée entre octobre et novembre 2008, car l'objectif principal des 5 points de l'agenda proposé était d'abolir la législation sur la spoliation, avec le refus du modèle économique néolibéral représenté par les traités de libre échange (avec les USA, NdR).

Ainsi il est clair que l'émancipation populaire a gagné une énorme bataille contre ce modèle. Et ceux qui l'ont gagnée sont tous ceux, nous autres, qui n'avons pas négocié nos droits, qui avons refusé la terreur, d'où qu'elle vienne, en dépit du régime qui a régné, nous avons maintenu et nous maintenons une position qui le renversera tout comme l'un de ses instruments essentiels a été renversé.


Ceci est une première victoire. Nous devons continuer à résister en cherchant les espaces nécessaires entre les peuples, pour tisser la toile de l'unité qui nous amènera à plus de réussite pour toutes et tous les Colombiens qui croyons en un autre monde possible et nécessaire.


Nous ne pouvons pas permettre que la législation de la spoliation continue à régner pour soumettre les peuples. Naguère c'est la Loi Forestière qui était tombée pour inapplicabilité et maintenant c'est le Statut Rural, alors TOUT L'ARSENAL LÉGISLATIF DU RÉGIME DOIT TOMBER. C'est cela la résistance et l'exigence que nous devons poursuivre. Toutes doivent tomber, en commençant par les traités de libre échange.


Par conséquent, l'appel des organisations sociales et populaires, du Mouvement Indigène et particulièrement celui que fait l'Association des Conseils Municipaux Indigènes du Nord du Cauca-ACIN, est de reprendre l'agenda de la Minga avec toute sa force. Car tant que la législation de spoliation, le TLE et le modèle de développement basé sur l'avidité transnationale et la terreur ne seront pas renversés, nous n'aurons pas de pays des peuples. On a déjà démontré que nous pouvons les faire tomber, nous sommes en train de les faire tomber et nous allons continuer ainsi.


Ce n'est pas par la voie d'une accommodation au modèle et en quémandant des miettes de droits, mais par la lutte politique et la mobilisation consciente avec un agenda clair et partagé qui contient la douleur et les aspirations de toutes et de tous. Nous appelons immédiatement à la célébration et à la mobilisation. Nous ne pouvons pas rester immobiles, nous devons exiger que l'on abroge le Code Minier, le Plan des Eaux et tout le reste qui affecte nos communautés et tout le peuple colombien. Nous invitons à poursuivre en Minga pour défendre la vie et le territoire national, parce que le modèle et son régime doivent tomber.


C'est le moment de célébrer et commémorer ceux qui ne sont plus avec nous : Taurino Valencia, Edwin Legarda, Edgar Ocoró, Lorenzo Largo Dagua et toutes et tous les morts, les blessés, les déplacés, les persécutés, les opprimés et maltraités à divers degrés, pour défendre la vie. Toutes et tous, nous partageons la victoire d'aujourd'hui.


Les transnationales qui comptaient sur les territoires et les richesses, peuvent à partir d'aujourd'hui compter sur la résistance renforcée des peuples. La Colombie ne se livre pas parce que le peuple a dit NON ! Parce que la Minga a dit NON !


Nous allons continuer sur le pied de lutte, mobilisés, contre la terreur et en paix, jusqu'à ce que le projet de mort soit dépassé et que les plans de vie de tous les peuples en harmonie avec la Terre Mère deviennent réalité. C'est pour le bien de toutes et de tous. Tant que l'Histoire ne rencontrera pas l'harmonie avec la Terre Mère par la main des peuples, nous combattrons. Nous faisons cheminer notre parole même s'ils essayent de la déformer et de la fausser. C'est l'heure de la Minga, de la dignité et de la parole que nous avons nommé et défendu. Le Statut Rural est Mort, que vive la Liberté pour la Terre Mère.


* Une minga, également appelée minka (en langue quechua) ou minca ou encore mingaco, est une tradition andine de travail collectif à des fins sociales. D'origine précolombienne, cette tradition met le travail commun au service d'une communauté, d'un village ou d'une famille, à des moments déterminés où un effort important est nécessaire : récoltes agricoles, constructions de bâtiments publics, déménagements. Elle se pratique en particulier au Pérou, en Équateur, en Bolivie et au Chili. Des pratiques équivalentes existent ailleurs : en Haïti on l'appelle koumbit (du français coup de main), aux Comores mranda (du français rendez-moi service), au Maroc tawaza ou tawiza. La  Minga Indigène et Populaire pour la Résistance a démarré en octobre dernier et a mis en mouvement des centaines de milliers d'hommes et de femmes  de toutes les ethnies de Colombie. L'abolition du Statut Rural eétait l'une des ses 5 principales revendications.



Lire à ce sujet Un peuple armé seulement avec la force de la parole (NdR).

 


ACIN

Traduction : Esteban      


Révision : Fausto Guidice


ESPAÑOL

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Source : Declaran inconstitucional el Estatuto Rural
Article original publié le 20/3/2009
Sur les auteurs
Esteban G.et Fausto Giudice rédacteur du blog
Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7274&lg=fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Colombie

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