Avec la Rojinegra : Canzone Per Giuseppe Pinelli

Publié le 25 Juin 2022

Canzone Per Giuseppe Pinelli

 

Giuseppe Pinelli à Gênes en 1955 

 

Chanson composée par Franco Trincale en février 1970 en hommage à Giuseppe Pinelli.

Giuseppe Pinelli (Milan, 1928 – 15 décembre 1969) est un cheminot et militant anarchiste. Il était interrogé au quatrième étage pour un attentat perpétré trois jours avant dans une banque et se serait « suicidé » en se jetant pas la fenêtre.

 

Quartier général de la police de Milan, 1969. La chambre du commissaire Calabresi au troisième étage, avec la fenêtre d'où Giuseppe Pinelli est "tombé" (images)

 

Quella sera a Milano era caldo
Ma che caldo, che caldo faceva,
« Brigadiere, apri un po’ la finestra »
Una spinta… e Pinelli va giú.

« Sor questore, io gliel’ho giá detto,
Le ripeto che sono innocente,
Anarchia non vuol dire bombe,
Ma uguaglianza nella libertá. »

« Poche storie, confessa, Pinelli,
Il tuo amico Valpreda ha parlato,
É l’autore di questo attentato
Ed il complice certo sei tu. »

« Impossibile ! grida Pinelli,
Un compagno non puó averlo fatto
É l’autore di questo delitto,
Fra i padroni bisogna cercar. »

« Stai attento, indiziato Pinelli,
Questa stanza é giá piena di fumo,
Se tu insisti, apriam la finestra,
Quattro piani son duri da far. »

Quella sera a Milano era caldo
Ma che caldo, che caldo faceva,
« Brigadiere, apri un po’ la finestra »
Una spinta… e Pinelli va giú.

C’e’ una bara e tremila compagni,
Stringevamo le nostre bandiere,
Quella sera l’abbiamo giurato,
Non finisce di certo cosí.

Calabresi e tu, Guida, assassini,
Se un compagno é stato ammazzato
Per coprire una strage di Stato,
Questa lotta piú dura sará.

Quella sera a Milano era caldo
Ma che caldo, che caldo faceva,
« Brigadiere, apri un po’ la finestra »
Una spinta… e Pinelli va giú.

******

Ce soir là à Milan il faisait chaud

Mais quelle chaleur, quelle chaleur

Brigadier, ouvre un peu la fenêtre,

Une poussée....et Pinelli fut en bas.

 

« Mr le commissaire, je vous l’ai déjà dit,

Je vous répète que je sui innocent.

Anarchie ne veut pas dire bombes

Mais égalité dans la liberté.

 

-Pas d’histoire, Pinelli, avoue !

Ton ami Valpreda a déjà parlé ;

Il est l’auteur de cet attentat

Et tu es évidemment son complice.

 

-Impossible ! crie Pinelli.

Un compagnon ne peut pas faire ça !

Il faut chercher l’auteur de ce délit

Parmi les patrons.

 

-Fais attention, accusé Pinelli,

Car cette pièce est déjà enfumée,

Si tu persistes, nous ouvrons la fenêtre,

Il est dur de descendre 4 étages « 

 

Il y avait un cercueil et trois mille

Compagnons :

Nous serrions no drapeaux

Ce soir-là nous l’avons juré,

Cela ne finira sûrement pas ainsi.

 

Et toi Guida, et toi Calabresi,

Si vous avez tué un camarade

Pour couvrir un massacre d’état,

Cette lutte ne s’arrêtera pas.

 

Ce soir-là à Milan, il faisait chaud

Mais quelle chaleur, quelle chaleur

Brigadier, ouvre un peu la fenêtre,

Une poussée.....et Pinelli fut en bas.

 

Giuseppe Pinelli à droite

Garder la mémoire

 

Italie, 12 décembre 1969

Des bombes explosent à Milan et à Rome, faisant 16 morts et 100 blessés.

Depuis 1965, l’extrême-droite, avec la participation active de Services Secrets italiens et de certains secteurs de l’armée et de la police, prépare un Coup d’état. Le moyen de le légitimer sera la « Stratégie de la tension », une campagne d’attentats à la bombe et de provocations diverses qu’on attribuera à l’extrême gauche et aux anarchistes.

De fait, ce terrorisme d’extrême-droite, toujours aveugle et non-revendiqué (mais dans lequel seront identifiés les fascistes d’Ordine Nuovo et d’Avanguardia Nazionale) fera plus de 150 morts de 1969 à 1980 et deux tentatives de putsch auront lieu en 1970 puis en 1973.

Il faut néanmoins savoir que si les groupuscules fascistes ont été les exécutants des attentats,  la « stratégie de la tension » a été accompagnée et couverte par les plus hautes autorités de l’Etat, représentant la classe politique traditionnelle.

En effet cette dernière manipulait les assassins, les informait, les armait, les protégeait, les cachait, voire les blanchissait en Justice, le tout par le biais de ses relais dans l’appareil d’Etat....

Mais en même temps, elle jouait double-jeu et se présentait dans cette atmosphère de crime et d’angoisse qu’elle avait créée, comme le rempart à la fois contre le fascisme et l’extrémisme de gauche.....elle continuait ainsi à accaparer indéfiniment le pouvoir pour son profit et celui de sa clientèle, alors même que le mouvement social issu de 68 menaçait sa mainmise sur le pays.

Giuseppe Pinelli, un cheminot, fait partie des anarchistes de Milan à qui l’état a décidé, contre toute évidence, de faire porter le chapeau des attentats.

Interrogé par la police, il est défenestré depuis le bureau du Commissaire Calabresi, au 4e étage de la préfecture. Marcello Guida, ex fonctionnaire fasciste du régime de Mussolini était le préfet de Police.

La Rojinegra

Rédigé par caroleone

Publié dans #Avec la Rojinegra, #Chanson du monde, #Chanson non crétinisante

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