Pérou : Irma Rojas et son combat pour préserver l'héritage de la pomme de terre indigène

Publié le 10 Août 2021

Irma Rojas. Photo : Minam

La leader cusqueña promeut la préservation de plus de 700 variétés de cette espèce millénaire dans les hauteurs de Paucartambo, à Cusco.

Servindi, 8 août 2021 - À près de trois mille mètres d'altitude et à quelques encablures de la place Paucartambo de Cusco, se trouve la maison d'Irma Rojas, infatigable défenseure des produits indigènes tels que l'aguaymanto, le café et les pommes de terre indigènes.

Cette leader tenace se bat depuis plusieurs années pour faire connaître au monde le merveilleux écosystème de la réserve de biosphère de Manu, dont elle s'occupe en alliance avec diverses organisations et avec le soutien du Service national des zones naturelles protégées par l'État (Sernanp).

Depuis sa chaleureuse maison dans la vallée du rio Mapocho, Irma affirme que la tradition de préservation de la pomme de terre indigène est un héritage familial.

"Nous avons toujours vécu de la ferme, de l'agriculture ; et quand j'étais enfant, je voyais mon père conserver les pommes de terre chauchas (Solanum Phureja), jaunes et rouges.

"Au fil des ans, la tradition a disparu dans la vallée, soit en raison de l'arrivée d'autres espèces étrangères, soit parce que les familles ont vu d'autres opportunités commerciales", explique Irma Rojas.

Elle rappelle que, face à la disparition progressive de cette espèce de pomme de terre, elle s'est attelée à la lourde tâche de renverser la situation.

"L'un de mes fils est agronome, et pendant qu'il étudiait à l'université, nous avons réalisé que la seule solution était d'encourager davantage de familles d'agriculteurs à s'engager à conserver ce type de produit. C'est pourquoi nous avons fait l'inventaire des espèces que nous avions et nous avons commencé cette tâche", dit-elle.

Pendant plusieurs mois, dit-elle, son fils partait à 4 heures du matin sur sa moto pour Huancarani, Challabamba, Colquepata et d'autres villages de Paucartambo pour parler aux familles d'agriculteurs avant le début des travaux agricoles.

Il leur expliquait l'importance de s'organiser et les a engagés à être unis afin de conserver ce précieux héritage de notre biodiversité.

"Une trentaine de familles se sont réunies, nous avons créé une association et, au fil des ans, nous avons réussi à conserver environ 700 types de pommes de terre indigènes", dit-elle avec émotion.   

Cette action a suscité l'intérêt du monde scientifique. Quelques mois après le début de leur croisade, des spécialistes de l'Institut national d'innovation agraire (INIA), du Centre international de la pomme de terre et des scientifiques étrangers ont commencé à arriver dans la vallée.

"Ils ont été étonnés de voir la variété de pommes de terre que nous avons conservées. Ils nous ont motivés à concourir pour des projets qui favorisent la protection de notre patrimoine, et c'est ainsi que nous avons remporté le prix de Turismo Emprende, qui finance les entrepreneurs", explique Irma.

Ferme dans son combat conservationniste, elle ajoute qu'ils pourront bientôt mettre en place un musée et une bibliothèque dédiés à la pomme de terre à Paucartambo.

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Avec des informations du Ministère de l'Environnement (Minam)

 

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le 08/08/2021

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