Pérou : Les Secoya demandent au ministère de la Culture de sauvegarder les droits du Peuples Autochtones

Publié le 13 Octobre 2021

Source de l'image : IDL

Servindi, 13 octobre 2021 - Une délégation du peuple Secoya à Lima a demandé à la ministre de la Culture Gisela Ortiz d'agir en faveur des droits des peuples indigènes dans le gouvernement du président Pedro Castillo Terrones.

La délégation a mis en cause les administrations précédentes du secteur de la culture, qui n'ont pas pris de position ferme pour défendre la territorialité autochtone alors que cela fait partie de leur mandat.

L'absence de titres de propriété communaux facilite l'invasion et la dépossession territoriale et est exploitée par des groupes illégaux qui vont jusqu'à assassiner des défenseurs autochtones en toute impunité.

Les délégués Secoya ont demandé à la ministre de la Culture de se préoccuper de la situation des défenseurs des droits de l'homme, de garantir les titres de propriété communaux et de veiller à ce que l'État péruvien protège la territorialité des autochtones.

Le ministère de la culture dispose d'un vice-ministère de l'interculturalité et d'une direction des droits des peuples indigènes qui sont restés silencieux sur les questions clés concernant les peuples indigènes.

Au contraire, ces organes ont été fonctionnels et obséquieux envers le ministère de l'Énergie et des Mines (Minem) et ont validé des processus de consultation qui ne sont pas conformes à la Convention n° 169 de l'OIT sur les peuples autochtones et aux normes internationales en matière de droits de l'homme.

"Pour résumer, nous avons besoin d'un ministère de la culture qui ne fasse pas partie du MINEM, mais qui soit à l'écoute et qui entende la voix des peuples autochtones", a déclaré la délégation Secoya.

Enfin, ils ont exhorté la nouvelle ministre à expliquer et à être le porte-parole des peuples autochtones lors des sessions du Conseil des ministres. Le ministre a écouté attentivement les porte-parole et a proposé d'apporter les changements nécessaires.

MIDAGRI propose de résoudre le chevauchement des BPP sur le territoire Secoya

D'autre part, la délégation du peuple Secoya a rencontré le lundi 11 octobre le ministre de l'Agriculture Víctor Maita Frisancho pour chercher une solution au problème des titres communaux qui les affecte.

Le responsable du secteur a promis de chercher une solution pour redimensionner les forêts de production permanentes (BPP) qui chevauchent le territoire du peuple Secoya dans les provinces de Putumayo et Maynas, dans la région de Loreto.

Jusqu'à présent, le Service national des forêts et de la faune (SERFOR) refuse de se conformer à la R.M. 0368-2018-MIDAGRI, qui ordonne à cet organisme d'État de redimensionner les BPP lorsqu'ils chevauchent les territoires des communautés.

Le problème du chevauchement ne touche pas seulement les communautés du peuple Secoya, mais aussi une centaine de communautés autochtones qui se trouvent dans la même situation.

Enfin, le ministre a exprimé sa volonté politique de protéger les terres ancestrales des communautés autochtones.

Il a rencontré les communautés indigènes du peuple Secoya, des provinces de Putumayo et Maynas, région de Loreto, aujourd'hui lundi 11 octobre, et a promis de chercher une solution, face au refus de Serfor de se conformer à 

Le Serfor, basé sur une interprétation formaliste, n'exclut pas les BPP. Il ne s'agit pas seulement des communautés indigènes Secoyas, il y a environ 100 communautés indigènes qui sont dans la même situation.

L'origine du problème

Les BPP ont été créés par SERFOR et c'est sur cette base que les gouvernements régionaux distribuent les concessions forestières.

La résolution ministérielle 0368-2018-MIDAGRI oblige le SERFOR à redimensionner afin d'exclure les zones BPP lorsqu'elles chevauchent le territoire ancestral des communautés autochtones.

Le problème est que le SERFOR ne le fait pas à cause d'une interprétation formaliste de la résolution ministérielle et cherche des prétextes pour valider une situation qui, pour les peuples, représente une forme de dépossession territoriale.

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 13/10/2021

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