Mexique : Le peuple Opata (Tehuima)

Publié le 25 Juin 2020

Peuple autochtone du Mexique composé de 3 peuples indigènes qui représentent aujourd’hui une entité unique distincte même si leur culture est similaire à celle des non –indigènes de la région du Sonora.

Lors du premier contact avec les explorateurs espagnols au XVIe siècle, le peuple Opata était le peuple le plus nombreux du Sonora.

Aujourd’hui certaines personnes continuent à s’identifier comme Opatas et s’emploient à restaurer certains aspects de la culture préhispanique Opata et à revitaliser leur identité.

Population : chiffre non connu.

Langue : ópata de la famille des langues uto-aztèques, branche cahita. En voie d’extinction, il ne restait que 12 locuteurs en 1990.

Localisation

 

Ils vivent dans les contreforts occidentaux de la Sierra Madre occidentale dans l’état mexicain de Sonora entre Hermosillo et la frontière avec l’état de Chihuahua. Les villages qui représentent le lieux la trace de l’ascendance directe ópata sont Pívipa, Terapa, Tépupe, Guayacora, Turuachi, Wachierieno.

Il existe aussi des survivants d’un petit groupe indigène les Jova, dispersés dans la région opata.

Les terres qu’occupent les Opata sont variées et vont des plaines semi-arides de 400 à 500 mètres d’altitude à des régions plus élevées allant jusqu’à 2000 mètres d’altitude.

Les groupes constituant le peuple Opata

 

image

Le groupe le plus important identifié par les espagnols au XVIIe siècle est celui des Eudeve (eh-oo-deh-veh) dont les anciens villages et les villes actuelles se trouvent dans les parties occidentales du territoire traditionnel ópata. Eux-mêmes se référaient également aux Deve. Ces deux noms signifient « personnes » dans leur langue.

Le deuxième groupe le plus important était celui connu comme Ore mais qui s’est fait appeler par la suite Tegüima ou Tehuima (teh-wee-mah). Leurs anciens villages et villes ctuelles englobent la partie nord-est et centrale du territoire ópata. Tehuima = gens de la rivière.

Le plus petit groupe ópata est les Ova ou Jova (ho-vah) = gens de l’eau. Il habitait à l’origine 8 villages de la partie sud-est du territoire ópata et certains vivaient dans le Chihuahua. Ce peuple était indépendant et il est resté non soumis aux espagnols jusqu’en 1678. Au XVIIIe siècle ils commencent à se marier avec les voisins Eudeves et se fondent dans ce groupe de personnes. A ce moment-là ils ne pouvaient plus être identifiés aux groupes ethniques autochtones distincts.

Aujourd’hui il ne reste plus d’Opata de sang pur connu mais les descendants métis constituent toujours la population majoritaire du territoire traditionnel ópata. De nombreux descendants ópata résident dans d’autres parties du Sonora, à México DF, dans le sud-ouest des EU en Arizona principalement où leurs ancêtres ont migré pour travailler dans l’agriculture et l’exploitation minière.

Delfina Atondo in front of her home at the village of Tuape in Sonora, Mexico - Opata - 1922

Francisca Ocuna in front of her home at the village of Tuape in Sonora, Mexico - Opata - 1924

Histoire

Les Opata étaient réduits à environ 5000 personnes en 1750 en raison des épidémies de contact et des guerres avec les Apaches. Hinton a estimé en 1959 qu’ils étaient entre 500 et 600 personnes.

Ils étaient agriculteurs sédentaires au moment de la première intrusion espagnole en 1540. Les Jova, eux, étaient cueilleurs.

En 1565 les Opata résistent fortement à l’expédition des explorateurs espagnols de Francisco Ibarra et pendant 60 ans, ils résistent par la suite. Les espagnols ne tentent plus pendant ce temps à conquérir l’Opatería.

En 1628 est construite la mission jésuite, il y a apparemment peu d’opposition aux tentaves d’évangélisation.

La tension entre les espagnols, les mexicains et les Opatas s’est manifestée par de nombreuses récoltes au XIXe siècle.

En 1820, 300 guerriers opata ont vaincu une force espagnole de 1000 soldats et détruit une ville minière près de Tonichi.

Plus tard ils remportent une bataille à Arivachi tuant 30 soldats. Une force espagnole de 2000 soldats a finalement vaincu les ópata forçant les survivants à se rendre. Les espagnols ont exécute les dirigeants ópata dont Dorame un Eudeve dont le nom de famille est encore courant dans la région de l’Opatería du Sonora. Une autre leader ópata Dolores Gutiérrez a été exécutée en 1833 par les mexicains pour son implication dans une révolte.

En 1825 ils rejoignent les peuples Yaquí et Mayo dans les batailles contre les forces de la république nouvellement formée.

Luis Estrada at the village of Tuape in Sonora, Mexico - Opata - 1922

De même ils rejoignent les espagnols dans les campagnes contre leurs ennemis Apaches.

Même si les Opata ont une réputation formidable en tant que guerriers ils n’ont jamais pu s’unir en tant que peuple unique pour s’opposer aux espagnols et aux mexicains.

Ils ont connu également des batailles féroces contre les Apaches qui ont causé un lourd tribut aux Opata.

La plupart des Opata ont soutenu les français pendant leur brève domination du Mexique de 1864 à 1867 comme la plupart des indigènes du Sonora. Un Opata, refugio Tanori est devenu général dans les forces militaires soutenant le régime impérial de Maximilien 1er.

Le châtiment des mexicains contre les Opata après la défaite de l’occupant français a entraîné la perte de presque toutes leurs terres restantes et la fin de la résistance à la domination mexicaine.

Leur habitat

Juanita Mungaray in the dkitchen area of her home in the village of Tuape in Sonora, Mexico - Opata - 1922

Des preuves archéologiques démontrent qu’au début du XVIe siècle ils vivaient dans deux types de maisons :

  • De grandes habitations semi-souterraines circulaires ou rectangulaires
  • Des maisons en pisé.

Aujourd’hui ils construisent deux types de maisons : l’une rectangulaires avec des fondations en pierre, des murs en pisé et un toit plat.

L’autre avec des morceaux de bois remplis d’argile.

La cuisine est séparée.

Un jardin de fleurs clôturé et des corrals pour les animaux se trouvent près des maisons.

Leurs ressources

La chasse était pratiquée avec des arcs et des flèches, le gibier comprenait les cerfs, les lapins.

La pêche était réalisée au filet et au harpon.

La plupart des terres agricoles sont privées mais il y a aussi des ejidos.

Ils cultivent le maïs, les haricots, le blé. Certains cultivent des poignons, des piments, de l’ail, du tabac, des pastèques, des agrumes. Ils récoltent des quelites (plantes terrestres comestibles avec des feuilles charnues comme l’amarante), du cresson, des feuilles et des fruits de nopal.

Dans les années 1970 le coton a été introduit comme culture de rente pour s’ajouter à une autre culture de rente qui est le blé.

Ils produisaient la boisson atole à base de maïs fermenté (tanori) qui était consommée pendant les cérémonies et les célébrations.

Les hommes des familles les plus pauvres travaillent pour des éleveurs plus riches.

Les hommes des villages fabriquent des plateaux et des objets en bois et en cuir.

Artisanat et tenue vestimentaire

Les femmes tissent des paniers et des chapeaux en fibres de palmier. Ce sont d’excellentes tisserandes qualifiées qui confectionnaient des robes colorées et longues en fibres de coton.

Les hommes portaient autrefois des jupes en peau, un sarape (châle) par temps chaud. Les femmes portaient des jupes similaires à celles de hommes par temps chaud. Les deux portaient des sandales en cuir.

Ils et elles portaient des ornements, des colliers en différents matériaux, pierre, cuir, coquille plumes.

Vie sociale et politique

Opata brother and sister in the doorway of their home at the village of Tuape in Sonora, Mexico - 1922

Le principal groupe de parenté est la famille élargie. Les ménages étendus sont formés par co-résidence avec des parents à la fois maternels et paternels.

Les hommes ont la plus haute autorité au sein de la famille mais les femmes ont leur mot à dire en ce qui concerne les questions familiales et les enfants.

Le mariage en dehors du groupe est autorisé.

Les femmes célibataires avec des enfants sont acceptés sans aucun doute par leur famille et la communauté et vivent avec leurs parents.

Il n’y a pas de forme spéciale de gouvernement indigène. Ils suivent les règles appliquées à la société civile.

Religion

Celle-ci a été influencée par les missionnaires catholiques espagnols mais des danses du festival semblent être d’origine préhispanique.

Aujourd’hui les traditions culturelles Opata ne sont plus exercées par la population en général et leur caractère est métissé, cependant un ancien rite de procession Opata du printemps est connu de nos jours sous le nom de fariseo (de forme syncrétique) a lieu pendant la semaine sainte de Pâques dans la plupart des villes et des villages. Il y a également une fête pour le saint patron du village.

Adelina Cocoba at the village of Tuape in Sonora, Mexico - Opata - 1922

Préférences sexuelles

Pour les Opata l’homosexualité et ce que l’on nomme de nos jours transgenre n’étaient pas tabous dans leur société traditionnelle. Des couples de même sexe existaient dans certains villages y compris des hommes efféminés qui s’habillaient et vivaient comme des femmes. (Yetman, 2010 – Hammond et Rey, 1940).

Des rites de fertilité avaient lieu (qui ont été poursuivis par les missionnaires puritains) consistant en une danse en rond portant le nom de « mariachi » (Bandolier, 1890).

Un site

Opatanation

Sources : everyculture.com, wikipedia en français, en anglais

Rédigé par caroleone

Publié dans #Abya Yala, #Mexique, #Peuples originaires, #Opata

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