Zonage et protection des droits à El Cenepa : action urgente face aux menaces qui pèsent sur le peuple Awajún défendant la frontière Pérou-Équateur

Publié le 5 Septembre 2021

Dans un vaste manifeste envoyé au PCM, aux ministères et à d'autres organismes nationaux, régionaux et locaux, les dirigeants d'ODECOFROC et de FIAACSA ont affirmé l'urgence de garantir l'utilisation durable du territoire qui mène au Bien Vivre en coexistence avec la terre-Mère. L'exploitation minière et forestière illégale, ainsi que les pressions pour construire des routes et les plaintes contre ceux qui tentent de défendre la région contre l'arrivée d'étrangers, sont en augmentation. Une action concrète et urgente s'impose.


Le mémorial porte la signature de Hortez Baitug, président de l'ODECOFROC. Photo : IDL

10:30 - 03 septembre 2021 - Pour le peuple Awajún du district d'El Cenepa (Amazonas), à la frontière entre le Pérou et l'Équateur, définir au plus vite quelles zones peuvent être utilisées à des fins productives et de quel type, et garantir des zones de préservation de l'environnement immatériel, est une question prioritaire. Il s'agit d'une zone socialement et écologiquement vulnérable, avec une faible présence de l'État, qui est la cible de ceux qui pillent l'Amazonie à tout prix. C'est la population indigène locale qui prend l'initiative de défendre cette riche biodiversité pour le pays, qui fait partie de son territoire ancestral, et de défendre ses droits individuels et collectifs reconnus par le droit international à travers la convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT) et d'autres règlements.

Dans cette optique, et après s'être réunis les 29 et 30 août dans la communauté indigène de Yampits Entsa, les chefs et dirigeants des communautés du bassin du Cenepa, affiliés à la Fédération indigène awajún d'Alto Comaina et Saawintsa (FIAACSA) et à l'Organisation pour le développement des communautés frontalières de Cenepa (ODECOFROC), ont publié un manifeste dans lequel ils exposent en détail la difficile réalité qui menace la région. Un exemple clair est l'exploitation minière illégale qui, tant dans la partie supérieure que dans la partie inférieure du rio Cenepa, et qui a été signalée et dénoncée depuis des années, n'a pas cessé. Au contraire, elle augmente face à la passivité de l'État. "Nous demandons au ministère de la Défense de donner la priorité aux fonds permettant de poursuivre les interdictions tant dans le bassin inférieur que dans la Cordillère du Cóndor", peut-on lire dans le document.

Ce n'est pas la seule préoccupation. La proposition de construction de la route Urakusa-Huampami, Puerto Mori-Pampaentsa, Puerto Mori-Shaim est également sur la table. Malgré le fait qu'il y a seulement deux mois, lors d'une réunion avec la municipalité d'El Cenepa, il a été convenu que le processus de consultation devrait être réalisé à partir de l'étape 01, étant donné le manque d'informations fournies dans le processus, les organisations dénoncent que ce pacte est violé. "On observe que ces jours-ci, les autorités locales tentent désespérément de lancer le processus à partir de l'étape 05. Cette assemblée s'engage à respecter l'Acte Huampami du 01 juillet 2021, un accord qui sera bien sûr défendu à tous les niveaux. Nous devons nous rappeler que divers experts environnementaux nationaux et internationaux ont mis en garde contre les conséquences très graves que des projets tels que les routes peuvent avoir pour les peuples indigènes de l'Amazonie", disent-ils dans le mémorial.

Ce document, qui a été soumis à la Présidence du Conseil des Ministres (PCM), à différents ministères, au Pouvoir Judiciaire, au Bureau du Médiateur et à d'autres organismes régionaux et locaux, notifie, dans son premier point, l'autorisation de commencer, de manière urgente, "le travail de diagnostic de la situation actuelle du District d'El Cenepa dans les aspects écologiques, économiques et sociaux, en vue de réaliser le Zonage Ecologique et Economique (ZEE) dans le District d'El Cenepa à partir de la Vision Indigène". Ils soutiennent que cela profitera aux communautés Awajún "en leur garantissant une meilleure utilisation et un meilleur entretien de leur territoire, en leur permettant de mener une vie saine et compatible avec la nature".

La position de l'ODECOFROC et de la FIAACSA sur les poursuites engagées à l'encontre de dix dirigeants Awajún, ainsi que les mesures qui seraient prises en cas de condamnation, sont également exposées en détail dans le mémorial, de même que d'autres controverses survenues dans ce district frontalier, qui exige le respect de ses droits collectifs et l'adoption de mesures de protection pour préserver tant l'environnement que les pratiques ancestrales du peuple Awajún. Ainsi, la voix des organisations autochtones démontre une fois de plus la nécessité de reconnaître la gouvernance territoriale autochtone dans le cadre d'une stratégie visant à protéger notre biodiversité et à lutter contre les économies illégales dans ces zones frontalières, qui ont un coût élevé pour le pays.

traduction carolita d'un article paru sur le site du CAAAP 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Pérou, #Peuples originaires, #Awajún

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