Mexique - Action urgente. Dénonciation des agressions et détentions arbitraires contre des membres du Congrès National Indigène à Ocosingo, Chiapas.

Publié le 16 Février 2021

15 FÉVRIER 2021

Ocosingo, Chiapas, Mexique.

15 février 2021

Au peuple mexicain 

Aux organisations de défense des droits de l'homme

Aux médias

Au Congrès National Indigène et à son Conseil Indigène de Gouvernement 

À l'Armée zapatiste de libération nationale 

Nous, compañeros en résistance JOSÉ ESPINOZA GÓMEZ, JOSÉ ALFREDO ESPIOZA PÉREZ, JUAN ESPINOZA PÉREZ, MARIO ESPINOZA PÉREZ, CARLOS HERNANDEZ MÉNDEZ, JUAN RAMON GUTIÉRREZ ESPINOZA ET MIGUEL ESPINOZA HERNÁNDEZ, des rancherías Jolmuc'ulha et Taquinton, appartenant à l'ejido Peña Limonar, municipalité d'Ocosingo, Chiapas, et membres du Congrès national indigène. Nous dénonçons énergiquement la détention arbitraire et injuste de nos compañeros Fernando Espinoza Pérez et Baldemar Espinoza Pérez, injustement emprisonnés dans la prison 16 d'Ocosingo, pris en charge par les autorités éjidales, suite aux événements qui ont eu lieu le 10 février dernier, Lorsque nos compañeros mentionnés ci-dessus, avec Miguel Espinoza Hernández, ont quitté l'ejido de Tumbo, municipalité d'Ocosingo, en direction de la ville de Palenque dans un camion Nissan chargé de 25 paquets de café biologique à vendre, au carrefour de la Peña Limonar, un groupe de cinquante personnes portant des armes à feu, des bâtons et des machettes, dirigé par Manuel López Gutiérrez, leur a barré la route, Juan Gutiérrez Cruz, Narciso Gutiérrez Pérez et Pedro Hernández Jiménez, président du commissariat, du conseil de vigilance, secrétaire du commissariat et agent auxiliaire municipal, à l'aide d'une planche avec des clous qu'ils ont mis en travers de la route, ils les ont obligés à arrêter le véhicule dans lequel ils voyageaient, et avec violence et abus d'autorité ils ont été menottés, Ils ont été emmenés à l'ejido Peña Limonar, où ils ont été violemment agressés par la police rurale, qui a abusé de leur pouvoir et leur a pris leur café, leur argent et leurs biens. Ils ont ensuite été envoyés à la prison municipale d'Ocosingo, où ils se trouvent actuellement dans des conditions précaires. 

Cet acte de violation totale des droits de l'homme n'est pas un acte isolé, il est la conséquence d'une guerre constante et ininterrompue de faible intensité contre les communautés en résistance qui se poursuit depuis 1994, puisque cette agression s'inscrit dans une série de violations des droits de l'homme, de détentions injustes, d'attaques armées contre nos maisons, d'abattages illégaux, de vols de bois, de raids armés contre nos travailleurs et d'incursions armées dans nos maisons, les incursions armées sur nos sites de travail, avec l'action et la protection des autorités ejidales, qui depuis plus de dix ans ont perturbé la paix et la vie communautaire collective. Ces actions reflètent évidemment une aggravation des conflits et des hostilités envers les communautés zapatistes et le Congrès National Indigène, qui vont dans le sens de la dépossession de notre territoire. 

Face à ce scénario de violence, nous nous manifestons et tenons les trois niveaux des mauvais gouvernements responsables de l'intégrité physique et psychologique de nos compagnons emprisonnés, ainsi que de celle de leurs familles et de ceux d'entre nous qui font partie de l'organisation.

Nous demandons la libération immédiate de nos compagnons, la réparation des dommages causés, ainsi que l'enquête et la sanction des responsables des abus et des injustices commises.

QUE CESSE LE HARCÈLEMENT ET LES AGRESSIONS DANS LES TERRITOIRES INDIGÈNES !

LA TERRE APPARTIENT À CEUX QUI LA TRAVAILLENT !

PLUS JAMAIS UN MEXIQUE SANS NOUS !

Traduction carolita d'un communiqué paru sur le site du CNI le 15/02/2021

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