Pérou : Aidesep dénonce la non-conformité du Midagri en matière de titres fonciers communaux

Publié le 5 Mars 2022

Après des demandes répétées, Aidesep a conclu des accords avec le gouvernement. Mais les entités étatiques et les mauvais fonctionnaires ne contribuent pas au progrès. Photo : Ian Bravo/Servindi

Aidesep dénonce le fait que le non-respect des engagements en matière de titres fonciers met en péril le bien-être des communautés de l'Amazonie péruvienne. Il exige le respect des accords et une rencontre avec le premier ministre.

Servindi, 1 mars, 2022 - L'Association interethnique pour le développement de la selva péruvienne (Aidesep) a dénoncé le non-respect des engagements pris par les entités du ministère du Développement agraire et de l'Irrigation (Midagri).

Dans une lettre adressée au Premier ministre Aníbal Torres, l'organisation souligne que les omissions répétées de l'Unité exécutive pour la gestion des projets sectoriels (UEGPS) ont affecté l'attribution de titres de propriété aux communautés autochtones.

"Il est regrettable et tout à fait condamnable, Monsieur le Premier ministre, que l'UEGPS continue de tromper et d'insulter l'intelligence de nos peuples autochtones, en retardant par des actions bureaucratiques le début des activités qui conduisent à l'attribution de titres de propriété aux communautés autochtones", dit-il.

Malgré les accords, Aidesep dénonce le fait que les actions de démarcation et de titrage communal qui font partie du Projet de Cadastre, Titrage et Enregistrement des Terres Rurales au Pérou, Troisième Étape (PTRT3) n'ont toujours pas commencé.

En outre, au nom de plus de 1800 communautés autochtones, l'organisation demande une rencontre avec le Premier ministre dans un avenir proche. Si leurs demandes ne sont pas satisfaites, ils annoncent l'adoption de mesures légales pour garantir les droits des autochtones.

Selon les derniers accords, les activités de démarcation et de titrage devaient commencer le 14 février. Mais aucun progrès n'a été réalisé.

"Une fois de plus, nous avons été trompés avec une totale effronterie et ce qui est encore pire, sans aucune conséquence contre ces mauvais fonctionnaires", indique Aidesep en référence aux représentants de l'UEGPS.

En raison de ces manquements répétés, l'organisation autochtone exige le retrait de Jorge Luis Pairazamán Torres du poste de directeur exécutif de l'UEGPS et son remplacement par un professionnel qui répondra aux besoins des peuples autochtones.

"Si l'on ne s'occupe pas de nous conformément aux engagements pris, les peuples autochtones, représentés par cette association, présenteront une plateforme de lutte avec nos demandes pour résoudre la crise humanitaire que nous vivons", ajoutent-ils.

Il est rappelé que l'absence de sécurité juridique (titres de propriété communaux) rend les communautés autochtones vulnérables à l'expansion des activités illégales, à l'invasion territoriale, aux trafiquants de terres et d'animaux sauvages.

Accords oubliés

En janvier, l'État a signé des accords avec l'Aidesep et ses organisations régionales pour garantir l'attribution de titres de propriété aux communautés.

À cette occasion, le Midagri a apporté des modifications pour inclure une stratégie coordonnée avec les organisations autochtones et les gouvernements régionaux par le biais de groupes de travail.

En outre, Jorge Pairazamán a annoncé que le projet serait poursuivi avec des fonds nationaux.

Auparavant, en novembre 2021, des actions avaient déjà été convenues avec les représentants ministériels pour former un groupe de travail et une coordination avec les représentants autochtones.

Ces engagements ont été pris à la suite de manifestations organisées par les organisations autochtones elles-mêmes pour faire en sorte que leurs demandes soient satisfaites.

Projet en pause

Avec le soutien financier de la Banque interaméricaine de développement (BID), le projet PTRT3 a débuté en 2018 avec un budget de 80 millions de dollars et a cherché à titrer des communautés autochtones divisées en quatre lots :

Lot 1 : Cajamarca, Amazonas et San Martin.
Lot 2 : Junín, Huánuco et Ucayali.
Lot 3 : Apurímac, Cusco et Puno.
Lot 4 : Loreto
Au moment de son arrêt en 2021, la moitié du montant total avait été dépensée et seules six communautés avaient été titrées, tandis que beaucoup restaient dans les airs.

Aujourd'hui, les organisations autochtones soulignent l'absence de progrès et demandent que les accords retardés soient respectés.

Vous pouvez lire la lettre au lien suivant Reiterado incumplimiento por parte de la UEGPS del Midagri para inicio de actividades para titulación 

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 01/03/2022

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