Brésil : #ElasQueLutam : Alessandra Munduruku, la force féminine contre la destruction du territoire !

Publié le 24 Mars 2021

Lundi 22 mars 2021


Parmi tant de leaders masculins, elles ont brisé les barrières et sont devenues l'une des principales voix de la lutte indigène. Suivez la série Instagram de l'ISA sur les femmes quilombolas, indigènes et riveraines.

Qui voit Alessandra Munduruku aujourd'hui, peut difficilement imaginer qu'elle était autrefois timide et tranquille. Toujours en mouvement pour la survie de son peuple, elle semble ne jamais s'effacer ou reculer. Mais c'est en voyant son territoire envahi et détruit par de grandes entreprises qu'elle a commencé à s'exprimer, à participer à des débats politiques et à apparaître comme l'une des protagonistes de la résistance indigène au Brésil.

Alessandra Korap Munduruku a une histoire de lutte pour les droits des indigènes.

"On nous a souvent dit que nous, les femmes, n'étions pas capables, que nous ne pouvions pas être dans le combat, que nous ne pouvions pas continuer à parler. Mais soudain, nous nous sommes dit : les femmes ont du courage", dit-elle à InfoAmazônia.

Il n'y a plus l'ombre d'une timidité. Alessandra a été la première femme à présider l'association indigène Pariri, qui représente plus de dix villages dans le Milieu Tapajós. En 2019, elle s'est adressée à plus de 270 000 personnes à la porte de Brandebourg, à Berlin, et en 2020, elle a reçu le prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme, une reconnaissance de sa force et de son courage pour protéger son territoire et défendre les droits.

Elle était récemment à Brasilia pour exiger le respect de la consultation libre, préalable et informée dans le processus de concession de Ferrogrão, actuellement bloqué par les tribunaux. "Il ne sert à rien d'organiser une audience publique en ayant tout préparé, en souhaitant que les gens ne disent que oui", explique-t-elle à Mongabay. "Et tout le monde a une voix, même les enfants."

Mais cette notoriété ne s'est pas faite sans menaces. Sous les feux des projecteurs, Alessandra a fini par attirer également l'attention de ceux qui ne lui veulent pas du bien : en 2019, ils se sont introduits dans sa maison de Santarem et ont emporté des documents, des dossiers et une carte mémoire. "J'avais assez peur au début, mais je devais continuer", raconte-t-elle à Portal Catarinas. "Ils n'ont pas pu me tuer à l'époque ; ce n'est pas maintenant qu'ils vont me faire taire.

"Nous avons besoin de la forêt, nous devons préserver le territoire pour nos enfants, pour nos petits-enfants ou arrière-arrière-petits-enfants", commente-t-elle à Brasil de Fato. "Nous résisterons pour rester en vie."

#ElasQueLutam est la nouvelle série Instagram de l'ISA sur les femmes quilombolas, indigènes et riveraines et ce qui les touche. De nouveaux articles tous les quinze jours. Ne les manquez pas !

traduction carolita d'un article paru sur le site de l'ISA le 22/03/2021

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