Guaitipán (La Gaitana), symbole de la résistance indigène en Colombie

Publié le 21 Mars 2021

Guaitipán (La Gaitana)

Yalcon

XVIe siècle

Monument à Timaná, Huila.

 

Appelée Gaitana par les espagnols, elle a laissé un héritage révolutionnaire aux communautés avec lesquelles elle a lutté contre les conquérants. Elle est aujourd'hui un symbole de la résistance indigène en Colombie.
Guaitipán était cacique des Yalcones dans le territoire de Timaná lorsque Pedro de Añasco fut chargé par Sebastián de Benalcázar de fonder une ville qui servirait de lien entre les vallées de Popayán (où il avait fondé Popayán et Cali) et du Magdalena. En 1538, Añasco fonde Gaucacallo (appelé plus tard Timaná), dans les domaines du cacique Pigoanza et commence à appeler les chefs indigènes de la région pour leur imposer un tribut et des encomiendas.

     Dans le petit village que Gaitana gouvernait avec son fils, ce dernier était cité pour être un homme. Montrant son rejet d'Añasco, le jeune homme n'a pas assisté à la réunion. Il a été capturé et brûlé vif en présence de sa mère. Semant la terreur, ils cherchent à soumettre les peuples indigènes de la région, mais le résultat est inverse : plusieurs communautés se rebellent contre les colonisateurs.

La Gaitana réunit plus de 6 000 guerriers pour attaquer Pedro de Añasco alors qu'il patrouillait dans la région avec un détachement de 20 hommes. 16 d'entre eux ont été tués, 3 ont réussi à fuir vers Timaná et Añasco a été livré vivant à La Gaitana.

Gaitana lui arracha les yeux avec la pointe d'une flèche, l'attacha avec une corde et le traîna de ville en ville, puis lui coupa les membres et enfin lui trancha la gorge, présentant sa tête comme un trophée de guerre et un symbole de victoire.

Sa vengeance accomplie, Gaitana ne cessa pas pour autant de lutter contre les envahisseurs. Elle invita tous les caciques, en particulier Pigoanza, le principal caciquedes Yalcones, à unir leurs forces pour les expulser.

Ils ont réussi à retarder l'installation des espagnols dans le sud des Andes colombiennes pendant plusieurs décennies jusqu'à ce qu'ils soient trahis par le cacique indigène Imando, allié des espagnols, qui a informé ces derniers de l'embuscade préparée par les indigènes. Francisco Tobar, qui avait été laissé aux commandes des espagnols, a élaboré le plan "Punition pour l'insolence des Indiens", basé sur la torture et la mort pour apaiser les Indiens rassemblés et se soulever contre le régime de la Couronne espagnole. Après la trahison envers Guaitipán, la résistance indigène du milieu du XVIe siècle s'est estompée et la piste de La Gaitana a été perdue.

  https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Monumento_la_Gaitana_de_Neiva_Huila_Colombia.jpg
Monument à la Gaitana. Neiva, Huila.

 

Œuvre du sculpteur Rodrigo Arenas Betancourt (Colombie, 1919 -1995). Le monument en bronze repose sur trois piliers en fer peints en jaune. Il a été inauguré le 4 août 1974.

Il représente la bataille des indigènes contre les conquérants espagnols. En haut, un guerrier yalcon masqué comme un aigle tire des flèches sur deux chevaux espagnols et un centaure ; au centre, Pedro de Añasco, les orbites vides, est traîné par Gaitana avec une corde. Pour montrer les personnalités contrastées de Gaitana, Betancourt l'a sculptée avec un visage maternel et compatissant mais habillée d'un jaguar au fond.

Selon le sculpteur, "ce monument a une symbolique multiple : la rébellion contre l'oppression étrangère, la confrontation entre le monde presque végétal et purement animal de La Gaitana et de son guerrier et la civilisation européenne symbolisée par un homme fait presque entièrement de fer. Añasco et le Centaure, fruit du métissage, qui tombe en portant dans sa main la croix et l'épée".

Monument en pierre "La Cacica Gaitana".

Auteurs : Salvador Ricardo et Lucía Meza.

Situé à Suba, dans la zone nord de Bogota. Inauguré le 3 août 1991.

La Gaitana, avec une figure frappante : dans sa main gauche, elle tient la tête de Pedro de Añasco, qui a assassiné l'un de ses fils, et dans sa main droite, un morceau de lance qu'elle brandit de manière menaçante, en signe de sa rébellion.

traduction carolita du site Pueblos originarios.com

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