Madalena Caramuru, la première femme alphabétisée du Brésil

Publié le 19 Mars 2021

Madalena Caramuru

Tupinambá

XVIe siècle

Madalena Caramuru est considérée comme la première femme alphabétisée du Brésil.
Sa mère, Moema Paraguaçu, était native Tupinambá, son père Diogo Álvares Corrêa ("Caramuru") était un naufragé portugais qui est arrivé sur la côte de Bahia vers 1510 et a passé le reste de sa vie avec les Tupinambás.

En 1534, elle épouse le Portugais Afonso Rodriguez, qui est responsable de son alphabétisation.

Le 26 mars 1561, elle a écrit de sa propre main une lettre au prêtre Manuel da Nóbrega, alors chef de la première mission jésuite envoyée au Brésil.

Elle y dénonce les excès de l'esclavage, tant par les trafiquants que par le traitement indigne des enfants. Elle a également demandé des possibilités d'alphabétisation pour les femmes.

Nóbrega a porté la demande devant le tribunal portugais, en utilisant la lettre de Madalena pour tenter de les convaincre. La reine Catarina a rejeté la demande, la qualifiant d'audacieuse et de dangereuse.

La lettre n'a jamais été retrouvée, mais son existence a été confirmée par des historiens tels que Gastão Penalva et Francisco Varnhagen.

 

Le 14 novembre 2001, la Poste brésilienne émet un timbre en l'honneur de Madalena Caramuru.
Il fait allusion à la lutte pour l'alphabétisation des femmes au Brésil. Au centre de la pièce, une jeune femme aux traits indigènes habillée de vêtements européens symbolise le processus de métissage. Dans sa main droite, elle tient un stylo, à l'arrière-plan se trouvent des exemples de la flore brésilienne (papaye, noix de cajou et noix de coco) et un manuscrit.
 

Diogo Álvares Corrêa ("Caramuru")

Portugais, père de Madalena. Il est arrivé sur la côte de Bahia en 1510 comme naufragé d'un navire français. Il est bien accueilli par les Tupinambás avec lesquels il passera le reste de sa vie. Il a facilité le contact des voyageurs européens avec les peuples indigènes du Brésil. Il a été enterré au Collège des Jésuites.

Image : Œuvre de Tito Weidinger Batista (1900).
Instituto Geográfico e Histórico da Bahia.

traduction carolita du site Pueblo originarios.com

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