Pérou : Un leader quechua appelle les compagnies pétrolières canadiennes et américaines à respecter leurs droits

Publié le 9 Octobre 2021

Aurelio Chino, président de la Fediquep / Photo : La Republica

Cette demande a été formulée lors d'une réunion virtuelle sur les peuples indigènes de l'Amazonie avec des parlementaires d'Amérique du Nord.

Servindi, 7 octobre 2021 - Le leader autochtone quechua Aurelio Chino Dahua a demandé aux parlementaires des États-Unis et du Canada d'intercéder pour que les compagnies pétrolières nord-américaines respectent les droits des peuples autochtones.

Le président de la Fédération indigène quechua de Pastaza (Fediquep) a rappelé que les compagnies pétrolières Oxy, Frontera Energy et Pluspetrol n'ont pas assumé leur responsabilité environnementale après 50 ans d'exploitation.

Pour cette raison, il a demandé aux parlementaires de les aider à faire face à ces entreprises qui "lorsqu'elles arrivent dans les territoires indigènes, détruisent leurs ressources, violent la loi, ne respectent pas et font ce qu'elles veulent".

Aurelio Chino a souligné lors de l'événement que ces entreprises ont tout pollué : "l'eau, les animaux, la forêt,... même les êtres humains ont des métaux lourds dans le sang".

Son plaidoyer a été adressé à Raúl Grijalva, représentant de la Chambre des représentants des États-Unis, et à Rosa Gálvez, sénatrice canadienne, lors du webinaire "Peuples indigènes de l'Amazonie, exploitation pétrolière et crise climatique".

Le webinaire, organisé par EarthRights International et Oxfam, a eu lieu le 29 septembre.

Lors de cet événement virtuel, qui s'est tenu quelques semaines avant le début de la COP26, les représentants des deux pays ont évoqué la prochaine réunion internationale qui se tiendra à Glasgow, en Écosse.

Ils ont également discuté des actions que la communauté internationale devrait entreprendre pour contrer le changement climatique, protéger l'Amazonie et les droits des peuples autochtones.

Agir

Rosa Gálvez a expliqué la situation environnementale au Canada, où l'activité minière a généré un niveau élevé de pollution, qui affecte à son tour les ressources en eau.

La sénatrice canadienne a reconnu les effets des entreprises extractives en Amérique latine, et a souligné que pour que son pays puisse combattre le problème, il était nécessaire de rassembler des preuves des dommages causés par les activités extractives dans la région.

"Par exemple, les victimes de 35 communautés indigènes au Pérou n'ont pas porté plainte parce qu'elles ne considèrent pas cela comme une alternative viable pour le changement", a-t-elle déclaré.

Elle a également souligné que le conflit d'intérêt dans le secteur financier et son lien avec les entreprises qui contribuent au changement climatique, une relation très courante au Canada, devrait également être analysé.

Responsabilités environnementales

Raúl Grijalva a mis l'accent sur le rôle des pays riches dans la contribution aux émissions mondiales, une situation qui est allée de pair avec le déplacement et la disparition des peuples autochtones.

"Les communautés n'ont pas à payer le prix des activités extractives des pays riches. Nous devons fournir un financement suffisant pour effectuer une transition énergétique et payer les réparations de ceux qui ont subi les impacts", a-t-il déclaré.

Enfin, M. Grijalva a souligné le devoir de renforcer les leaderships locaux qui se forment pour faire face au changement climatique.

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le 06/10/2021

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article