Avec la chorale Rojinegra : Bread and roses

Publié le 17 Septembre 2022

 

 

Women Strikers (maybe Lawrence, 1912)

 

BREAD AND ROSES

 

As we go marching, marching, in the beauty of the day,

(Tandis qu’on marche, marche, dans la beauté du jour)

A million darkened kitchens, a thousand mill lofts grey

(Un million de cuisines obscures, un millier d’ateliers gris)

Are touched with all the radiance that a sudden sun discloses,

(Sont touchés par l’éclat du soleil soudain retrouvé)

For the people hear us singing : « Bread and roses ! Bread and roses ! »

(Car les gens nous entendent chanter : « Du pain et des roses ! Du pain et des roses ! »

 

As we go marching, marching, we battle too for men,

(Tandis qu’on marche, marche, on se bat pour les hommes aussi)

For they are in the struggle, together we shall win.

(Car ils sont du combat, qu’ensemble on gagnera)

Our days shall not be sweated from birth until life closes.

(Nos jours ne seront pas que sueur du berceau à la tombe)

Heats starve as much as bodies : give us bread but give us roses !

(Les cœurs comme les corps ont faim : donnez-nous donc du pain, mais donne-nous des roses !)

 

As we go marching, marching, unnumbered women dead

(Tandis qu’on marche, marche, combien de femmes mortes)

Ara crying through our singing their ancient call for bread.

(Mêlent leurs cris aux nôtres pour réclamer du pain ?)

Small art, and lovre, and beauty their drudging spirits knew.

(Que savaient leurs esprits recrus, de l’art, l’amour et la beauté ?)

Yes, it is bread we fight for, but we fight for roses too !

(Oui, c’est du pain que nous voulons, mais nous voulons aussi des roses !)

 

As we go marching, marching, we’re standing proud and tall :

(Tandis qu’on marche, marche, on se tient fière et droite)

The rising of the women means the rising of us all.

(Que les femmes se lèvent et tous se lèveront !)

No more the drudge and idler, ten that toil when one reposes,

(plus de feignants, plus de bêtes de somme, dix qui triment pour un qui ronfle),

But a sharing of life’s beauties : bread and roses, bread and roses !

(Mais le partage enfin des beautés de la vie : du pain et des roses, du pain et des roses !)

 

(Il existe plusieurs versions de cette chanson, voici ma préférée, librement -mais j’espère fidèlement -traduite par mes soins marcher, en anglais, c’est plutôt « to walk », « to march » correspondrait à défiler, manifester, marcher d’un pas décidé de fait cette chanson rythme parfaitement le pas)

D.C

Les gardes nationaux du Massachusetts National, baïonnettes au fusil, entourant une marche pacifique

Par http://womhist.binghamton.edu/teacher/DBQlaw2.htm, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=131378

 

Les enfants des grévistes du textile de Lawrence, qui ont été envoyés à New York pour une prise en charge temporaire, défilent avec des banderoles en solidarité avec les grévistes du textile de retour dans le Massachusetts. image

 

 

Cette chanson est à l’origine associée à une grande grève, aujourd’hui connue sous le nom « bread and roses », qui se déroula en 1912 dans les usines de Lawrence, Massachussetts, près de Boston. La ville comptait alors près de 30.000 ouvriers, pour la plupart immigrés d’Europe et non syndiqués. Ils étaient essentiellement employés dans des filatures, où les conditions de travail étaient effroyables et où ils gagnaient à peine de quoi vivre. Beaucoup étaient des femmes, parfois très jeunes. Les enfants, filles et garçons, mouraient souvent dans les deux ou trois ans qui suivaient leur embauche, et un tiers des adultes avant l’âge de 25 ans.

La grève éclata au début de 1912, quand les patrons des filatures, contraints par décret, de ramener la semaine de leurs ouvriers de 56 à 54 heures de travail, décidèrent d’abaisser à proportion leurs salaires déjà misérables. Elle dura deux mois, au cœur d’un hiver particulièrement rude, conduite pacifiquement par les wobblies de l’IWW, malgré les charges à cheval de la milice, les jets d’eau glacée des lances à incendie qui attendaient les manifestants au détour des usines, et les matraquages systématiques d’une répression féroce qui fit au moins deux morts.

Elle suscita aussi de nombreuses collectes et actions de soutien, tel l’accueil, notamment à New-York, d’enfants grévistes par des familles de sympathisants solidaires. La violence de la répression s’abattit même sur ces enfants, matraqués avec leurs mères pour les empêcher d’accéder aux trains dans lesquels celles-ci essayaient de les faire monter pour leur éviter la famine.

L’affaire finit par susciter une commission d’enquête du Congrès, qui révéla entre autres l’horreur des conditions de travail faites aux enfants (une jeune femme y raconta comment elle avait été à demi scalpée à l’âge de 12 ans par une machine dans laquelle elle s’était pris une mèche de ses cheveux).

Finalement, les ouvriers obtinrent non seulement le maintien mais l’augmentation de leurs salaires et la promesse – qui ne fut pas tenue – qu’il n’y aurait pas de représailles à l’encontre des grévistes et de leurs leaders. L’Amérique s’empressa d’oublier ces rouges de wobblies, et Lawrence fut plutôt associée à la grande « God and Country Parade » organisée en réaction à leur grève -et pour la plus grande gloire « de Dieu et du Pays » - par les notabilités locales, dans la ville pavoisée à grands frais.

Reste une très belle chanson de lutte, reprise par de nombreux mouvements syndicaux et féministes. Ken Loach en a adopté le titre pour un film remarquable où il est aussi question de femmes et de grève. Et vous en trouverez une superbe version dans Pride, très réjouissante comédie de Matthew Warchus sortie en 2014, sur un épisode aussi incroyable que vrai de la grande grève des mineurs dans le Pays de Galles des années Thatcher. Deux films à voir et entendre de préférence en V.O.

Source : perso et « là-bas si j’y suis » version net, site où l’on peut entre autres réécouter gratuitement les émissions modestes et géniales de Daniel Mermet and Co).

D.M

WE SHALL NOT BE MOVED 

(Années 1930)

 

Refrain :

 

We shall not, we shall not be moved (bis)

Just like a tree that’s standing by the water

We shall not be moved.

The Union is behinh us,

We shall not be moved

The Union is behind us,

We shall not be moved

Just like a tree that’s standing by the water

We shall not be moved.

 

Refrain

 

We will stand and fight together,

We shall not be moved

We will stand en fight together,

We shall not be moved

Just like a tree that’s standing by the water,

We shall not be moved.

 

Refrain

 

We are black and white together,

We shall not be moved

We are black and white together,

We shall not be moved

Just like a tree that’s standing by the water.

We shall not be moved.

 

Refrain

 

Birmingham, Alabama 1963

 

La chorale Rojinegra

Rédigé par caroleone

Publié dans #Chanson non crétinisante, #Avec la Rojinegra, #Chanson du monde

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