Comment se déroule l'accord d'Escazú en Amérique latine ?

Publié le 22 Juillet 2020

Bien qu'il soit le promoteur et l'auteur du document, le Chili est réticent à ratifier l'accord d'Escazú sous l'administration de Sebastián Piñera. De même, Jair Bolsonaro et Iván Duque, respectivement au Brésil et en Colombie, ignorent ce traité dans leur programme. En Équateur et en Argentine, le confinement a mis fin à la discussion parlementaire de cet accord et au Mexique, le ministère des finances résiste à sa signature. Cet accord environnemental va-t-il se concrétiser ?

Par José Díaz

Servindi, 20 juillet 2020 - Ces derniers jours, l'accord d'Escazú est devenu un sujet de débat dans l'arène publique péruvienne en raison d'un secteur de la droite et du monde des affaires qui accusent ce traité de politiques environnementales qui violent la législation nationale. Cependant, le Pérou n'est pas le seul pays d'Amérique latine où la ratification de ce document a été remise en question. Quelle est la situation dans la région ?

Le cas le plus problématique est celui du Chili. Sous l'administration de Michelle Bachelet, ce pays a été l'un des principaux promoteurs de l'élaboration et de la signature de l'accord d'Escazú, dès 2015. Avec le changement d'administration à droite avec Sebastián Piñera, le Chili a été réticent à signer l'accord d'Escazú depuis 2018.

Le prétexte donné par Sebastián Piñera est que l'accès à l'information qu'implique cet accord viole l'autonomie juridique de son pays. Les critiques n'ont pas cessé à son encontre, lui qui a même résisté à la signature du traité dans les mois précédant l'organisation par le Chili de la Conférence des parties sur le changement climatique (COP25) fin 2019, qui s'est finalement tenue à Madrid.

En Colombie, la situation est plus ou moins similaire. Le président Iván Duque, un homme politique de droite et un allié régional de Donald Trump, a ignoré l'accord d'Escazú dans son programme, qui est imprégné de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Toutefois, le récent assassinat de dirigeants indigènes et de militants écologistes a remis la question sur le tapis.

Ce week-end, le procureur général de Colombie, Fernando Carrillo Flórez, a envoyé une lettre au président de la Colombie l'exhortant à signer l'accord d'Escazú afin de fournir une protection juridique aux défenseurs de l'environnement dans son pays.

Résistance et suspension

Les mesures de restriction sociale imposées dans plusieurs pays d'Amérique latine, où en outre le taux de contagion est en hausse, ont interrompu le processus d'approbation de l'accord d'Escazú dans certains pays. Par exemple, en Argentine et en Équateur, il n'y a pas de résistance politique à la ratification de cette mesure, mais elle est en cours de débat dans leurs parlements respectifs, où les sessions ont été interrompues depuis le début de l'internement en mars.

Au Mexique, le projet de loi visant à approuver la ratification n'est pas encore parvenu au parlement, malgré l'appui apparent du président Andrés M. López Obrador. Selon les médias de Mongabay, le flux de ce document stagnerait au ministère des finances, qui n'a pas fourni d'explication supplémentaire jusqu'à présent.

Au Brésil, la question est délibérément bloquée par un président qui ne croit pas à la nécessité de renforcer les politiques environnementales dans son pays. Bien qu'il ait été initialement signé sous l'administration de Michel Temer, le gouvernement de Jair Bolsonaro a non seulement ignoré la signature de ce traité, mais a également encouragé le développement des activités extractives dans l'une des régions que cet accord est censé protéger : l'Amazonie.

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le20/07/2020

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Environnement, #Accord d'Escazu, #Pérou

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