Fédération de Russie/République des Maris : Le peuple Mari

Publié le 5 Mars 2022

By Petr Vasiliev - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61274457

 

Peuple autochtone de langue et de tradition finno-ougrienne qui est divisé en deux groupes différents :

  • Maris des montagnes (ou des collines) : minorité, à l’ouest, le long de la haute vallée de la Volga. Christianisme, langue mari traditionnelle qui est supplantée par la langue russe.
  • Maris des plaines : majorité, à l’est, religion d’origine, le Marla, langue traditionnelle mari.

Nom en mari мари

Nom en russe марийцы

Le nom ethnique mari dérive de la racine proto-indo-iranienne marya = humain, littérairement mortel, celui qui doit mourir (ceci peut indiquer des contacts précoces entre langues finno-ougriennes et langues indo-iraniennes).

Autre nom, ancien : tchérémisse

 

CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=450078

Langues finno-ougriennes Par Martintg sur Wikipédia anglais — Transféré de en.wikipedia à Commons par kipala.Date=2007-11-18 (first version); 2007-11-18 (last version), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4081424

 

Langue : groupe volga des langues finno-ougriennes (ouraliennes).S’écrit avec une version modifiée de l’alphabet cyrillique. Il y a selon les linguistes, quatre dialectes différents, pas tous mutuellement intelligibles.

  • Le mari des collines est parlé le long de la rive droite de la Volga, autour de Kozmodemyansk et de l’embouchure de Vetluga.
  • Le mari du nord-ouest qui est étroitement lié au mari des collines et au mari des prairies.
  • Le Mari du centre est parlé dans la région de la rive gauche de la Volga, sur la plaine de Mari EI et autour de la capitale républicaine Yoshkar-Ola.
  • Le mari de l’est est parlé à l’est de Mari  EI de Vyatka à Kama jusqu’à Ufa.

451.033 locuteurs en 2002

 

Population et Etats

  • Fédération de Russie : 547.607 personnes (2010)
  • République des Maris ou Mari EI : 290.863 personnes
  • Kazakhstan : 4416 personnes (2009)
  • Biélorussie : 416 personnes (2009)
  • Lettonie : 277 personnes (2009)
  • Estonie : 241 personnes (2011)

La Volga près de son embouchure Par Markv, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1759441

Territoire

Le cours d’eau central est la Volga dans les systèmes fluviaux Vyatka et Vetluga sur le territoire de la république Mari.

La capitale de la république des Maris est Iochkar-Ola.

51,7% des maris vivent en dehors des frontères de la république nationale, au Bachkortostan, dans les oblast de Kirov et Sverdlovsk, au Tatarstan.

Leur économie est basée sur l’agriculture et l’élevage. Dans la république des Maris, les industries les plus développées sont la construction de machines, la métallurgie, le bois et les industries du bois, l’industrie alimentaire. La plupart des industries sont situées dans la capitale Yoshkar-Ola et dans les villes de Kozmodermyansk, Volzhsk et Zvenigovo.

Iochkar-Ola sur la Malaïa Kokchaga Par Юрий Данилевский — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2399621

 

image

Histoire

 

Les anciennes tribus Maris sont connues depuis le 5e siècle mais les archéologues soupçonnent que la culture Mari est bien plus ancienne.

La première mention attestée du peuple Mari provient de sources Khazars du 10e siècle où ils apparaissent sous l’exonyme Tsarmis (Chérémis). Leur zone de peuplement se situait le long de la Volga.

Au XIIIe siècle les Maris tombent sous la sphère d’influence de la Horde d’or.

En 1443 ils deviennent sujets du Khanat de Kazan. Au même moment, des Maris connaissent une certaine convergence culturelle avec les Tatars au pouvoir et les Bulgares de la Volga. Cela se retrouve dans l’influence lexicale et grammaticale turque sur la langue mari.

En 1552, le territoire mari est incorporé à la Russie avec la conquête russe de Kazan sous Ivan le Terrible. Certains Maris aident à la conquête russe, la majorité pourtant riposte dans la dénommée Guerre Cheremis. La résistance est réprimée à la fin du XVIe siècle et laisse un lourd tribut à la population mari. Les colons russes affluent sur leur territoire en essayant d’échapper à la christianisation forcée (à partir de 1700).

Famille Mari du centre de l'uyezd de Tsarevokokshaysk du gouvernorat de Kazan de l'Empire russe image

 

Les Maris commencent à s’installer plus à l’est dans l’actuel Bashkortostan.

Les siècles suivants sous la Russie tsariste, les Maris renforcent leur identité ethnique et culturelle par des vagues répétées de retour à leur religion préchrétienne traditionnelle.

Pendant l’ère soviétique, la section mari est créée sous les auspices du Narkomnets, le commissariat du peuple aux nationalités. L’objectif est de faciliter l’union étroite du peuple Mari avec les autres peuples, d’aboutir à la méfiance anti-russe et d’élever la conscience de classe des travailleurs maris. Pendant cette période, un grand nombre de russes ethniques sont déplacés vers des terres traditionnelles maris, modifiant considérablement la démographie de la région, faisant des Maris une minorité dans de nombreuses parties de leur territoire.

Les Maris étaient impuissants face à ces changements.

La politique bolchevique visant à lutter contre l’influence du nationalisme dans une union multinationale aboutit à l’assassinat de personnalités maris comme c’est le cas des poètes Sergei Chavain et Olyk Ipaï. Des enseignants, des scientifiques, des artistes, des chefs religieux et communautaires seront également assassinés.

Après l’effondrement de l’union soviétique, la république des Maris nouvellement créée a vu un renouveau culturel et de la langue mari

Seulement, suite à la nomination de Leonid Markelov à la tête de la république Mari EI, celui-ci poursuit une politique de russification intense dans la région, la langue n’est plus enseignée dans les villages et peu à peu la république des Maris cesse d’être une république ethnique en dehors de son nom.

Mariage chez les Tchérémisses Nikolaï Fechine, 1908 Par Nikolaï Fechine — sothebys.com, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=94708772

 

Le marla

 

Le Marla reste très vivace chez les Maris qui ont été d’abord islamisés superficiellement. Au XVIIe siècle ils subissent la politique de christianisation de l’état russe et sont l’un des rares peuples musulmans où cette christianisation sera fructueuse. 5 à 7 % des Maris sont de tradition familiale marla, 60 % suivent un syncrétisme pagano-orthodoxe. Dans chaque village il y a un prêtre (le karte). Jusqu’en 1887, il y avait des prières collectives avec la participation de tous les kartes et des milliers de pèlerins. Ces rassemblements religieux seront interdits par les autorités tsaristes.

Depuis 1991, on assiste à la renaissance du Marla, les statuts d’une « union religieuse » Ochmari Tchimari (Mari blanc, Mari pur) ont été déposé, c’est la plus grande association religieuse non abrahamique de la fédération de Russie. Son grand prêtre est l’écrivain mari Louzy Kaïne. Les intellectuels maris considèrent le Marla comme un instrument de la lutte contre la russification.

Le dieu créateur suprême se nomme Blank, c’est un dieu anthropomorphe.

Le panthéon mari compte des dizaines d’autres dieux, le dieu de la vie organique, la Terre-Mère, la Mère-Soleil, ainsi que des esprits de la nature et des arbres sacrés. Ils ne vénéraient pas d’idoles mais plutôt les forêts sacrées.

Ils ont une relation symbiotique avec la nature qui exerce sur eux une religiosité magique célébrée comme la base de leur existence. Elle est conçue comme une mère qui protège ses enfants, bénéfique tant que l’on ne cherche pas à la détruire. La cyclicité des saisons se confond avec d’anciennes pratiques traditionnelles, la foi et le culte se concentrent autour des dieux et des quatre éléments naturels.

Tous les 3 ans, de grandes prières de la cette religion de la nature sont organisées de nouveau sur une montagne.

Une ancienne tradition Mari fait que lorsqu’un membre de la famille meurt les proches doivent quitter la maison. Tout à l’intérieur reste tel qu’au moment de la mort de la personne, plus personne ne peut y vivre. La maison est renvoyée à la nature.

Ensemble folklorique République Mari EI Par T.Kuzmina — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10689403

Rituel de la balançoire

Il est surtout pratiqué par les femmes afin de laisser s’estomper les sentiments négatifs. Une légende explique cette pratique : il était une fois la fille du dieu Yumo qui se balançant sur sa balançoire dans le ciel se laissa tomber et se retrouva dans un bois. Là, elle rencontra un garçon dont elle tomba amoureuse et elle ne voulut plus retourner au ciel. Elle se décida à épouser le garçon et ainsi sont nés les Maris.

Le balancement est un acte rituel pratiqué un peu partout dans le monde, surtout en Inde où son rythme est considéré comme celui du temps, de l’alternance du jour et de la nuit, des saisons. Il est efficace surtout au printemps car il célèbre et suscite le renouveau, il est lié également à l’obtention de la pluie fécondante (dictionnaire des symboles, article sur la balançoire in repris dans Mythologie des arbres de Jacques Brosse).

 

Exposition mari à l'exposition finno-ougrienne Echo de l'Oural ("Uurali Kaja"). Musée national estonien (Eesti Rahva Muuseum). Photo par Tartu Erzianj jurnalist CC BY-SA 4.0 image

REPORTAGE PHOTO sur les Maris

Sources : wikipedia, wieslawj.wordresse.com, prospekphoto.net

 

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