Brésil : Sônia Guajajara : démarquer les terres, démarquer les écrans !

Publié le 22 Avril 2021

Mardi 20 avril 2021


#ElasQueLutam ! Soninha, l'un des leaders nationaux et internationaux les plus en vue, ne ménage pas ses efforts pour garantir les droits et amplifier les voix et les visions des peuples autochtones.


Pour la deuxième année consécutive, la pandémie de Covid-19 n'a pas permis aux peuples indigènes de se réunir à Brasilia pour la plus grande mobilisation du mouvement, l'Acampamento Terra Livre (ATL). Mais l'avril indigène, et l'ATL 2021 elle-même, se poursuivent virtuellement, occupant les réseaux et démarquant les écrans. Sônia Guajajara, coordinatrice exécutive de l'Articulation des peuples indigènes du Brésil (Apib), résume bien le moment : "Nous ne pouvons pas nous éloigner de la lutte pour nos droits."

En fait, la trajectoire de Soninha, comme on l'appelle affectueusement, a toujours été une trajectoire de lutte. "Je suis née militante", a-t-elle déclaré à Brasil De Fato. "Tout le temps, je voulais trouver un moyen de faire connaître cette histoire et cette vie des peuples indigènes à la société." Elle est diplômée en littérature et en soins infirmiers et a travaillé pendant de nombreuses années dans ces deux domaines. Mais en 2001, elle a participé à sa première réunion nationale indigène et a compris que sa mission serait de se consacrer à la lutte collective des peuples originels.

Sonia a débuté dans la Coordination des Articulations des Peuples Indigènes du Maranhão (COAPIMA), où elle a contribué à donner plus d'élan au mouvement indigène dans l'état. Elle est ensuite passée à la vice-coordination de la Coordination des peuples indigènes de l'Amazonie (Coiab) et, à la fin de son mandat de quatre ans, a été élue à la coordination de l'Apib. Aujourd'hui, elle est peut-être la femme leader nationale et internationale la plus éminente, et elle ne ménage pas ses efforts pour garantir des droits durement acquis et amplifier les voix et les visions des peuples autochtones.

"Nous sommes ici pour faire la différence et montrer la Terre comme la Terre Mère, ce bien sacré, qui a besoin de soins, qui donne la subsistance et garantit la vie", a-t-elle déclaré à Instituto Escolhas. "Le défi ne fait que croître et maintenant, c'est comme si nous retournions à nouveau au début, pour reprendre la lutte pour la démarcation des territoires, qui, pour nous, est la bannière majeure et principale de la lutte des peuples autochtones".

En près de deux décennies de mobilisation, Sonia a pris son envol, assumé des positions importantes et contribué à renforcer la présence féminine dans le mouvement indigène et dans d'autres espaces. Aujourd'hui, comme elle aime à le rappeler, elle voit de nombreuses autres compagnes féminines diriger des associations indigènes et même travailler dans la politique des partis. Lors des dernières élections présidentielles, Sonia était candidate à la vice-présidence pour Guilherme Boulos (PSOL). "Je n'ai aucun doute sur le fait que le résultat politique de ma candidature a motivé et ouvert de nombreuses voies pour que d'autres femmes se présentent", a-t-elle déclaré au journal O Globo à propos des élections de 2018.

"Nous sommes ici pour démarquer notre territoire, notre espace de parole, notre participation en tant que femme guerrière. Notre voix doit résonner dans le monde entier", a-t-elle prévenu dans un discours prononcé lors de la première marche des femmes autochtones. Toujours aux côtés de ses compagnes, les femmes de la terre, des eaux et des forêts, Soninha a participé à la fondation d'ANMIGA, l'Articulation nationale des femmes indigènes - Guerrières de l'ancestralité, qui réunit les connaissances, les traditions et les luttes des femmes indigènes de tout le pays.

"Nous n'abandonnerons pas", a-t-elle souligné à Agência Pública. "Il n'y a pas d'autre moyen pour nous de rester en vie, pour nous de continuer à exister, si ce n'est par la lutte."

#ElasQueLutam est la série Instagram de l'ISA sur les femmes indigènes, riveraines et quilombolas et ce qui les touche ! Suivre sur @socioambiental

traduction carolita d'un article paru sur le site de l'ISA le 20 avril 2021

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