Pérou : Il y a un monde meilleur si nous apprenons à dialoguer avec les plantes

Publié le 16 Janvier 2021

Servindi, 15 janvier 2021 : "Il y a un monde meilleur si tu vois avec ton cœur, il y a un monde meilleur si nous apprenons à parler avec les plantes" est le message que les enfants chantent dans la dernière production de Radio Ucamara.

Le clip a été soutenu par le concours INNOVATE PERU, parrainé par le ministère de la production, qui a soutenu les initiatives de communication pendant l'urgence sanitaire.

La production est appelée "MADRES" en référence aux plantes et à leur pouvoir qui se révèlent devant nous pour ne pas nous laisser orphelins dans les moments où la mort et la maladie nous surprennent. 

MADRES parce que les mères n'abandonnent jamais leurs enfants. 

"Elles nous ont protégés, elles nous ont répondu. Elles sont venues dans nos maisons, main dans la main avec la sagesse de nos grands-mères, de nos aînés, pour nous purifier intérieurement, nous guérir, nous soigner et nous protéger", explique Radio Ucamara.

"Au plus profond de nos familles, de nos communautés, nous avons préparé notre thé à l'ail sacha, au pamplemousse, notre cordoncillo. Avec elles, le mal nous a trouvé un système inmonologique fort, capable de l'affronter, dans l'indifférence d'un système de santé absent et tardif". 

"Les plantes médicinales ont été la réponse que nous, peuples indigènes, avons donnée à nos propres communautés et au monde, leur réponse correcte et aimante en même temps qu'elle dénonçait l'urgence d'un véritable modèle interculturel de santé qui valorise et respecte la sagesse de notre peuple, notre mémoire, notre histoire".

"Nous, les peuples, nous le ressentons. Les mères des plantes se révèlent à nous, leur esprit nous abrite et nous soigne, leur force reste quand nous en avons le plus besoin". 

"Elles viennent à nous en rêve, elles nous guident, elles nous avertissent" et ce savoir continue à être transmis de génération en génération. "Les rêves restent l'espace sacré de la rencontre."

"Et donc, elles nous demandent le respect, la réciprocité, la justice. Guérir, soigner, ce n'est pas le corps, c'est l'âme, c'est la société, c'est le territoire. S'exploiter mutuellement, piller notre terre, c'est la mort".

"Les plantes médicinales ont été le signe de vie, de résistance et d'espoir de nos peuples qui, au milieu de tant de pandémies, résistent pour ne pas disparaître", conclut Radio Ucamara.

A propos de Radio Ucamara

Radio Ucamara est une station de radio communautaire, située à Nauta au sud d'Iquitos (Loreto), qui est née dans le but de récupérer la langue, la culture et l'identité du peuple Kukama.

Elle a été fondée sous l'impulsion et la direction du communicateur indigène Leonardo Tello Imaina et se distingue par ses puissantes actions radiophoniques et communautaires, avec la participation d'enfants, d'adolescents et de personnes âgées.

Ils se sont fait un nom avec la vidéo Kumbarikira, qui est devenue virale sur les réseaux, et depuis lors, ils créent des produits musicaux audiovisuels à fort impact dans lesquels convergent les rêves, les histoires, les connaissances et le langage qui menaçait de disparaître.

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le 15/01/2021

Traduction du texte de la vidéo

Les mères n'abandonnent jamais leurs enfants. Dans un monde où tous les êtres sont des personnes, les plantes et leur pouvoir se sont révélés à nous pour ne pas nous laisser orphelins à une époque où la mort et la maladie nous ont surpris. 
"Elles nous ont protégées, elles nous ont répondu", elles sont entrées dans nos maisons, main dans la main avec la sagesse de nos grands-mères, de nos aînés, pour nous purifier intérieurement, pour nous guérir, pour nous soigner et pour nous protéger.
Dans le sein le plus intime de nos familles, de nos communautés, nous avons préparé notre thé à l'ail sacha, au pamplemousse, notre cordoncillo.  Avec elles, le mal nous a trouvé un système inmonologique fort, capable de l'affronter, au milieu de l'indifférence d'un système de santé absent et tardif.  Les plantes médicinales ont été la réponse que nous, peuples indigènes, avons donnée à nos propres communautés et au monde, leur réponse correcte et aimante en même temps qu'elle dénonçait l'urgence d'un véritable modèle interculturel de santé qui valorise et respecte la sagesse de notre peuple, notre mémoire, notre histoire.
La région de Loreto, au Pérou, est un cas très particulier en termes de niveau d'infection, la première région qui, dans la crise du coronavirus, a enregistré 0 décès dans la journée. Sa situation est en cours d'analyse, mais de nombreux experts parlent d'une immunité collective puisque plus de 70 % de la population a été infectée. Et c'est dans cette même région que la majorité de la population parle d'avoir été traitée avec de la médecine végétale.
Dans la dernière production de Radio Ucamara, avec le soutien du concours INNOVATE PERU, du ministère de la production qui a soutenu les initiatives de communication pendant l'urgence sanitaire, nous avons dialogué avec les enfants sur les plantes médicinales à l'époque du COVID19 , ces connaissances continuent à être transmises de génération en génération, les rêves continuent à être l'espace sacré de la rencontre.
Nous le sentons, les mères des plantes se révèlent à nous, leur esprit nous abrite et nous soigne, leur force reste quand nous en avons le plus besoin.  Elles viennent à nous en rêve, elles nous guident, elles nous avertissent. Et de la même manière, elles nous demandent le respect, la réciprocité, la justice. Guérir, soigner, ce n'est pas le corps, c'est l'âme, c'est la société, c'est le territoire. S'exploiter mutuellement, piller notre terre, c'est la mort.
Elles ont pris soin de nous et nous avons pris soin des nôtres. Les plantes médicinales ont été le signe de vie, de résistance et d'espoir de nos peuples qui, au milieu de tant de pandémies, résistent pour ne pas disparaître. 

Daniela Andrade
Radio Ucamara

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