Les défis des peuples autochtones à la COP26

Publié le 22 Octobre 2021

La Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) se déroulera du 31 octobre au 12 novembre 2021 dans un contexte véritablement dramatique pour l'humanité.

Servindi, 21 octobre 2021 - Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations Unies, publié le 9 août, constitue, selon les termes du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, un "code rouge pour l'humanité".

C'est pourquoi il a appelé tous les pays à accroître leur niveau d'ambition avant le sommet climatique COP26 qui réunit les parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et qui se tiendra cette année à Glasgow, en Écosse.

Le rapport conclut que l'activité humaine est "sans équivoque" responsable de la modification du climat de la Terre d'une manière "sans précédent" sur des milliers ou des centaines de milliers d'années.

Certains changements sont même considérés comme "irréversibles" en raison de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les émissions causées par les activités humaines - en particulier le mode de vie industriel à forte intensité de combustibles fossiles - sont responsables d'environ 1,1°C de réchauffement entre 1850 et 1900.

Au cours des 20 prochaines années, les températures mondiales devraient atteindre ou dépasser 1,5°C de réchauffement, franchissant le seuil fixé par les gouvernements dans l'accord de Paris sur le climat de 2015 et déclenchant des conséquences catastrophiques.

Selon le GIEC, seule une réduction forte, rapide et durable des gaz à effet de serre au cours de cette décennie peut éviter un effondrement du climat, car chaque fraction de degré de réchauffement peut exacerber les effets déjà observés sur le climat.

Il s'agirait de faire évoluer l'économie mondiale vers une économie à faible émission de carbone, loin des combustibles fossiles. Cependant, le rapport sur le déficit de production de carburant 2021 (1) publié le 20 octobre 2021 nous ramène à une réalité frustrante.

La production de combustibles fossiles prévue jusqu'en 2030 est deux fois plus élevée que ce qui serait compatible avec l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C.

C'est ce que révèle un rapport rédigé par d'importants instituts de recherche et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Malgré des ambitions climatiques accrues et des engagements en faveur de la neutralité des émissions ou du "net zéro", les gouvernements prévoient toujours de produire beaucoup plus de combustibles fossiles en 2030 que ce qui est souhaitable.

Que faut-il faire ?

Il est urgent de construire une position forte des peuples autochtones sur les principales questions de la COP 26.

C'est pourquoi il est encourageant de constater que le Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique (FIPACC), qui réunit des représentants des peuples autochtones des sept régions socioculturelles du monde dans un caucus relevant de la CCNUCC, est bien préparé pour la COP 26.

Au sein de ce forum, des positions sont définies et des stratégies de plaidoyer et d'influence sont planifiées.

Il existe également des initiatives de soutien au FIPCC, telles que le Groupe de travail international pour les affaires autochtones (IWGIA), le Pacte des peuples autochtones d'Asie (AIPP), la Fondation Tebtebba et le Programme des populations forestières (FPP), qui coordonnent leurs efforts pour organiser des réunions virtuelles conjointes avant la COP 26.

C'est le cas de la réunion qui s'est tenue le vendredi 19 octobre, au cours de laquelle une analyse collective a été faite sur les politiques de la COP 26 et les peuples autochtones (PPAI) et des questions prioritaires ont été identifiées qui offrent des opportunités stratégiques d'action telles que les suivantes :

 

  • L'agriculture.
  • Adaptation et pertes/dommages.
  • Des solutions basées sur la nature.
  • Article 6 de l'Accord de Paris.
  • Les droits de l'homme.
  • Science et technologie.
  • Le financement du climat.
  • Contributions déterminées au niveau national.

La Plate-forme des communautés locales et des peuples autochtones de la CCNUCC et le nouveau plan de travail de son groupe de travail de facilitation.
Un premier défi est - dans la mesure du possible - de se mettre d'accord sur des positions communes sur ces questions, tout en sauvegardant les droits de l'homme et en particulier les droits des peuples autochtones.

Dans la mesure où les peuples consolident des points de vue communs, ils seront en mesure d'élaborer et d'envoyer des messages clairs au mouvement pour la justice climatique, à la société civile et aux décideurs.

Ce n'est qu'unis, articulés et avec des messages clairs et puissants qu'ils pourront influencer et imprégner les négociations et se faire sentir et respecter.

Les progrès réalisés par les organisations autochtones dans différents espaces et articulations devraient être consolidés au sein du Caucus autochtone lors de la COP 26.

Les événements et activités parallèles de chaque entité autochtone doivent connaître et partager l'agenda stratégique et le positionnement autochtone qui est consolidé afin d'orienter les messages dans la même direction et ainsi gagner en force. (2)

Nous vivons une situation limite pour le destin de la planète et la COP 26 doit être un espace de plaidoyer stratégique de haut niveau où les peuples autochtones ont la très haute mission de se préparer et de relever les défis en tant qu'acteur clé.  

Notes :

(1) Le rapport sur le déficit de production 2021 a été réalisé par des instituts de recherche renommés et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Voir la note sur : https://www.servindi.org/actualidad-noticias/20/10/2021/produccion-de-combustibles-fosiles-lejos-del-acuerdo-de-paris

(2) Le 20 octobre, l'organisation d'aide internationale Oxfam a publié sa position avant la COP 26, dans laquelle elle donne la priorité à la nécessité de s'attaquer aux problèmes de l'Amazonie. Voir la note sur : https://www.servindi.org/actualidad-noticias/20/10/2021/oxfam-cop26-debe-asumir-compromisos-en-favor-de-la-amazonia

traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 21/10/2021

Rédigé par caroleone

Publié dans #PACHAMAMA, #Changement climatique, #Peuples originaires, #COP 26

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