Mexique - Des Otomis reprennent l'INPI 528 ans après l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique

Publié le 12 Octobre 2020

Redacción Desinformémonos

Ville de México | Desinformémonos.

Les Otomis de México ont repris ce matin les installations de l'Institut national des peuples indigènes (INPI), situé sur l'avenue México Coyoacán, dans le cadre du 528e anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique.

Ils ont déclaré que l'INPI "ne représente pas les peuples originaires et les communautés indigènes du Mexique", ni ne "reconnaît" les peuples comme sujets de droit et "ne respecte ni ne reconnaît leur autonomie, leur autodétermination, dans leurs formes d'organisation, de politique et de droit ; ainsi que leur développement économique, social et culturel.

Ils ont également dénoncé que l'INPI "est au service des transnationales et du capital financier, pour légitimer la dépossession et l'exploitation des peuples dans le cadre de l'imposition de méga-projets de mort" tels que le Train Maya et le Corridor Transisthmique.

Les Otomis ont expliqué que la saisie est une réponse à la dépossession et aux violations des droits des peuples indigènes que les communautés ont endurées pendant plus de 500 ans.

"La prise de contrôle est pour la dignité de nos peuples", ont-ils ajouté.


La déclaration complète suit :

12 octobre, 528e année de Résistance et de Rébellion

Dans le cadre de la journée nationale de mobilisation pour la défense de la Terre Mère, contre la guerre contre l'EZLN, les peuples et communautés indigènes,

la communauté indigène Otomi, résidant au CDMX, dénonce :

528 ANS DE RÉSISTANCE ET DE RÉBELLION, NOUS CONTINUONS À ÊTRE TUÉS

PLUS DE PILLAGE, DE DISCRIMINATION ET DE MÉPRIS PAR

LE GOUVERNEMENT DE CLAUDIA SHEINBAUM ET LÓPEZ OBRADOR

Au CRIC CG EZLN

À l'Armée zapatiste de libération nationale

A la commission sexta de l'EZLN

Au Congrès National Indigène.

Au Conseil Indigène de Gouvernement et à sa porte-parole, María de Jesús Patricio Martínez

A la sexta nationale et internationale.

Aux réseaux de résistance et de rébellion en soutien au CIG

Aux médias, indépendants, alternatifs ou quel que soit leur nom

Aux Résistances et aux Rébellions qui, partout dans le monde, luttent contre le Capitalisme

Au peuple mexicain et au monde entier

Aux frères et sœurs

Qui se soucie qu'un petit, très petit, groupe indigène vive, c'est-à-dire se batte ?

Sous-commandant Insurgé Moisés.
Mexique, octobre 2020.

Nous, hommes, femmes, enfants et anciens, qui faisons partie de la communauté indigène Otomí, résidents de la ville de México, originaires de Santiago Mexquititán, Amealco Querétaro, et membres du Congrès National Indigène et du Conseil Indigène de Gouvernement indigène, CNI-CIG, dénonçons que, comme il y a 528 ans, nous continuons à être confrontés à la dépossession, à la discrimination, au racisme, au mépris, au meurtre, au déplacement et au génocide de nos peuples indigènes et de nos communautés indigènes ; 528 ans d'invasion de nos terres, de pillage et d'exploitation de nos richesses et ressources naturelles, de vol de notre identité, de notre culture, de notre langue et de nos traditions ; 528 ans et les mauvais gouvernements imposent une guerre anti-insurrectionnelle et la militarisation de nos peuples indigènes et de nos communautés indigènes, comme garantie du "développement" de méga-projets tels que le train maya, le corridor interocéanique, le projet intégral Morelos, l'aéroport international de Santa Lucia et la raffinerie de Dos Bocas.

À 528 ans, nous, les peuples indigènes et les communautés indigènes, disons à nos frères et sœurs de l'Armée zapatiste de libération nationale qu'ils ne sont pas seuls, que nous sommes avec eux dans la lutte contre le capitalisme et le patriarcat, que nous ne pouvons plus permettre aux mauvais gouvernements d'offrir la mort et la destruction en échange du "progrès" et de la "modernité" au profit du grand capital et des transnationales. C'est-à-dire les propriétaires du pouvoir et de l'argent.

POUR TOUT CE QUI PRÉCÈDE, NOUS FAISONS SAVOIR AU PEUPLE DU MEXIQUE ET AU MONDE ENTIER QUE LA COMMUNAUTÉ INDIGÈNE OTOMI RÉSIDANT AU CDMX A DÉCIDÉ DE PRENDRE L'INSTITUT NATIONAL DES PEUPLES INDIGÈNES, L'INPI, JUSQU'À CE QUE NOS DEMANDES SOIENT SATISFAITES.

À PARTIR DE CE MOMENT, "LA PRISE DE CONTRÔLE EST POUR LA DIGNITÉ DE NOS PEUPLES".

D'ABORD PARCE QUE L'INPI NE NOUS REPRÉSENTE PAS ET PARCE QU'IL NE REPRÉSENTE PAS LES PEUPLES ORIGINAIRES ET LES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES DU MEXIQUE.

DEUXIÈMEMENT, PARCE QU'IL NE "DÉFINIT, NE CONÇOIT NI NE PROMEUT DES POLITIQUES, DES PROGRAMMES, DES PROJETS ET DES ACTIONS PUBLIQUES QUI GARANTISSENT LES DROITS DES PEUPLES ORIGINAIRES ET DES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES", COMME LE STIPULE LA CONSTITUTION POLITIQUE DES ÉTATS UNIS DU MEXIQUE.

TROISIÈMEMENT, PARCE QU'IL NE RECONNAÎT PAS LES PEUPLES ORIGINAIRES ET LES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES COMME "SUJETS DE DROIT PUBLIC" ET PARCE QU'IL NE RESPECTE NI NE RECONNAÎT LEUR AUTONOMIE, LEUR AUTODÉTERMINATION, DANS LEURS FORMES D'ORGANISATION, DE POLITIQUE ET DE DROIT, AINSI QUE LEUR DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, SOCIAL ET CULTUREL, TEL QU'IL EST ÉTABLI PAR LA LÉGISLATION NATIONALE ET LES ACCORDS INTERNATIONAUX QUE LE MEXIQUE A SIGNÉS.

QUATRIÈMEMENT, PARCE QUE L'INPI EST UN ÉLÉPHANT BLANC, QUI EST AU SERVICE DES TRANSNATIONALES ET DU CAPITAL FINANCIER, POUR LÉGITIMER LE PILLAGE ET L'EXPLOITATION DES PEUPLES DANS LE CADRE DE L'IMPOSITION DES MÉGA PROJETS DE MORT, TELS QUE LE TRAIN MAYA, LE CORRIDOR INTEROCÉANIQUE, LE PROJET INTÉGRAL MORELOS, LA RAFFINERIE DOS BOCAS ET LE NOUVEL AÉROPORT INTERNATIONAL DE SANTA LUCIA.

CINQUIÈMEMENT, NOUS AVONS DÉCIDÉ DE PRENDRE L'INPI, ÉGALEMENT COMME UN ACTE DE RÉPUDIATION DES ATTAQUES PARAMILITAIRES ET DE LA GUERRE ANTI-INSURRECTIONNELLE CONTRE L'ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE, EZLN, ET LES COMMUNAUTÉS ZAPATISTES ; DE MÊME, CONTRE LA GUERRE ET LES MEURTRES QUI SONT COMMIS CONTRE LES PEUPLES INDIGÈNES ET LES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES APPARTENANT AU CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE ET AU CONSEIL INDIGENE DE GOUVERNEMENT, QUI S'OPPOSENT À L'IMPOSITION DES MÉGA-PROJETS ET LUTTENT POUR LA VIE ET POUR LA DÉFENSE DE LA TERRE MÈRE.

SIXIÈMEMENT, NOUS APPELONS LES PEUPLES INDIGÈNES ET LES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES À SE JOINDRE À CETTE "PRISE DE POUVOIR POUR LA DIGNITÉ DE NOS PEUPLES" ET À FAIRE DE CET ESPACE UN POINT DE RENCONTRE ET DE DIALOGUE AFIN QUE NOUS NE NOUS CONNAISSIONS PAS SEULS ET QUE NOUS MARCHIONS ENSEMBLE DANS LA LUTTE DIGNE DE NOS FRÈRES ET SŒURS DU CNI-CIG ET DE NOS FRÈRES ET SŒURS DE L'EZLN, CAR ILS NE SONT PAS SEULS, NOUS SOMMES AVEC EUX DANS LA LUTTE CONTRE LE CAPITALISME ET LE PATRIARCAT.

SEPTIÈMEMENT, NOUS APPELONS LES ORGANISATIONS DE SOLIDARITÉ, LES RÉSEAUX DE RÉSISTANCE ET DE RÉBELLION, LES ADHÉRENTS A LA SEXTA ET LES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES À ÉLEVER UN CAMP DE SOLIDARITÉ AVEC NOTRE LUTTE, QUI EST AUSSI UNE LUTTE POUR LA DÉFENSE DE LA TERRE MÈRE ET POUR LA VIE.

À 528 ANS, NOUS VOICI, RÉSISTANT ET S'ORGANISANT CONTRE UNE "TRANSFORMATION" QUI SIGNIFIE DÉPOSSESSION, EXPLOITATION, RÉPRESSION ET MÉPRIS, AINSI QU'OUBLI ET DISCRIMINATION, POUR NOS PEUPLES.

Pour plus d'informations, sur la "Prise de contrôle pour la dignité de nos peuples", le séjour et les revendications de la communauté indigène Otomi, nous demandons une conférence de presse à la porte principale de l'INPI, pour ce lundi 12 octobre à 12h00.

Cordialement

Zapata vit, le combat continue

Samir vit, le combat continue

Plus jamais un Mexique sans nous

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples

528 ans de résistance et de défi et nous continuons

Nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas, nous ne clamons pas

Communauté indigène Otomi résidant dans le CDMX.

México, lundi 12 octobre 2020

traduction carolita d'un communiqué paru sur Desinformémonos le 12/10/2020

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