Poème révolutionnaire de Roque Dalton

Publié le 2 Janvier 2009

Pour fêter les 50 ans de la révolution cubaine, voici ce petit poème :

Au nom de ceux qui lavent les vêtements des autres
(et expulsent de la blancheur la crasse des autres)

Au nom de ceux qui gardent les enfants des autres
(et vendent leur force de travail                                          
sous forme d'amour maternel et d'humiliation)


Au nom de ceux qui vivent dans la maison des autres
(qui n'est pas un ventre accueillant mais une tombe ou une prison)


Au nom de ceux qui mangent les croûtons des autres
(et encore les mâchent avec le sentiment de voler)


Au nom de ceux qui vivent dans un pays étranger
(les maisons et les usines et les commerces
et les rues et les villes et les villages
et les fleuves et les lacs et les volcans et les montagnes
appartiennent toujours à d'autres
et pour cette raison il y a la police et la garde
qui les protègent contre nous).


Au nom de ceux qui ne possèdent que
la faim l'exploitation les maladies
la soif de justice et d'eau
persécution condamnation
solitude abandon oppression mort


J'accuse la propriété privée
de nous priver de tout.

 

Roque dalton, Militant révolutionnaire salvadorien assassiné en mai 1975.


 

 

 

 

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime

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T
QUEL BEAU POEME EN EFFET !

En ces tristes jours sombres que subissent nos amis Palestiniens, chanter ainsi la misère et la souffrance des pauvres gens est un très bel hommage de la part de la militante de grand coeur que tu es.

Jacques Tourtaux
D
"La Palestine appelle le monde, mais ça sonne occupé"
(Amazigh Yacine)