Avec la Rojinegra : Compa Sepulveda

Publié le 6 Août 2022

Compa Sepulveda

(chant d’honneur pour Luis)

Sur l’air traditionnel russe « Chanson de la cavalerie »

 

Ton grand-père, un Andalou exilé au Chili

Rigolait pas avec l’éducation :

Le dimanche, à 9 ans, fallait pisser sur l’église !

(Le vieil anar fournissait les boissons...) 

bis pour les 2 derniers vers de chaque strophe)

Guevara était mort mais Allende, comme le Che,

Allait chasser ces voleurs de gringos,

Rendre au peuple ses mines et leur terre aux Mapuche :

Sepulveda, tu chantais : « venceremos » !

 

L’Unité Populaire, c’était pas du pipeau,

Le peuple prenait ses affair(es) en main :

Le respect, il viendrait, ce serait pas trop tôt....

Les pauvres seraient sans maîtres demain !

 

Toit et tes compagnons protégiez le Président

Jour et nuit, toujours prêtes, l’arme au poing :

La racaill(e) militair (e) n’a que fair(e) de ses serments,

La trahison ne la rebute point....

 

Comm(e) les autres tu as connu torture et prison,

La tyrannie de ces dégénérés....

Toi, tu as survécu, voulu que ces compagnons

Soient célébrés et jamais effacés.

 

Ils n’ont pas disparu dans le brouillard et la nuit :

Car tu nous a dit leur vie et leur nom !

Tu as su rester debout à combattre l’oubli :

Pour les assassins, jamais de pardon !

 

Le grand-père andalou se frotte les mains là haut

(oui, il a pris d’assaut le Paradis !)

En lisant tes bouquins où c’est le peuple qu’est beau,

Digne et fraternel comme il avait dit.

 

Aucune satisfaction n’est comparable

A la joie de déboucher une bouteille de vin en apprenant qu’un

De ces criminels s’est fait trouer la peau au coin d’une rue.

Je lève alors mon verre et je dis :

« un salopard de moins, vive la vie ! »

 

Luis Sepulveda (dans Le neveu d’Amérique)

Aucune satisfaction n’est comparable

A la joie de déboucher une bouteille de vin en apprenant qu’un

De ces criminels s’est fait trouer la peau au coin d’une rue.

Je lève alors mon verre et je dis :

« un salopard de moins, vive la vie ! »

Luis Sepulveda (dans Le neveu d’Amérique)

Luis Sepulveda en la Via Cassia (Toscana) Italia. Foto: Daniel Mordzinski. 2004. source

Même si cette chanson est un hommage à Luis Sepulveda –et pourquoi pas, une célébration – ce n’est pas nous qui pourrons bâtir un monument à sa mémoire : comme le disait le « compa », c’est l’addition des actes de dignité et de courage pendant une vie, et le souvenir qui en reste, qui élèvent ce monument.

Capturé après que les militaires félons de Pinochet eurent bombardé le Palais présidentiel de La Moneda – où Salvador Allende trouva la mort le 11 septembre 73, le fusild’assaut à la main pour défendre les doits du peuple et la légitimité démocratique – Luis Sepulveda, qui faisait partie de sa garde rapprochée, fur arrêté et torturé.....comme des milliers de partisans de l’Unité Populaire (qui était arrivée au pouvoir en 1970).

Il resta emprisonné pendant 2 années et demie à Temuco –avec torture tous les 15 jours à la base militaire de Tucapel – et passa en jugement devant une cour martiale qui le condamna pour trahison de la patrie, conspiration subversive et appartenance aux groupes armés....à 28 ans de prison. Peine que son « avocat » un militaire commis d’office, considéra comme une sentence inespérée, et accueilli avec enthousiasme.

Mais grâce aux interventions d’Amnesty International il sortit de prison en juin 1976 (après avoir perdu 20 kilos et avec une santé très affaiblie), sa peine étant commuée en 8 années d’exil en Suède. En réalité, il ne fut autorisé à rentrer au Chili qu’en 1989. Pendant ce temps, de nombreux compagnons qui restaient prisonniers furent assassinés par les militaires : il y eut des milliers d’assassinats et de « disparitions ». près d’1 million de Chiliens prirent le chemin de l’exil.

Sepulveda n’a jamais arrêté de se battre pour vaincre l’oubli, racontant les histoires des camarades victimes de la barbarie militaire, et plus largement ses rencontres avec toutes sortes de gens simples qui ont résisté (et résistent encore) mais qui sont restés dans leur digne anonymat – et n’en sont pas moins glorieux.....

En leur compagnie, voici donc » l’ordre véritable, pas celui que l’Etat impose, mais l’ordre naturel, ma fraternité entre les hommes. »

Parce que «  la mémoire la plus importante est celle de la dignité humaine », merci compa !

Merci, Luis Sepulveda.

La Rojinegra

 

Quelques titres

 

  • Le neveu d’Amérique
  • Les roses d’Atacama
  • L’ombre ce que nous avons été
  • Dernières nouvelles du sud
  • Ingrédients pour une vie de passions formidables
  • La lampe d’Aladino
  • Le monde du bout du monde
  • Le vieux qui lisait des histoires d’amour
  • Un nom de torero
  • La fin de l’histoire

Et autres....

(Editions Métailié)

 

La Rojinegra

El pueblo unido jamás será vencido

 

 

El pueblo unido jamás será vencido,

¡el pueblo unido jamás será vencido!

De pie, cantar, que vamos a triunfar.

Avanzan ya banderas de unidad,

y tú vendrás marchando junto a mí

y así verás tu canto y tu bandera florecer

La luz de un rojo amanecer

anuncia ya la vida que vendrá.

 

De pie, luchar,

el pueblo va a triunfar.

Será mejor la vida que vendrá

a conquistar nuestra felicidad,

y en un clamor mil voces de combate

se alzarán, dirán,

canción de libertad,

con decisión la patria vencerá.

 

Y ahora el pueblo que se alza en la lucha

con voz de gigante gritando: ¡Adelante!

El pueblo unido jamás será vencido,

¡el pueblo unido jamás será vencido!

 

La patria está forjando la unidad.

De norte a sur se movilizará,

desde el Salar ardiente y mineral

al Bosque Austral,

unidos en la lucha y el trabajo irán

la patria cubrirán.

Su paso ya anuncia el porvenir.

 

De pie, cantar, el pueblo va a triunfar

millones ya imponen la verdad

De acero son ardiente batallón

Sus manos van llevando la justicia

y la razón, mujer,

con fuego y con valor,

ya estás aquí junto al trabajador.

 

Y ahora el pueblo que se alza en la lucha

con voz de gigante gritando: ¡Adelante!

El pueblo unido jamás será vencido,

¡El pueblo unido jamás será vencido!

 

Chanson du groupe chilien QUILAPAYUN, 1970 (compositeur Sergio Ortega - qui avait aussi fait la musique du Venceremos)

VENCEREMOS

 

 

Desde el hondo crisol de la patria

se levanta el clamor popular,

ya se anuncia la nueva alborada,

todo Chile comienza a cantar.

*

Recordando al soldado valiente

cuyo ejemplo lo hiciera inmortal,

enfrentemos primero a la muerte,

traicionar a la patria jamás.

*

Venceremos, venceremos,

mil cadenas habrá que romper,

venceremos, venceremos,

la miseria sabremos vencer.

*

Campesinos, soldados, mineros,

la mujer de la patria también,

estudiantes, empleados y obreros,

cumpliremos con nuestro deber.

*

Sembraremos las tierras de gloria,

socialista será el porvenir,

todos juntos haremos la historia,

a cumplir, a cumplir, a cumplir.

 

NOUS VAINCRONS

 

Du profond creuset de la patrie

S’élève la clameur du peuple,

Déjà point l’aube nouvelle,

Tout le Chili se met à chanter.

 

En souvenir du vaillant soldat

Dont la mémoire est éternelle,

Affrontons d’abord la mort,

Trahir la patrie.....jamais !

 

Refrain

 

Nous vaincrons, nous vaincrons,

Il faudra rompre mille chaînes,

Nous vaincrons, nous vaincrons,

Nous saurons vaincre le fascisme.

 

Paysans, soldats, mineurs,

La femme de la patrie aussi,

Etudiants, employés et ouvriers,

Nous accomplirons notre devoir.

 

Nous sèmerons nos terres de gloire

Socialiste sera l’avenir,

Tous ensemble nous ferons l’histoire

Accomplissons notre devoir,

Notre devoir.

Rédigé par caroleone

Publié dans #Chanson non crétinisante, #Devoir de mémoire, #Avec la Rojinegra

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