Mort d'Antonio Bolívar, acteur de El Abrazo de la Serpiente (L'étreinte du serpent)

Publié le 2 Mai 2020

 Servindi, 30 avril 2020 - C'est avec une profonde tristesse que nous partageons la nouvelle de la mort d'Antonio Bolivar, un sage, un enseignant et un communicateur indigène, le protagoniste du film L'étreinte du serpent.

"Avec une immense tristesse de la part de l'équipe de la Fondation Ficamazonia, nous disons au revoir au grand-père Antonio Bolivar, acteur reconnu et figure emblématique et ancestrale de l'Amazonie. Un grand homme et il en sera toujours ainsi. Il laisse une graine en chacun de nous" a exprimé le Festival International du Cinéma et de l'Environnement de l'Amazonie.

Cette nouvelle a provoqué la consternation des personnes qui ont apprécié la simplicité et l'humilité qui le caractérisaient. Antonio Bolivar est né à La Chorrera et est mort à Leticia, en Colombie, à l'âge de 76 ans.

Bolivar a accompagné l'école de communication indigène de Leticia en tant qu'étudiant et ancien traditionnel, et en 2019 il a obtenu son diplôme de communicateur communautaire indigène.

Le sage et aîné traditionnel est connu sous le nom de "Karamakate", un personnage qui représente la sagesse indigène ancestrale en tant que dernier survivant de la communauté indigène Ocaina.

El Abrazo de la Serpiente a été nominé par un Oscar en 2016 pour le meilleur film en langue étrangère et a reçu de nombreux prix internationaux dans divers festivals.

Antonio Bolívar était populairement reconnu à Leticia, car il avait sa modeste maison dans un resguardo indigène à 7 kilomètres de cette ville. Il était vu également dans les environs de Puerto Nariño, où vit l'un de ses quatre enfants.

L'étreinte du serpent


El Abrazo de la Serpiente raconte l'aventure de deux scientifiques étrangers qui, en explorant la forêt amazonienne, entrent en contact avec une ancienne tribu qui les aide à redécouvrir le monde et leur perspective sur la vie. Le film est une histoire de souvenirs, de malentendus, de trahisons et de lutte.

L'histoire commence avec le contact entre un membre du peuple Cohiuano et un chercheur occidental. Il explique qu'il souffre d'une étrange maladie, et qu'il cherche pour cela le "yakruna", un arbre sacré caché en Amazonie.

Karamakate, le dernier natif de son groupe ethnique, aidera le scientifique Evan à parcourir les puissantes rivières de la jungle à la recherche de la mystérieuse plante. Le voyage est raconté par les souvenirs de ses protagonistes après de nombreuses années.

Le passé et le présent sont mélangés dans une histoire de déloyauté et de tristesse. Le calme pour le Karamakate et son peuple viendra quand ce qui s'est passé ne sera pas oublié, et que leur savoir ancestral sera transmis à la postérité.

Le scénario est basé sur les journaux intimes et les notes de Theodor Koch-Grünberg, un ethnologue allemand, et de Richard Evan Schultes, un biologiste américain, et se situe dans le contexte de la violence génocidaire qui a marqué la vie des peuples amazoniens pendant l'ère du caoutchouc.

Le film montre la communauté indigène dans ses efforts tenaces pour défendre sa culture et ses territoires contre les abus. Il utilise des images en noir et blanc pour atteindre le réalisme et la nuance de la majesté, ainsi que le respect et le danger d'une forêt amazonienne intacte et inhospitalière.

Négligence de la santé en Amazonie


Nelly Kuiru, commissaire nationale à la communication pour les peuples indigènes de la macro-amazonie, a dénoncé que la mort sévit en Amazonie, colombienne.

Il y a 104 personnes infectées par le COVID-19 et le coronavirus a mis en évidence le manque de soins structurels et la négligence à Leticia, capitale du département d'Amazonas.

"Nous, les indigènes, nous venons dans les villes pour y mourir parce qu'il n'y a pas d'attention", a déclaré la leader colombienne dans des déclarations à une chaîne de télévision.

traduction carolita d'un article paru sur Servindiorg le 30/04/2020

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