Colombie : La grève continue : Renforcer la Minga nationale dans tout le pays : Duque, arrête le massacre MAINTENANT !

Publié le 12 Mai 2021

par comunicaONIC dans ONIC Communiqués 11 mai 2021

- Déclaration de l'Assemblée nationale des autorités indigènes de l'ONIC.

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Colombie, 11 mai 2021. Les autorités de l'Organisation nationale indigène de Colombie, l'Autorité nationale du gouvernement indigène, se sont réunies en Assemblée nationale extraordinaire, le 10 mai dernier, pour analyser la situation actuelle de la grève nationale qui dure depuis 14 jours et à laquelle les peuples indigènes participent, par le biais de la Minga, dans différentes régions du pays depuis le 28 avril ; rejetant le traitement de guerre infâme que le gouvernement d'Ivan Duque a réservé à la protestation sociale, qui a mis en danger la vie de frères et sœurs mingueros dans le Valle del Cauca, favorisant une criminalisation et une stigmatisation croissantes du mouvement indigène, DÉCLARE :

La Colombie n'est pas seule, avec les pensées et les sentiments des Mayores et Mayoras (Aînés et Aînées) nous reconnaissons le caractère particulier du moment que traverse le pays, qui exige que le mouvement indigène avec son expérience, sa force et sa sagesse redouble ses efforts dans la MINGA NATIONALE en accompagnant les secteurs mobilisés et en marchant avec eux pour vaincre l'action militariste du gouvernement, de la discrimination et du racisme structurel et ses politiques d'exclusion sociale et d'appauvrissement du peuple colombien en général.

En 14 jours de grève nationale, le gouvernement, à travers les actions de la police, de l'ESMAD et de l'armée nationale, est responsable de 1956 cas de violence de toutes sortes 1, qui ont coûté la vie à 41 personnes, pour la plupart des jeunes, en plus de la violence sexuelle, de la torture, des détentions arbitraires, des rafles, il y a plus de 435 disparus et des centaines d'interventions violentes dans les quartiers populaires, les rues, les parcs, les stations de service public, les postes de péage et les autoroutes. À cette violence de l'État s'ajoutent la violence paramilitaire et les manifestations de racisme de civils armés qui s'en prennent à la population et à la Minga indigène.

La réponse du gouvernement Duque est configurée comme une attaque majeure contre la démocratie en Colombie et nous n'hésitons pas à affirmer que sa conduite est punissable et doit être dénoncée devant la Cour pénale internationale.

Faisant partie des ennemis de la démocratie en Colombie, l'ancien sénateur Álvaro Uribe Vélez, dans différentes déclarations sur les réseaux et les médias, stigmatise la mobilisation sociale et désigne directement la Minga indigène et nos frères du CRIC, de l'ACIVA R.P. et de l'ORIVAC comme des "terroristes" en utilisant des données, des images et des situations trompeuses hors contexte, incitant ainsi à la haine et au racisme, encourageant le génocide qui, depuis la signature de l'accord de paix, a coûté la vie à plus de 300 frères et sœurs indigènes.

La Grève Nationale est un soulèvement social et populaire qui s'exprime dans tout le pays parce que depuis 200 ans, ceux qui ont gouverné la nation l'ont conduit à une profonde crise sociale, économique, politique, environnementale, humanitaire et des droits de l'homme qui, exacerbée par la pandémie et les mesures anti-populaires de ce gouvernement, a explosé, conduisant des milliers de Colombiens, en particulier nos jeunes, à descendre en masse dans la rue pour exprimer le profond mécontentement social et le rejet du gouvernement Duque et de ce qu'il représente.

Nous promouvons la liste des revendications du Comité National de Grève tout en affirmant, main dans la main avec les Assemblées Populaires, que la protestation ne peut plus se limiter à telle ou telle réforme, il est temps d'exiger de ce gouvernement et de ceux qui suivront, et de l'Etat dans son ensemble, des réponses globales et structurelles visant à résoudre les profondes inégalités, injustices, violences structurelles et besoins fondamentaux non satisfaits qui condamnent des millions de Colombiens à la pauvreté et nous privent de facto de nos droits humains, politiques, civils, collectifs et environnementaux. Dans le développement de la protestation nous offrons notre soutien à travers la Garde Indigène, pour accompagner tous les CORRIDORS HUMANITAIRES qui peuvent être nécessaires.

Nous, les peuples et nations indigènes qui luttent depuis 529 ans pour notre survie, avons suffisamment de raisons d'être en Minga et de participer à cette grande action du peuple colombien : Le siège permanent des territoires, le déplacement et le confinement qui se sont accrus ces dernières années, l'assassinat qui endeuille des milliers de nos familles et la menace croissante contre nos droits, en particulier ceux liés à l'autonomie, comme cela arrive avec l'intention de limiter et de restreindre le droit fondamental à la consultation préalable libre et informée, la mise en œuvre nulle du chapitre ethnique de l'accord de paix, entre autres, font partie de nos raisons légitimes de protester. Des actes tels que la tentative d'empêcher la Minga de Jamundí de se déplacer librement sur le territoire national, qui pour nous, depuis la loi d'origine, fait partie de notre territorialité ancestrale, est un arbitraire qui ignore le postulat constitutionnel selon lequel la Colombie est une nation diverse, multiethnique et multiculturelle.

Pour toutes ces raisons, depuis le 28 avril, dans différents territoires, nous nous sommes joints à la Grève nationale ; et demain, le 12 mai, nous nous lèverons pour que la Colombie et le monde entier puissent voir et sentir le pays indigène. Avec tous les secteurs mobilisés, nous exigeons la démilitarisation immédiate des villes et des autoroutes, le démantèlement de l'ESMAD, l'enquête et la punition des coupables de la violence étatique et paramilitaire qui ont agi contre les manifestants, et la mise en place d'un mécanisme urgent de recherche des personnes disparues avec le soutien de missions de vérification internationales, ce qui permettra également d'évaluer les violations des droits de l'homme qui se sont produites pendant la grève nationale.

Avec nos bâtons de commandement, nous recevons les différentes déclarations publiques nationales et internationales qui reconnaissent le rôle de la Garde Indigène, des autorités et des organisations du mouvement indigène en tant que constructeurs de la paix, pour cette raison nous souscrivons à l'appel à continuer à tisser un agenda commun qui augmente la résistance solidaire dans chaque mobilisation et à chaque point de la grève, et à tracer une certaine route pour le dialogue entre les hommes et les femmes colombiens ; Nous, les peuples indigènes, connaissons la fraternité et nous regrettons que ce gouvernement et l'élite qu'il représente veuillent, par action ou par omission, encourager une guerre fratricide qui ne profite qu'à eux et à leurs entreprises dans le cadre du modèle de développement capitaliste prédateur qui amène la planète au bord de l'effondrement et contre lequel, dans les rues des villes et des territoires, nous brandissons les bannières de la Minga pour la vie, la paix et le bien vivre.

Vive la Minga et la grève nationale !
Comptez sur nous pour la Paix, jamais pour la guerre !

  • ORGANISATION NATIONALE INDIGENE DE COLOMBIE (ONIC) – AUTORITE NATIONALE DE GOUVERNEMENT INDIGENE
    #SOSPueblosIndígenas

traduction carolita d'un communiqué paru sur le site de l'ONIC le 11 mai 2021

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