Brésil : Le peuple Pankará

Publié le 26 Mai 2020

 

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Peuple autochtone du Brésil  vivant dans l’état de Pernambuco et qui a entamé début 2003 un processus de réorganisation sociale et ethnique.

Population : 2836 personnes (2014)

Langue : portugais

Localisation et Terres Indigènes

  • T.I Pankará da Serra do Arapuá – 15.114 hectares, 2836 personnes, réserve identifiée. Ville : Carnaubeira da Penha.
  • T.I Pankará a Serrote dos Campos – en cours d’identification.

Image de la Serra do Arapua

La Serra do Arapuá est située dans la municipalité de Carnaubeira do Penha dans la région semi-aride du Pernambuco, méso-région de São Francisco. La végétation est variée selon l’altitude : il y a des zones basses appelées sertão où les cactus prédominent et où l’on trouve des broméliacées, de petits arbustes et quelques arbres. Et des zones d’altitude plus élevée (la montagne) avec la caatinga consistant en la présence d’arbres fruitiers, de pins, de manguiers, de papayers, de bananiers et d’acérola. La région se caractérise par la présence ancienne du travail forcé dans les exploitations d’Agua Branca et d’Agua Grande, la résistance noire à Cacaria. Les noirs étaient emmenés comme esclaves dans les fermes de Pajeú et São Francisco pour y travailler.

La Serra do Arapuá possède un site archéologique où se trouvent des fragments lithiques de poterie et d’objets en pierre provenant des peuples originaires de la Serra da Cacaria.

Rituels

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 L'aspect rituel est l'une des questions clés pour maintenir l'identité indigène dans la Serra do Arapuá et les fils par lesquels ils tissent un réseau de relations internes. A partir des rituels, il est possible de saisir le système symbolique qui régit la cosmologie du Pankará.

La "science", le "travail" ou le "jeu" des Indiens, comme ils l'appellent, est l'une des formes d'expression de la cosmologie du groupe, qui se manifeste en trois types : Terreiro, Gentio et Reinado. Il est important de souligner que cette division n'est qu'analytique, le groupe ne la perçoit pas de cette manière, mais comme un ensemble intégré et interdépendant représenté par le toré, dans lequel le symbolique et le concret se confondent.

Le Terreiro, rituel marqué par une croix sur laquelle sont placés des objets sacrés, des images des saits, des pièces trouvées sur les sites archéologiques et le jurema. Elles sont situées par des maisons ou des forêts.

Cruzeiro do terreiro de toré da Serra da Cacaria. Foto: Caroline Mendonça, 200

Le Gentio, petit abri en boue construit prés des maisons avec une croix similaire à celle du terreiro, placée au centre du lieu de « science cachée ». La participation est restreinte à la communauté et la présence de non indiens interdite.

Les Reinado, ce sont des pierres situées dans des endroits d’accès différents, destinées à la « science cachée », fréquentés pendant la journée et interdit aux enfants.

Ces rituels sont des actes religieux dans lesquels les indiens louent et communiquent avec leurs ancêtres qui se présentent sous la forme d »enchantés « encantados » ou de maîtres. La communication passe par la possession médiumnique, les évoquant par le chant, la musique des maracas, la danse circulaire, l’ingestion d’une boisson considérée comme sacrée, le jurema (mimosa hostilis benth.).

Le rituel du Toré a une structure de base : ouvrir, louer, distribuer le jurema, appeler les divinités, recevoir les « instructions » et fermer.

La conduite et le moment du rituel varient selon le chef et le type de travail (Gentio. Terriro ou Reinado). Le plus significatif étant que le Toré fonctionne comme un agent d’articulation interne et favorise le flux entre les villages. C’est ce qui détermine le réseau social dans la Serra d Arapuá et favorise le maintien et l’identité Pankará.

Organisation politique

Ils sont en train de redéfinir leur identité politique, ils ont élu un chef, María Idas Douros Limeira nommée Dorinha, un chef adjoint et 4 chamans. Dans l’histoire des Pankará, le rituel et l’autorité étaient étroitement liés et constituait la dynamique politique. Chaque chaman a un cercle de relations plus étroites au sein de sa propre famille qui consolide et légitime l’autorité de chacun.

Organisation sociale

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La principale caractéristique est la famille élargie basée sur l’appartenance cognitive. Il n’y a pas de règle de résidence préétablie, mais la résidence bilocale est courante. Malgré la double parenté, chaque famille reçoit la nomination d’un ancêtre qui croît être de la Serra Negra. Les noms sont Amanso, Limeira, Cacheado, Rosa et Margeli.

Il y a une prédominance dans le mariage entre cousins croisés.

Les mariages interethniques sont interdits.

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Système productif

Ils constituent la population a faible revenu de la Serra do Arapuá, ils sont dépourvus de ressources de base, c’est-à-dire la terre et n’ont aucun contrôle sur les ressources environnementales. Ils sont obligés de travailler en tant que locataires avec un paiement estimé entre 10 à 30% de la production en tant que métayers. La production est familiale et de subsistance et il y a peu de surplus, ceci pour plusieurs raisons :

Les meilleures étendues de terre sont sous le contrôle des agriculteurs/ les techniques agricoles sont rudimentaires et le sol est érodé/ils manquent de ressources pour l’achat de semences/ il y a une difficulté de financement/ il y a également la présence de plantations de marijuana.

Les principales cultures sont : haricots, pommes de terre, citrouilles, jerimum, manioc, fèves, haricot andu, maïs, bananes, papayes, noix de cajou, goyaves, avocats, jacquier, corossol, mangues.

Ils ont de petits élevages de chèvres, porcs et poulets ainsi que quelques vaches.

Les jeunes aident leurs familles et ils établissent des relations entre eux. Ils n’ont aucun revenu. Le niveau d’éducation dans la région de la Serra est faible et il y a un manque de qualification professionnelle ce qui les défavorise sur la marché du travail.

Il existe une forte unité coopérative dans les noyaux familiaux. Toute la production est partagée entre les familles.

Source : pib.socioambiental.org

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Brésil, #Peuples originaires, #Pankará

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