Avec la chorale Rojinegra : Sacco et Vanzetti

Publié le 20 Août 2022

Sacco et Vanzetti

 

Notice historique de la ROJINEGRA

 

Sacco et Vanzetti après leur arrestation, mai 1920, Extrait de Paul Avrich, op.cit.

En 1917, les Etats-Unis font leur entrée dans la 1ère guerre mondiale mais l’enrôlement obligatoire par la conscription suscite une protestation massive chez les ouvriers et les paysans.

En juin, le Congrès vote une Loi sur l’Espionnage, faite pour pouvoir jeter en prison les opposants à la guerre, accusés de « trahison ».

Eugène Debs, leader socialiste est arrêté et déclare à son procès :

« Ils disent que nous formons un peuple libre qui se gouverne lui-même ; cette bonne blague ! toutes les guerres de l’histoire n’ont été que des guerres de conquête et de pillage. C’est ça, la guerre : la classe des maîtres déclare la guerre et ce sont leurs sujets qui se battent ! ».

E. Debs sera condamné à 10 ans de prison et avec lui 900 personnes sont mises sous les verrous.

En septembre 1917, l’Etat intervient contre le syndicat révolutionnaire IWW (Industrial Workers of the World) accusé de conspiration et d’incitation à la désertion, avec un procès géant contre 101 syndicalistes en vue, qui écopent de .....827 années de prison !

En 1919 commencent les « rafles Palmer « , du nom du ministre de la justice : elles visent les étrangers qui s’opposent au Gouvernement et à la propriété privée : 4000 immigrés sont expulsés des USA.

Dans ce contexte, au printemps 1920, un imprimeur italien de New York, Andrea Salsedo, militant anarchiste est arrêté, séquestré dans un bureau secret du FBI, sauvagement maltraité pendant deux mois et pour finir, défenestré d’un bureau du 14e étage, le 3 mai 1920.

Dans ce climat d’arbitraire et de lynchage, deux de ses amis, des anarchistes italiens eux aussi, décident de porter une arme : ce sont Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti.

Sacco, né en 1891 a émigré aux USA en 1908 à l’âge de 16 ans, il est ouvrier cordonnier.

Vanzetti, né en 1888, émigré la même année que Sacco, est ouvrier lui aussi, enchaînant les emplois précaires et travaillant avec acharnement pour survivre.

Sacco et Vanzetti sont arrêtés le 5 mai 1920 à Boston (Massachussetts) alors qu’ils militent sur l’affaire Salsedo ; ils sont armés et se voient accuser d’être les auteurs de 2 holdups commis les semaines précédentes.

Ils sont condamnés à mort le 14 juin 1921.

 

 

Un énorme mouvement de solidarité se développe. Au fil des recours judiciaires, leur exécution est différée et finalement fixée au 12 juillet 1927.

Il y a alors des rassemblements sans précédent, on manifeste et on lance des grèves dans le monde entier.

En France, la Ligue des Droits de l’Homme recueille 3 millions de signatures pour exiger la grâce des condamnés.

Mais le 23 août 1927, Nicola Sacco, puis Bartolomeo Vanzetti sont attachés à la chaise électrique.

Ce jour-là, les foules manifestent dans toutes les villes américaines ; presque partout, elles sont attaquées violemment par la police.

A Paris, aux cris de Sacco et Vanzetti ! l’émeute ouvrière attaque les boîtes de nuit américaines où les bourgeois osent festoyer, « on ne fait pas la noce le jour d’un deuil mondial ! ».

Le 28 août, à Boston, jour des obsèques, 50.000 personnes ont suivi les cercueils, et sur leur passage, la rue était rouge de fleurs. La police montée, en pleine hystérie a attaqué le cortège....

On s’interroge aujourd’hui encore sur l’identité réelle des responsables des 2 holdups pour lesquels Sacco et Vanzetti ont été légalement assassinés.

Sources

  • Une histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn, Ed. Agone 2002
  • L’affaire Sacco et Vanzetti de Ronald Creagh, Ed de Paris 2004
  • Histoire de la mouvance anarchiste de Frank Mintz, Ed. Noir et Rouge 2013
  • Une vie de prolétaire de Bartolomeo Vanzetti, Ed. Le vent du ch’min 1985

Sacco e Vanzetti

 

Here’s to you, Nicola and Bart

Rest forever deep in my herat

The last and final moment is yours

Your agony is your triumph

 

Canto aquí Nicola y Bart

Vuestra fin  y vuestra prisión

El morir les dio libertad

Y un lugar en mi corazón

 

Maintenant Nicola et Bart

Vous dormez au fond de nos cœurs

Vous étiez tout seuls dans la mort

Et par elle vous vaincrez

 

Canto a voi Nicola e Bart

Per chi odia la schiavitù

Per chi ama la verità

Canto forte libertà.

Par Céach — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=82429668

 

Sacco e Vanzetti

 

Autore : anonimo   Anno 1927  circa

 

Il 22 agosto, a Boston, in America,

Sacco e Vanzetti van sulia sedia elettrica ;

E con un colpo di elettricità

All’altro mondo li voiller mandà.

 

Circa le undici e mezza, giudici e gran Corte

Entrano poi tutti insienne nella cella della morte :

« Sacco e Vanzetti, state a sentir,

Dite se avete qualcosa da dir ».

 

Entra poi nella cella il bravo confessore,

Domanda a tutti e due la santa religione ;

Sacco e Vanzetti con grande espression :

« Noi moriremo senza religion ».

 

E tutto il mondo intero reclama la loro innocenza,

Ma il presidente Fuller non ebbe più clemenza

« siano essi di qualunque nazion,

Noi il uccidiamo con grande ragion ».

 

E tutto il mondo intero reclama la loro innocenza,

Ma il presidente Fuller non ebbe più clemenza

Addio amici, in cuor la fé,

Viva l’Italia e abbasso il re.

 

Si tratta di una tradizione orale e quindi anonima, no esiste pertanto un’altra versione

 

Chanson anonyme de 1927

 

Le 23 août à Boston en Amérique

Sacco et Vanzetti sur la chaise électrique ....

Et avec un coup d’électricité

Dans l’autre monde on voulut les envoyer.

 

Vers les onze heures et demie, les juges et la grande Cour

Entrent tous ensemble dans la cellule  de la mort :

« Sacco et Vanzetti, écoutez :

Dites si vous avez une déclaration à faire... »

 

Sacco et Vanzetti tranquilles et sereins :

« Nous sommes innocents, ouvrez la prison »

Et eux répondirent : « pas de pitié,

Vous devez aller à la mort ».

 

Entre alors dans la cellule le brave confesseur

Et il propose à tous deux la sainte religion ;

Sacco et Vanzetti, avec indignation :

« Nous, nous mourrons sans religion ».

 

Et le monde entier proclame leur innocence,

Mais le président Fuller n’eut pas de clémence :

«  De quelque nation qu’ils soient,

Nous les tuons avec de bonnes raisons ».

 

Adieu, femme et fils, et toi, ma chère sœur

Pour nous deux le cercueil est déjà prêt

Adieu, amis, courage !

Vive l’Italie et à bas le roi.

 

La Rojinegra

Gardons la mémoire !

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Avec la Rojinegra, #Devoir de mémoire, #Chanson non crétinisante

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