Colombie/CRIC : La résistance au sein de la résistance

Publié le 26 Novembre 2020


25 novembre 2020 


LA RÉSISTANCE AU SEIN DE LA RÉSISTANCE

Aujourd'hui, nous nous réunissons sur le territoire de Bakatá, pour ratifier politiquement et culturellement notre maison de pensée nationale du CRIC. En tant que femmes du CRIC, nous accompagnons et entourons notre maison et nous mettons notre disposition et notre énergie pour que notre processus se poursuive dans la défense de la vie et du territoire.

Ensemble, nous prenons position et nous nous déclarons dans le cadre du 25 novembre "Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes", parce que nous sentons au fond de nos entrailles et de nos cœurs, la force de continuer à avancer avec notre organisation, mais nous exigeons que notre grande maison et l'État en tant que garant des droits de l'homme, reconnaissent la contribution et le travail des femmes indigènes pour continuer avec notre esprit de lutte avec force et hauteur, mais sans être violées.

Nous sommes envahies non seulement par l'indignation, mais aussi par l'impuissance des multiples formes de violence contre les femmes qui sont imposées sur les territoires, violence au niveau familial et communautaire, mais aussi violence provoquée par les différents acteurs armés qui violent non seulement l'harmonie avec la terre mère, mais aussi violent nos corps.

Pas ainsi compagnons et compagnes, pas ainsi, avec des territoires où les femmes versent des larmes de douleur et de peur, pas avec des territoires où les femmes baissent le regard parce qu'elles ont été humiliées au point de perdre l'éclat de leur regard, NON ! la lutte que nous portons en tant que peuples indigènes ne peut pas avancer tant que nous continuons à être violées de mille et une façons.

Aujourd'hui, 25 novembre 2020, nous célébrons nos progrès en tant qu'organisation et aussi en tant que femmes indigènes, nous commémorons toutes celles qui nous ont été enlevées par le colonialisme, le racisme, le capitalisme, le machisme et le patriarcat, pour Cristina Bautista qui germe en chacune de nous, pour Efigenia Velasquez qui communique depuis un autre espace l'urgence de notre liberté ! pour Rosa Elena Toconas qui, avec la force d'une femme, continue à chanter comme une fille du Cauca, plus forte que jamais, ... pour elles et pour tant d'autres que nous n'avons pas encore mentionnées mais qui nous habitent aujourd'hui, pour elles nous élevons nos voix sans crainte.

Mais nous ne parlons pas seulement au nom de celles qui ne sont plus là, mais au nom de toutes celles qui continuent à être réduites au silence par la peur, de toutes celles qui vivent dans les endroits les plus éloignés et qui subissent la violence, et qui pourtant sourient, semant et prenant soin de la Terre mère de leurs mains, nous parlons et marchons pour que toutes les femmes qui habitent la terre puissent regarder dans leurs yeux sans que la douleur ne nous brûle le visage.

En tant que femmes indigènes, nous crions aujourd'hui, le 25 novembre, nous voulons être en vie, nous voulons être libres et sans peur, nous voulons avoir un cœur et un corps sains dont on prend soin avec estime de soi et dans l'harmonie de la communauté, nous crions aujourd'hui et toujours, SI ILS TOUCHENT A L'UNE, ILS TOUCHENT A TOUTES !

En tant que femmes au sein de l'organisation, nous marchons d'un pas ferme pour l'unité, la terre, la culture et l'autonomie, ratifiant qu'aucun de ces principes n'est possible avec la violence contre les femmes dans nos territoires. Si la violence contre nous marche main dans la main avec le processus, ce ne sera pas une véritable résistance, car la défense de la terre et du territoire commence avec chacun d'entre nous, afin de croire qu'il est possible de créer, de rêver et de lutter pour une vie en harmonie avec le territoire et en tant que peuple indigène.

 FEMMES INDIGÈNES DEBOUT POUR SE BATTRE, TOUJOURS JUSQU'À CE QUE LE SOLEIL S'ÉTEIGNE ET QUE LA LUNE ILLUMINE NOS VISAGES SOURIANTS PLEINS D'AMOUR ET DE FORCE POUR CONTINUER LE PROCESSUS, FEMMES INDIGÈNES POUR DES TERRITOIRES SAINS, LIBRES ET HARMONIEUX, FEMMES INDIGÈNES POUR DES MONDES OÙ BEAUCOUP DE MONDES S'EMBOÎTENT, FEMMES INDIGÈNES QUI DANSENT ENSEMBLE AU SON DES FLÛTES ET DES TAMBOURS QUI RENDENT NOS CŒURS HEUREUX ET NOUS RAPPELLENT QUE NOUS SOMMES DES FILLES DE LA TERRE, DES GUERRIÈRES MILLÉNAIRES ET DES DÉFENSEUSES DE LA VIE ET DU TERRITOIRE.

Traduction carolita d'un communiqué paru sur le site du CRIC le 25/11/2020

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Colombie, #Peuples originaires, #Droits des femmes, #Nasa paez, #CRIC

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