Pérou : La vie des peuples en situation d'isolement entre les mains de la Commission multisectorielle

Publié le 24 Juillet 2022

Photo : Orpio, 2019.

Loreto : la commission multisectorielle PIACI évaluera l'étude de reconnaissance préalable des peuples en situation d'isolement de la réserve indigène Napo Tigre. Les organisations autochtones attendent l'approbation de l'étude préliminaire de reconnaissance, près de vingt ans après le début du processus de création.

Servindi, 22 juillet, 2022 - Le lundi 25 juillet, l'approbation de l'étude préliminaire de reconnaissance (EPR) de la réserve indigène Napo Tigre (Loreto), dans le cadre du processus de création initié en 2003, sera évaluée et soumise à un vote.

La session est en charge de la Commission multisectorielle de la Loi N° 28736, Loi des Peuples Autochtones en Isolement et Premier Contact (PIACI).

Le territoire de la réserve susmentionnée est situé entre les districts de El Tigre, Napo et Torres Causana, dans les provinces de Maynas et Loreto, dans le département de Loreto.

Dans cette région, il y a de grandes étendues de forêts conservées où vivent des peuples indigènes isolés (PIACI).

Le processus de création a commencé il y a 19 ans avec une demande soumise par l'Association interethnique pour le développement de la selva péruvienne (AIDESEP) et l'Organisation régionale des peuples indigènes de l'Est (ORPIO).

Depuis lors, plusieurs études ont été présentées avec des preuves fiables et scientifiquement rigoureuses de l'existence de ces peuples dans l'isolement.

Le retard excessif dans le processus de reconnaissance et de catégorisation de la réserve indigène Napo Tigre a mis la vie des frères et sœurs PIACI en grave danger, soutient Aidesep dans une note informative.

Cette situation les expose à l'influence des activités extractives dans la zone, où se trouvent les lots 67 et 39 de Perenco.

En outre, l'absence de définition de la réserve et le manque de contrôle permettent la prolifération d'autres activités extractives illégales telles que l'exploitation minière, l'exploitation forestière et le trafic de drogue.

Au cours de ces presque 20 ans, les organisations indigènes ont été confrontées à des attaques constantes et à des manœuvres anti-droits de la part de groupes pro-business et d'entités étatiques ayant des intérêts économiques dans la région.

Ils cherchent à entraver le processus de reconnaissance et la création de cette réserve indigène, et se sont maintenant lancés dans une grande campagne visant à abroger la loi PIACI, indique Aidesep.

Dans ce contexte, l'organisation mère représentant les peuples autochtones de l'Amazonie péruvienne appelle la communauté péruvienne et internationale à être attentive et vigilante à la décision prise par la Commission multisectorielle.

La reconnaissance de l'existence de nos frères et sœurs isolés dans la réserve indigène de Napo Tigre est un pas de plus vers la garantie de la protection de leur vie et de leurs territoires ancestraux.

Soutien des communautés autochtones

Le territoire de la réserve indigène Napo Tigre est bordé par plus de 20 communautés indigènes qui soutiennent la création de la réserve et la protection de nos frères et sœurs isolés.

Ces communautés font partie de l'organisation Kichuaruna Wangurina del Alto Napo (ORKIWAN), de la Fédération des communautés autochtones du rio Tigre (FECONAT) et de la Fédération des communautés autochtones du Napo moyen, Curaray et Arabela (FECONAMNCUA).

Ces fédérations font partie de l'Organisation des peuples indigènes de l'Est (ORPIO), l'une des neuf fédérations régionales qui font partie de la structure nationale de l'Aidesep.

Chronologie du processus de création de la réserve autochtone de Napo Tigre

  • 2003 : AIDESEP et ORPIO présentent la demande de création de la réserve Napo Tigre.
  • 2003 - 2013 : AIDESEP, ORPIO et l'Institut National pour le Développement des Peuples Andins, Amazoniens et Afro-Péruviens (INDEPA) réalisent des études complémentaires.
  • 2013 : Le ministère de la Culture émet une qualification favorable et peu après, Perúpetro fait appel, affirmant que la création de la réserve affecterait ses intérêts car les zones couvrent la totalité du lot 67 et une grande partie de la superficie du lot 39.
  • 2014 et 2015 : de nouvelles études complémentaires sont menées par l'ORPIO, AIDESEP et le ministère de la Culture.
  • 2015 : Le ministère de la Culture émet la deuxième qualification favorable.
  • 2018 : La Commission multisectorielle approuve les termes de référence de l'EPE.
  • 2021 : Début du processus d'élaboration de l'étude préliminaire de reconnaissance (EPR).
  • 2015 - 2022 : AIDESEP et ORPIO préparent d'autres études complémentaires.
  • 2022 : La Commission multisectorielle examinera et approuvera ou non l'EPE.

À propos de la Commission multisectorielle

Selon sa norme de création, la Commission multisectorielle cherche à garantir les droits territoriaux et la survie des PIACI.

Elle est composée de huit entités étatiques, représentants des gouvernements régionaux et locaux des zones géographiques de la demande.

Elle est composée de huit entités étatiques, de représentants des gouvernements régionaux et locaux des zones géographiques de la demande de réserve indigène et de représentants des universités (publiques et privées ayant une faculté ou une spécialisation en anthropologie).

Par ailleurs, par les deux organisations autochtones nationales ayant une expérience de la protection du PIACI.

La Commission traite des informations sensibles et confidentielles, car les études visant à créer les réserves indigènes envisagent la localisation des peuples dans l'isolement et ne doivent pas être connues du public afin de sauvegarder leur vie, selon diverses réglementations.

L'étude préliminaire de reconnaissance est une étude anthropologique répondant à des normes rigoureuses, qui est réalisée sur le terrain et au bureau afin d'obtenir des preuves scientifiquement rigoureuses pour confirmer l'existence de peuples isolés et le premier contact.

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 22/07/2022

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