Argentine : Le peuple Tastil

Publié le 15 Février 2022

image ENOTPO

Peuple autochtone argentin situé dans la municipalité de Campo Quijano, département Rosario de Lerma dans la province de Salta.

La zone où ils vivent correspond à la quebrada del Toro, que traversent le rio Toro, la RN 51 et le Tren Las Nubes.

Tous les petits villages de cette zone sont habités par le peuple Tastil, c’est-à-dire :

El Alisal, El Mollar, Gobernador Manuel Sólo, Ingeniero Maury, El Alfarcito, San Bernardo de los Zorras, El Gólgota, Chorrillos, El Rosal, Santa Rosa de Tastil, Las Cuevas, Capillos, El Toro et Pascha.

Dix communautés rurales revendiquent la descendance des anciens habitants de Tastil. La plupart vit dans la quebrada del Toro et ont commencé à s’organiser en 2000 en rétablissant leur identité culturelle se différenciant du peuple Kolla.

Les communautés qui ont un statut juridique :

  • Communauté indigène Quebrada del Toro (28 familles)
  • Communauté indigène El Gólgota
  • Communauté indigène Incahuasi (en dehors de la quebrada del Toro)
  • Communauté indigène Las Cuevas (environ 30 familles confrontées à des problèmes d’expulsion)
  • Communauté indigène Ayllu Valle del Sol

Communautés sans personnalité juridique :

  • Los Capillos
  • Pascha (en dehors de la quebrada del Toro)
  • Los Alisos (80 familles)
  • San Bernardo
  • Rosal

Los Alisos a un conseil de curacas (les chefs de famille), la communauté a reçu un statut légal en 2003. Elle est reconnue comme descendante de la culture Tastil en 2006. Ses membres sont des paysans se consacrant à l’agriculture d’autoconsommation, ils élèvent également des chèvres, des moutons et fabriquent des objets artisanaux pour vendre au touristes. La plupart des jeunes émigrent vers la ville de Salta, la population est donc âgée dans le village. Ils ne sont pas propriétaires des terres qu’ils cultivent.

Vers la reconnaissance officielle

A la fin du XXe siècle, les communautés dispersées se mettent en contact les unes avec les autres pour déterminer de leur action de différenciation.

Le programme social agricole que le gouvernement national développe dans la quebrada del Toro met en contact les communautés entre elles, ce qui va aboutir à l’émergence de cette prise de conscience.

Un conseil des indigènes du peuple Tastil est officielle constitué en 2007. Chaque communauté envoie un délégué au conseil. Son siège se trouve à Gobernador Manuel Soló où il a la communauté aborigène quebrada del Toro.

L’Institut National des Affaires Indigènes, INAI reconnaît le peuple Tastil en 2008.

Seulement en 2010 ce peuple n’avait pas encore été reconnu comme un peuple différent du peuple Kolla par l’institut provincial des peuples indigènes de Salta, IPPIS.

 

image

Santa Rosa de Tastil
 

Publié le 6 Octobre 2018

By Anitich – Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21666380

 

Tastil était la plus grande ville précolombienne située dans l’actuel territoire argentin, dans la province de Salta, à 3.200 mètres d’altitude, on estime qu’à son apogée, à la fin du XVe siècle, la population atteignait 3.000 habitants.
Elle était située dans la zone de contact ouest de la Puna de Atacama avec les vallées Calchaquíes.

Le nom « Tastil » vient de l’union des mots quechua « taski » (vierge ) et « illay » (fulgurer ou resplendir), qui donnent Taskill ou Tastil (vierge resplendissante)

Les ruines de Tastil ont été redécouvertes par le Suédois Eric Boman en 1903, il les a décrites dans l’ouvrage « Mer de Pircas », dénomination qui a été donnée par la grande quantité de constructions qui forment ce site archéologique.

En 1967, une équipe de l’Université nationale de La Plata, dirigée par le professeur Mario Cicliano, les reconstruit partiellement.

Presque invisible et protégée par sa situation stratégique, avec des noyaux d’habitation, des cimetières, des enceintes diverses et des rues surélevées qui mènent à des espaces où se déroulaient des activités communales et publiques, tels que des sites de mouture de céréales (quinoa, maïs), des corrals de lamas et des places.

Sur la place principale se trouve la pierre sacrée (wanka) où les pratiques rituelles étaient pratiquées. Les ruines que l’on peut maintenant voir sont des constructions en pierre. Les plafonds étaient en peau et tissés de laine de mouton et de lama.

Ses anciens habitants devaient appartenir à la culture Atacama, dont l’épicentre se trouvait sur la côte Pacifique et qui dominait toute la zone du Puna. C’était le centre d’organisation, de distribution et d’échange des produits qui étaient élaborés dans toute la région en exerçant leur contrôle administratif et politique.

Les recherches ont conclu que les habitants de Tastil étaient d’excellents artisans, élevaient des camélidés, fabriquaient des objets en pierre et des céramiques rustiques, et cultivaient au pied des montagnes.

Malgré sa situation exceptionnelle, son statut de centre d’irradiation culturelle et de bien-être économique, Tastil a été abandonné alors qu’il était au sommet de sa situation privilégiée.

 

La danse du Suri.

Poursuivant sa tradition, dans l’actuelle Santa Rosa de Tastil, le 31 août, à l’occasion de la fête patronale, la danse du suri (ñandú) est exécutée. Ils se déguisent pour représenter l’animal en plaçant des plumes sur la tête, le corps, les bras et les jambes et dansent un peu anarchiquement. Quand ils lâchent des bombes fracassantes, ils roulent sur le sol  » parce qu’ils ont peur « . Ensuite, entre deux, ils essaient de partager l’arrière-train d’un mouton ou d’une chèvre avec quelques mouvements précis et énergiques. Celui qui, en la découpant, obtient le plus gros morceau, aura plus de prospérité et d’abondance pendant cette année-là.

By Kevin Jones – originally posted to Flickr as Ruinas Tastil, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5872675

L’effondrement

La ville a été désertée entre 1439 et 1442.

Archéologues et anthropologues ont des opinions différentes sur le sort qui a accompagné cette ville et ses habitants, car son effondrement précipité dans sa splendeur suscite des doutes inquiétants.

Certaines des hypothèses indiquent qu’avant l’arrivée des Incas dans la région, Tastil pourrait avoir subi des changements environnementaux qui se sont manifestés par la réduction des précipitations, entraînant l’abandon des champs cultivés, brisant ainsi son système économique. D’autres soulignent qu’il a pu y avoir des conflits dans leur structure sociale interne, générant des crises de contrôle politique, religieux, administratif et, en conséquence des migrations, des luttes avec d’autres cultures et d’autres facteurs difficiles à démontrer archéologiquement.

De nouvelles hypothèses soutiennent que l’abandon de Tastil était dû à l’invasion inca initiée précisément au siècle de l’apogée de la ville, cela ne semble pas avoir produit d’abandon volontaire de la part des premiers habitants mais la réduction de ceux-ci en mitimaes, c’est-à-dire déracinés et conduits à des endroits déterminés selon les convenances d’exploitation territoriale du Tahuantinsuyu.

Galería de Imágenes
Il existe plus de 8 000 pièces d’art rupestre sur des pierres d’origine volcanique. Les pétroglyphes réalisés avec la procédure de percussion et de grattage, outre les techniques combinées, réalisent des lignes limpides qui témoignent d’une cosmovision et d’une esthétique aux caractéristiques particulières. Parmi les motifs courants, on trouve des motifs anthropomorphes, des masques et des visages, des camélidés, des félins, des ophidiens, des lézards, des nandous, des géométries pures et des animaux humanisés.

traduction carolita du site Pueblos originarios.com

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Argentine, #Peuples originaires, #Tastil

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article