Tragédie et incertitude dans la vie des peuples indigènes en Argentine

Publié le 3 Mai 2020

Au milieu de la quarantaine imposée par le gouvernement et des conditions injustes et inégales auxquelles sont soumis les peuples indigènes en Argentine, les communautés en général et les organisations de défense des droits de l'homme sont très inquiètes et incertaines de ce qui pourrait arriver dans les prochaines semaines.

Argentine : Situation des peuples indigènes dans le cadre du COVID-19

Par Nil Cayuqueo*.

30 avril 2020 - Un rapport dramatique de diverses institutions universitaires décrit la situation préoccupante des peuples indigènes en Argentine. 

Le document est intitulé : Les effets socio-économiques et culturels de la pandémie COVID-19 et de l'isolement social, préventif et obligatoire dans les communautés indigènes de la RMBA, NOA, NEA et Patagonie.

Ce rapport de six pages est réalisé après avoir effectué une enquête territoriale en Patagonie, dans le Nord-Est, le Nord-Ouest et la province de Buenos Aires.

Cliquez sur le lien suivant pour accéder au rapport :

Les effets socio-économiques et culturels de la pandémie de COVID-19 et de l'isolement social, préventif et obligatoire des communautés indigènes de la RMBA, de la NOA, de la NEA et de la Patagonie (non traduit)

Il a été développé par les universités de Buenos Aires, La Plata (Buenos Aires), l'Institut des sciences anthropologiques, l'Université de Lujan et la Chaire d'extension rurale, entre autres.

Le document indique que plus de trente peuples indigènes vivent en Argentine avec une population d'environ un million deux cent mille personnes, selon le recensement de 2007.

La quarantaine ou l'isolement obligatoire intervient dans un contexte épidémiologique grave, en raison des conditions socio-économiques, sanitaires et environnementales dans lesquelles vivent les communautés.

En premier lieu, la perte de la plupart de leurs territoires ancestraux entraîne, en conséquence, une détérioration économique, une alimentation déficiente et des conditions sanitaires déplorables.

La situation est aggravée par l'obligation de rester chez eux, sans argent ni nourriture, en raison de la précarité de leur situation professionnelle.

Pendant la semaine du 21 avril, les membres de la communauté Qom Campo Medina sont sortis chasser la nuit en raison de la faim et de la pénurie alimentaire. Ils ont traversé un champ frontalier qui appartenait à la communauté et maintenant à une entreprise chimique.

Sur le chemin du retour, les gardes de l'entreprise leur ont tiré dessus, blessant gravement le membre de la communauté David Peñaloza qui est à l'hôpital.

Le mercredi 29 avril, une communauté mapuche de la province de Rio Negro, en Patagonie, a été attaquée au fusil de chasse et au couteau par des gardes au service d'un homme d'affaires nommé Frederick qui revendique les terres comme siennes.

Au milieu de la quarantaine imposée par le gouvernement et des conditions injustes et inégales auxquelles sont soumis les peuples indigènes, les communautés en général, ainsi que les organisations de défense des droits de l'homme, sont très inquiètes et incertaines de ce qui pourrait se passer dans les semaines à venir.

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*Nilo Cayuqueo est un leader, un activiste et un promoteur reconnu des luttes indigènes dans les espaces nationaux et internationaux. D'origine mapuche, il est né à Los Toldos, une communauté de la province de Buenos Aires, dans la région de la côte atlantique du centre de l'Argentine.

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le 30/04/2020

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