Brésil : O-é Kaiapó, une nouvelle cacique qui se bat avec et pour les siens !

Publié le 20 Mai 2021

Mardi 18 mai 2021

Victoria Martins
ISA

#ElasQueLlutam ! La jeune leader Kayapó affirme que les femmes ont un regard plus collectif et bienveillant, qui complète "la posture, la pensée et l'attitude des hommes et qu'il est essentiel qu'elles assument de plus en plus de rôles de direction. Elle sera à la tête du village de Krenhyedjá, sur la terre indigène Kayapó (Mato Grosso), à partir de la fin du mois de mai.
 

Quand elle était petite, O-é Kaiapó Paiakan (@oekaiapopaiakan) aimait s'infiltrer dans les discussions des hommes de son peuple. Alors qu'ils se réunissaient, elle inventait que son grand-père, alors cacique du village d'Aukre en terre indigène Kayapó, commandait du café pour qu'elle puisse apporter la boisson et s'asseoir pour écouter la conversation. Cette "audace", comme elle le décrit elle-même, se poursuit à l'âge adulte. Elle est souvent la seule femme parmi les dirigeants, "dans toutes sortes de réunions, dans les prises de décision, pour aider à rédiger un document, pour faire de la traduction", mais elle aime participer et contribuer aux besoins de son peuple. Et à la fin du mois de mai, elle deviendra la toute nouvelle cacique du village de Krenhyedjá.

"C'est avec une grande responsabilité, avec beaucoup de volonté et de manière transparente et honnête [que j'assume] une autre fonction auprès de mon peuple", dit-elle.

Son père, le leader Paulinho Paiakan, décédé du #Covid19 en 2020, est une grande source d'inspiration pour le travail qu'elle entend accomplir dans le village. "Il s'est très bien occupé de cette région. Il y a une rivière là-bas, les poissons sont abondants, il y a beaucoup de gibier. De la même manière, nous, les filles, prendrons soin de notre village et le protégerons de la meilleure façon possible", explique-t-elle.

Outre l'amélioration de la structure du lieu, elle souhaite mettre en œuvre les projets dont il a rêvé, comme la création de l'université Kayapó, où les jeunes pourront apprendre l'histoire du peuple et voir leur identité renforcée.

"Notre histoire, ce sont nos aînés, vivants. Nous devons l'enregistrer, car elle restera pour les générations futures un outil de protection et de lutte", dit-il. Ce bilan des mobilisations des Kayapó est précisément le sujet du master d'O-é, pour qui l'éducation a toujours été un instrument de résistance et une forme d'émancipation féminine. "Il n'est pas normal que les femmes étudient en ville et mon père a brisé cette barrière avec nous, même si tout le monde était contre. [Il a fait cela] pour que nous puissions protéger notre langue, notre culture, notre territoire, notre peuple", dit-elle.

N'étant pas une nouvelle venue dans les mouvements sociaux et indigènes, O-é soutient que les femmes ont un regard plus collectif et plus attentif, qui complète "la posture, la pensée et l'attitude des hommes". Il est donc essentiel qu'ils assument de plus en plus de rôles de direction.

"Les femmes Mebêngokrê, et je crois les autres parents, sont très courageuses, déterminées, elles affirment ce qu'elles disent sans crainte", dit-elle. "Elles ressentent d'abord les impacts négatifs sur le territoire, sur l'eau, avec les enfants. Et elles ont plus de précision [pour s'exprimer] sur divers sujets, [comme] le changement climatique et l'éducation.

Forte de l'éducation donnée par ses grands-parents et son père, grands chefs qui l'ont précédée, O-é relève ce nouveau défi avec l'intention d'ajouter sa voix à celle des autres leaders et de renforcer les luttes des Kayapó. "La société essaie de nous effacer de toutes les manières possibles. Mais] nous sommes indigènes, nous sommes Mebêngokrê. Les non-autochtones doivent s'habituer à nous et apprendre qui nous sommes", conclut-elle. "La direction passe, le gouvernement passe, mais nous, nous restons" mai 

traduction carolita d'un article paru sur le site de l'ISA le 18 mai 2021

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