Des organisations autochtones demandent la protection du peuple Ayoreo

Publié le 23 Février 2022

La déforestation menace les moyens de subsistance des Ayoreo face à la permissivité de l'État paraguayen. Photo : GAT/Survival

Les organisations autochtones de la région lancent un appel international pour que les organes de défense des droits de l'homme se penchent sur le cas du peuple Ayoreo au Paraguay.

Servindi, 23 février, 2022 - Neuf organisations indigènes d'Amérique latine ont lancé un appel international urgent pour demander la protection du peuple Ayoreo du Paraguay, qui risque d'être exterminé.

Dans une déclaration, ils mettent en garde contre la grave menace que représente la déforestation, encouragée par les entreprises agroalimentaires et les colons, pour ce peuple autochtone, qui s'est regroupé dans l'isolement et au contact récent.

"Nous dénonçons le manque absolu et délibéré d'action de la part de l'État paraguayen pour les protéger et leur rendre la propriété collective de leur territoire, qui leur revient de droit, et dont ils dépendent pour leur survie", disent-ils.


Déclaration urgente

Comme le souligne la déclaration, la survie des Ayoreo-Totobiegosode est à un point critique face aux pressions extérieures sur leur territoire ancestral.

Connu sous le nom de patrimoine naturel et culturel d'Ayoreo-Totobiegosode, le territoire Ayoreo-Totobiegosode est situé dans la forêt du Chaco (en dehors de l'Amazonie) et a été occupé pour l'agro-élevage.

L'appropriation territoriale s'est accompagnée d'une déforestation agressive. Cette affectation de l'habitat et de la biodiversité, ainsi que les machines lourdes, ont poussé l'Ayoreo à une fuite constante.

Le Paraguay est le deuxième pays le plus déboisé de la région, derrière le Brésil. Dans une situation critique, la forêt sèche du Chaco est amenée à disparaître.

Malgré les menaces évidentes qui pèsent sur la subsistance de ce peuple, rien n'est fait pour sauvegarder les droits des populations autochtones.

Loin de là, on promeut l'exploitation économique du territoire et des mégaprojets (comme le "corridor bi-océanique") qui ne feront qu'exacerber la vulnérabilité des populations autochtones du Paraguay.

L'État paraguayen "viole les dispositions de sa propre constitution nationale ainsi que les lois et conventions nationales et internationales relatives aux droits des peuples autochtones", affirment les organisations.


Droits exigés

Au milieu de cette situation critique, les organisations indigènes exigent l'expulsion des entreprises et des envahisseurs qui occupent le territoire ayoreo et la restitution des titres collectifs au peuple ayoreo.

Ils demandent également que les mesures nécessaires soient prises pour que l'État paraguayen garantisse une protection efficace aux Ayoreo-Totobiegosode et à leur territoire.

"Les peuples indigènes isolés se trouvent dans les situations les plus vulnérables. Nous leur demandons d'agir rapidement, avant qu'il ne soit trop tard. Ce n'est qu'à cette condition qu'ils pourront survivre", conclut la déclaration.

La déclaration est signée par la Coordinadora de Organizaciones Indígenas de la Amazonía Ecuatoriana/Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie écuatorienne (Coica), l'Asociación Interétnica para el Desarrollo de la Selva Peruana/Association Interethnique pour le Développement de la Selva Péruvienne (Aidesep) et l'Unión de Pueblos Indígenas del Vale del Javarí (Univaja)/Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari.

Elle est également signée par la Coordinadora Andina de Organizaciones Indígenas (Caoi)/Coordination Andine des Organisations Iindigènes, l'Organización Nacional Indígena de Colombia (ONIC)/Organisation Nationale Indigène de Colombie et la Confederación de Naciones Indígenas de la Amazonía Ecuatoriana (Confeniae)/Confédération des Nations Indigènes de l'Amazonie Equatorienne.

L'Organisation régionale des peuples indigènes de l'Est (Orpio), la Fédération indigène de Madre de Dios (Fenamad) et l'Organisation régionale des peuples indigènes de l'État d'Amazonas, au Venezuela (ORPIA) complètent la liste.

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 22/02/2022

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