Venezuela : condamnation du meurtre d'un défenseur indigène

Publié le 6 Juillet 2022


 Image : Organisation régionale des peuples indigènes de l'Amazonie (ORPIA)

Divers secteurs de la société vénézuélienne et de la région expriment un rejet retentissant du meurtre du leader indigène Virgilio Trujillo. Ils réclament désormais justice et la fin de la violence extractive.

Servindi, 2 juillet 2022 - Les organisations indigènes et de la société civile du Venezuela ont répudié le meurtre du défenseur indigène Virgilio Trujillo Arana à Puerto Ayacucho, dans l'État d'Amazonas.

Trujillo Arana était un leader reconnu du peuple Uwottujja qui a contribué à la formation de gardes indigènes territoriaux face à la violence imposée par les pratiques extractives et les acteurs illégaux.

Suite à ce nouvel épisode de violence, ils réclament la justice pour cette affaire, des mesures de protection pour les gardes territoriaux indigènes, la présence des autorités dans la zone et un moratoire sur tous les projets d'extraction en Amazonie vénézuélienne.


L'extractivisme meurtrier

En réponse au meurtre du défenseur indigène le 30 juin, différents secteurs ont pointé du doigt la responsabilité des pressions extractives.

Dans une déclaration, l'Organisation régionale des peuples indigènes d'Amazonas (ORPIA) a insisté sur le fait que Virgilio Trujillo a été assassiné par des acteurs qui saccagent la région.

Le dirigeant a été victime "de ceux qui s'abritent dans l'obscurité de l'extractivisme pour attaquer les défenseurs de la forêt", a déclaré l'organisation indigène.

Face au danger imminent auquel ils sont confrontés, ORPIA a rappelé que les organisations autochtones ont réclamé, devant les instances nationales et internationales, des mesures de protection pour les défenseurs autochtones du territoire et de la nature.

"Virgilio, avec les gardiens du territoire, ne s'est pas incliné devant les menaces répétées de ceux qui détruisent la forêt amazonienne", indique le communiqué.


Histoire de la lutte

Comme l'a rappelé l'organisation Provita, Trujillo a commencé très jeune sa lutte pour la protection du territoire et a dirigé la création des gardes territoriaux Sipapo dans la municipalité d'Autana, dans l'Amazonas.

Elle a également rappelé que le défenseur du territoire a participé aux opérations menées par les autorités vénézuéliennes pour faire face à la violence des groupes armés illégaux qui tirent profit du trafic de drogue.

Pour sa part, l'école d'anthropologie de l'université centrale du Venezuela a également souligné que le meurtre de Trujillo s'ajoute à ceux d'autres défenseurs comme Freddy Menare.

De même, le Groupe de travail sur les affaires indigènes (GTAI) de l'Université de Los Andes a souligné que l'État vénézuélien doit assumer sa responsabilité et fournir des mesures de protection aux défenseurs de la forêt.

"La danse macabre de la mort de l'extractivisme n'a aucune compassion. Elle dévore tout sur son passage. Elle emporte tout sur son passage : pas un seul arbre ne doit être laissé. Pas un seul défenseur. Qu'ils meurent tous est le slogan", a-t-il interrogé.

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 02/07/2022

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