Soutenir les luttes pour l'autonomie des peuples autochtones

Publié le 24 Septembre 2021

Appel à des actions de soutien aux luttes indigènes. Photo : elmostrador

Diverses organisations ont fait une déclaration en faveur des luttes pour l'autonomie en Amérique latine.

Servindi, 22 septembre, 2021 - Les organisations de la société civile et des peuples autochtones ont exprimé leur soutien aux luttes des peuples autochtones dans différents pays d'Amérique latine.

A travers une déclaration ouverte, les organisations signataires appellent à donner la priorité à la défense des autonomies territoriales et à leur autodétermination, au-dessus des stratégies coloniales des gouvernements de droite et de "gauche" qui perpétuent l'oppression.

L'appel à la solidarité vise à unir les actions et un plus grand soutien pour "atteindre l'égalité sociale, la dignité et la liberté pour tous, comme fondement de la vie en société et de la démocratie".

Également signé par des universitaires et des leaders populaires, le document soutient la Marche des peuples indigènes boliviens pour la défense territoriale et la résistance des peuples indigènes et afro-descendants contre le gouvernement Bolsonaro au Brésil.

D'autre part, il remet en question la violence du gouvernement nicaraguayen à l'encontre des peuples indigènes, ainsi que les politiques extractives, néolibérales et répressives en Argentine, au Chili, en Équateur et en Colombie.

Soutien aux luttes pour l'autonomie des peuples autochtones

Que cesse la répression étatique de la droite ou de la "gauche".

Nous vivons une époque marquée par des soulèvements et des insurrections populaires croissants, des révoltes intersubjectives et culturelles, des processus hétérogènes et profonds qui défient la bourgeoisie et les élites politiques de toutes les couleurs ; où les mobilisations des peuples indigènes d'Abya Yala se dressent, contre la modernité coloniale, pour la décolonisation du pouvoir, de la connaissance et de l'être, rejetant la division, la cooptation, la corruption et la répression des pouvoirs capitalistes extractivistes, qu'il s'agisse de capitalismes privés néolibéraux ou de "capitalismes d'État".

Nous soulignons que les peuples démontrent qu'il est possible, viable et indispensable de construire d'autres formes d'autorité collective, différentes de celles des États coloniaux modernes, à travers le renforcement de l'"auto-gouvernement", des autonomies ou des auto-gouvernements, basés sur leurs cosmovisions, l'horizontalité, le "commander en obéissant" et les horizons alternatifs de signification de la Pleine Vie/Bonne Vie et de la Bonne Gouvernance, pour comprendre l'humain comme une forme de vie de plus parmi les autres vies de tout ce qui est appelé nature,

  • En Bolivie, on assiste à la Grande Marche des Peuples de l'Est, du Chaco et de l'Amazonie pour la défense de leurs territoires, qui ont installé leur Parlement indigène, et à la lutte des gouvernements autonomes des hauts plateaux, tous deux persécutés, poursuivis et réprimés par le gouvernement actuel, qui viole de manière flagrante la constitution plurinationale.
  • Au Brésil, ils se confrontent au gouvernement proto-fasciste de Bolsonaro, qui impose violemment des reculs sur les droits territoriaux et collectifs des peuples indigènes et afro-descendants.
  • Au Nicaragua, il s'agit d'affronter la dictature réélectionniste d'Ortega, qui favorise la corruption, la division et la répression sociale, ainsi que l'invasion et la colonisation de la côte atlantique, avec l'assassinat des Miskitus et des Mayagnas et des dirigeants afro-descendants Kriol/Creol, afin de faire avancer les affaires et les mégaprojets extractivistes. Démission de la dictature Ortega-Murillo et liberté pour les prisonniers politiques et les candidats emprisonnés ou poursuivis !
  • Au Chili, le peuple lutte contre la destruction extractiviste et le racisme de la droite et des "centres" qui bloquent la plurinationalité et les gouvernements autonomes dans le changement constitutionnel. Liberté pour les prisonniers politiques, punition pour les violateurs des droits de l'homme et réparation pour les victimes !
  • En Colombie, ils résistent à l'offensive économique et sociale du pouvoir capitaliste néolibéral et du gouvernement Duque, qui détruit les richesses de la nature, et font face à la répression étatique, aux massacres paramilitaires et à l'impunité.
  • Au Venezuela, les peuples indigènes exigent une politique publique qui défende leurs droits territoriaux reconnus face à la forte présence de groupes armés irréguliers et étrangers.
  • En Équateur, la lutte sociale se développe contre la dépossession territoriale, l'extractivisme pétrolier et minier, le mépris de la consultation des défenseurs de l'eau et la criminalisation des protestations par le gouvernement bancaire néolibéral.
  • En Argentine, les plus de 38 peuples indigènes résistent à l'extractivisme progressif (pétrole, lithium, uranium) et exigent l'approbation de la loi sur les terres des communautés indigènes, qui a été perdue lors du congrès uni-national des "Venidos de los Barcos".

Nous appelons à la solidarité la plus large possible avec les propositions et les actions des peuples autochtones susmentionnés, à travers la diffusion de leurs mobilisations, les sit-in devant les ambassades de ces pays, l'intervention de la Commission interaméricaine des droits de l'homme et du rapporteur de l'ONU sur les peuples autochtones, et l'exigence de déclarations de soutien de la part des organisations populaires, des ONG et des groupes politiques, en particulier ceux dits "progressistes" ou "de gauche" qui soutiennent encore ou gardent un silence complice.

Nous appelons à privilégier la défense des autonomies territoriales et leur autodétermination, qu'il s'agisse des peuples originaires ou des quartiers des villes, au-dessus des calculs et des négociations géopolitiques ou électorales, tous étatiques ou centrés sur l'État, qui maintiennent l'héritage eurocentrique et la continuité de la colonialité du pouvoir et du capitalisme prédateur, bloquant le dépassement du racisme, du patriarcat, de l'anthropocentrisme et de toutes les formes d'exploitation et d'oppression, d'où qu'elles viennent ; et de faire de l'égalité sociale, de la dignité et de la liberté de tous, le fondement de la vie en société et de la démocratie et, par conséquent, du pouvoir, de l'organisation et de l'exercice de l'autorité publique et du gouvernement.

Tomás Candia, Confédération des peuples indigènes de Bolivie-CIDOB Orgánica
Grande Marche des Peuples de l'Est, Chaco et Amazonie de Bolivie
Gregorio Mirabal, Coordination des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien, COICA 
Jorge Pérez, Asociación Interétnica de Desarrollo de la Selva Peruana, AIDESEP (Association Interethnique pour le Développement de la Jungle Péruvienne)
Organisation des peuples indigènes de l'Amazonie colombienne, OPIAC
Réseau pour la décolonialité et l'autonomie sociale (international)
Tuxa ta Pame - Conselho de Gestão Ka'apor (Conseil de Gestion Ka'apor) (Brésil)
Centro de Asistencia Legal a Pueblos Indígenas (Centre d'Assistance Juridique aux Peuples Indigènes-CALPI (Nicaragua)
Ka'a mu katu ha - Guarda de Autodefesa Ka'apor (Garde d'Autodéfense Ka'apor) (Brésil)
Jumu'e ha renda Keruhu - Centro de formação saberes kaapor (Centre de Formation des Savoirs Ka'apor) (Brésil)
Organización Intercultural por la Educación Propia y Autónoma (Organisation Interculturelle pour la Propre Education et l'Autonomie WAINJIRAWA (Venezuela)
Movimento Xingu Vivo para Sempre (Mouvement Xingu Vivant pour Toujours) (Brésil)
Collectif Pachamama, Arequipa, Pérou
Somos Pueblos, Pérou
Soren Hvalkof, anthropologue, Copenhague, Danemark
Asociación Proyecto Amigo (Association projet Amigo), Pérou
Escuela popular Cañi-Quimit (Eecole Populaire Cañi-Quimit), Pérou
Toribia Lero, leader autochtone, Ayllu Tapacarí, Bolivie
José Ángel Quinteiro Weir, philosophe et militant, Añú, Venezuela
Francesco Martone, ancien sénateur national et activiste (Italie)
Carlos Walter Porto-Gonçalves, maître de conférences Universidad Federal Fluminense Brésil.
Dion Monteiro, coordinateur exécutif de l'Instituto Amazônia Solidária (IAMAS) (Brésil)
Gustavo Soto Santiesteban, écrivain et activiste. (Bolivie)
Roberto Espinoza Llanos, Red Decolonialidad y Autogobierno (Réserau Décolonialité et Autogouvernement), Pérou
Carlos Soria, avocat et défenseur de l'environnement (Pérou)
Yaku Pérez Guartambel, ancien candidat à la présidence et ancien préfet d'Azuay, Équateur
Dilvia Gálvez Salazar, militante des droits de l'homme et de la Terre Mère (Pérou)
Boris Marañón, maître de conférences à l'Université nationale autonome du Mexique (Mexique)
Danilo Quijano, Red Decolonialidad y Autogobierno, Pérou
Danilo de Assis Clímaco, maître de conférences, Universidad Nacional Mayor de San Marcos, Pérou.
Nury García Córdova, Pérou.
Giovanni et Mario Vidori, Pérou.
Selene López, Cusco, Pérou
[signatures et avenants à suivre].

traduction carolita d'un communiqué paru sur Servindi.org le 22/09/2021

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