Brésil - Peuple Kariri-Xokó - Histoire du contact

Publié le 14 Juin 2020

 

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Historique des contacts


Les jésuites sont arrivés sur les rives du rio São Francisco en provenance des Collèges de Bahia et de Pernambuco. La ville de Porto Real do Colégio porte ce nom car elle est issue de la résidence d'Urubumirim, fondée sur un terrain donné au Collège des Jésuites de Recife. Autour de cette Résidence, deux villages ont été établis à des fins catéchétiques, selon la loi du 4 juin 1703. Cette loi était basée sur la Charte royale de 1700, qui stipulait que "chaque mission devait recevoir un bloc de terre pour le soutien des indiens et des missionnaires. Le village de Colégio se trouvait à sept lieues en amont de Penedo et de São Brás, à environ deux lieues au-dessus de Colégio. La superficie des deux villages serait de "deux lieues en amont par une en arrière-plan", dimensions que l'on retrouvera consignées dans toute la documentation officielle et qui est entretenue par la tradition orale du groupe.

Avec l'expulsion des Jésuites en 1759, leurs élevages de bétail ont été vendus aux enchères. Les villages indigènes sont cependant passés à l'administration d'autres missionnaires ou au laïc, soutenu par un assistant spirituel.

Dans le village de Colégio vivaient les Cropotós, les Cariris, les Aconans, les Ceococes (certainement pluriel de Ciocó ou Xocó) et les Prakiós. Le village missionnaire est donc le berceau du "caboclo", une identification générique qui, au XIXe siècle, acquiert un contenu raciste, par lequel la politique de l'Empire va disqualifier les populations indigènes dans une politique que le juriste Dalmo Dallari appelle "anti-village". Prétendant qu'il n'y avait pas d'"Indiens primitifs", les villages ont été éteints le 17 juillet 1873 par le ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics.

Curieusement, la tradition orale du groupe, comme c'est le cas parmi d'autres populations indigènes au Brésil, attribue le droit à la possession immémoriale de la terre à une donation de l'empereur Pedro II. Dans ce cas, cela se serait produit lors de son voyage à la chute de Paulo Afonso en 1859. D. Pedro se trouvait effectivement à Porto Real do Colégio et a été reçu par un groupe d'indiens. L'épisode est consigné dans le journal de voyage de l'empereur qui qualifie les indiens de "descendants d'une race déjà bien croisée" (Pedro II, 1959 : 111). La politique foncière de l'Empire semble renforcer l'idée que cette population a fait l'Empereur et aucune condition de donation n'a été retrouvée dans les archives recherchées.

De la Rua dos Indios à la Fazenda Modelo

De nombreuses circonstances font que 459,4 hectares de toutes ces terres, aux destinations les plus diverses, restent en possession de l'État, tant dans l'Empire que dans la République. En 1978, lorsqu'elle est administrée par le CODEVASF, une partie de ces terres, correspondant à Fazenda Modelo, est occupée par les Kariri-Xocó, qui revendiquent des droits de propriété immémoriaux.

L'occupation a lieu peu après l'arrivée du projet de zones inondables du CODEVASF dans la région du bas São Francisco, qui modifie les structures terrestres de toute la région. De la zone d'origine, les indiens avaient déjà reçu 50 hectares après la création du poste indigène et entretenu la forêt d'origine, les terres Ouricuri (environ 100 hectares, selon l'avis de la FUNAI n. 138/86 GT Port. Interministériel 003/83 déc. 88 188/83), maintenus intacts par le respect du secret et des pouvoirs sacrés de la part des Kariri-Xocó et par la crainte des conséquences magiques de la part des non-indiens.

La zone indigène a été délimitée comme possession indigène permanente par l'ordonnance n° 600 du 25-11-91. Par décret du 4 octobre 1993, la zone a été homologuée avec 699,35 ha ( PETI/MN).

Lorsqu'ils envahissent la Fazenda, ils occupent toutes ses dépendances. Mais peu à peu, avec l'aide d'une entité canadienne, la FUNAI fournit des matériaux pour les maisons qui seront construites dans le nouveau village. Ainsi, ils abandonnent la "Rua dos Indios" au centre de Colegió, où ils vivaient à côté des non-indiens, bien que séparés dans une rue. Au coin de cette rue se trouvait le poste indigène et, à côté, l'école. En 1983, le poste indigène a été transféré dans la ferme occupée. L'école a été désactivée, ne reprenant son activité qu'en 1997.

Pendant la période de mes recherches, l'école du village donnait des cours jusqu'en quatrième année, époque à laquelle les élèves devaient se rendre au gymnase local. Les enseignants de l'école communautaire étaient généralement des descendants d'autres groupes tribaux du nord-est et il n'y avait pas de programme spécifique pour l'école indigène. Pour aller au lycée, les indiens et les non-indiens de l'école devaient aller à Propriá.

traduction carolita d'un extrait de l'article sur les Kariri-Xokó du site pib.socioambiental.org

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Brésil, #Kariri-Xokó

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