Chiapas : L'État mexicain simule l'exécution de mesures de précaution à Aldama et Chalchihuitán, en maintenant la situation grave et urgente

Publié le 24 Juillet 2022

San Cristobal de Las Casas, Chiapas

21 juillet 2022

Bulletin n° 25

Frayba

La CIDH se rend au Chiapas pour vérifier le respect des mesures de précaution dans les municipalités d'Aldama et de Chalchihuitán

L'État mexicain simule l'exécution du mécanisme tout en maintenant la situation de gravité et d'urgence.

La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), dirigée par la commissaire et rapporteur pour le Mexique Esmeralda Elizabeth Arosemena Bernal de Troitiño et Tania Reneaum Panszi, secrétaire exécutive, ainsi que le personnel en charge des mesures de précaution, se sont rendus au Chiapas, afin de contrôler le respect des mesures de précaution accordées à 22 communautés indigènes Tsotsiles au Chiapas, dans les municipalités d'Aldama, Chalchihuitán et Chenalhó.

Le 12 juillet 2022, ils ont visité les communautés de Koko' et Tabak, Aldama, tandis que le jour suivant, ils sont arrivés dans les communautés de Canalumtik, Pom et Chenmut de Chalchihuitán ; dans les deux municipalités, ils ont rencontré en privé les bénéficiaires des mesures de précaution et ont entendu les témoignages de femmes et d'hommes sur la situation de violence dans laquelle ils vivent en raison de l'omission et de l'assentiment de l'État qui permet aux groupes armés d'agir en toute impunité.

Jusqu'à présent, sept meurtres ont été enregistrés à Aldama et un autre à Chalchihuitán, ainsi que 10 autres personnes décédées de maladies et de la situation résultant du déplacement forcé (principalement des personnes âgées et des enfants) ; dans ces municipalités, 5005 personnes sont déplacées de force de manière intermittente et/ou permanente.

La CIDH a constaté le manque d'enquête, de désarmement et de sanction des groupes armés qui continue à prévaloir dans l'état du Chiapas, ainsi que l'absence de mesures efficaces pour mettre fin aux agressions par armes à feu, à la violence et à l'insécurité vécues par les communautés bénéficiaires, maintenant ces actes dans l'impunité et loin de l'éclaircissement de la vérité et de la justice ; elle a également exprimé sa solidarité et sa préoccupation face au risque pour la vie et l'intégrité des victimes.

Le fond du problème n'est toujours pas traité, ce qui viole le droit à la non-discrimination des peuples autochtones. L'"aide humanitaire" offerte par l'État mexicain est insuffisante et ne répond pas aux problèmes sous-jacents rencontrés par la population déplacée.

Nous demandons à l'État mexicain de respecter son obligation internationale de protéger les droits de l'homme et d'empêcher que les violations des droits de l'homme se poursuivent dans les communautés d'Aldama et de Chalchihuitán ; il est nécessaire de mettre de côté l'attitude de simulation face au respect des mesures de précaution accordées par la CIDH.

Depuis le Frayba, nous continuerons à réclamer la justice face à cette crise de déplacement dans l'État du Chiapas, notamment aux côtés des 22 communautés bénéficiaires de la résolution de suivi 102/2021[1], afin que l'État mexicain réponde par des mesures de réparation et de restitution des droits violés, l'accès à la justice et la condition d'une paix permanente.

 

-*-

traduction caro d'un communiqué paru le 21/07/2022 sur le site du Frayba 

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article