Argentine - Nouvelle répression au Lof Lafken Winkul Mapu à Villa Mascardi

Publié le 23 Mai 2020


22 mai, 2020 par Redacción La Tinta

La communauté mapuche de Lafken Winkul Mapu, à Bariloche, a dénoncé que des policiers avaient provoqué un tir intentionnel et l'avaient réprimé avec des balles en caoutchouc et des pistolets de 9 mm. C'est la même communauté où la préfecture a assassiné Rafael Nahuel il y a plus de deux ans.
 

La communauté Lafken Winkul Mapu et les voisins de la zone de Villa Mascardi, à San Carlos de Bariloche, ont dénoncé, ce jeudi, que la police provinciale a coupé la route pour que personne ne s'approche, est arrivée en voiture privée avec des bidons d'essence et a mis le feu à quelques cabanes qui se trouvent dans le territoire mapuche récupéré, près de la route nationale 40, une zone entourée de forêt.

Hier après-midi, ils ont rapporté qu'"un nombre indéterminé de troupes du 42ème arrondissement sont arrivées en plusieurs patrouilles jusqu'à la zone récupérée pour réprimer les familles du lieu. L'un des membres de la communauté a averti dans un message audio : "Ils entourent la communauté. Ici, les Kona du Lof sont toujours debout.

Dans cette même communauté, le 25 novembre 2017, Rafael Nahuel a été abattu d'une balle dans le dos en pleine incursion armée du groupe Albatros de la préfecture nationale, qui a tiré des balles de plomb sur la communauté mapuche.

Les événements qui ont eu lieu hier à Mascardi se déroulent au milieu d'une nouvelle et inhabituelle campagne médiatique "anti-Mapuche" déclenchée par les médias hégémoniques de Bariloche. Cette campagne comprenait des entretiens avec des hommes d'affaires de cabines touristiques et des membres de l'Église catholique qui, depuis Buenos Aires, ont parlé d'événements qui se seraient produits il y a plus d'un an, sans disposer de preuves fiables ou concluantes pour étayer les graves accusations. Sur la scène politique, le législateur provincial Juan Martín de Juntos por el Cambio (le parti de l'ancien président Mauricio Macri) a également rejoint le chœur des appels à la fermeté.

Carolina Alac, membre du Multisectoriel contre la répression Bariloche, dans un dialogue avec La tinta, a confirmé jeudi soir que "la situation est plus calme".

"Heureusement, les pompiers sont arrivés pour éteindre le feu. Mais il s'agit d'une situation où il y a beaucoup d'intérêts politiques et immobiliers dans la région". La communauté de Lafken Winkul Mapu a maintenu un redressement territorial, de septembre 2017 à ce jour, qui génère apparemment beaucoup de troubles dans les secteurs du pouvoir local.

"La communauté est toujours très inquiète, en état d'alerte et nous dénonçons ce que fait cette Police de Rio Negro. Nous essayons de démêler tous ces intérêts politiques dont nous ne savons pas encore très bien d'où vient la main, mais nous savons qu'ils essaient de les faire partir par tous les moyens, et cela ne va pas arriver parce que cette communauté ne va pas quitter ses terres", a prévenu Alac à ce média.

Pour sa part, Betiana Colhuan, machi de la communauté du Lof Lafken Winkul Mapu, a expliqué qu'ils ont réussi à "arrêter la police avant d'entrer dans la communauté. Elle ajoute : "Nous avons pu résister. L'idée est toujours la même : un éventuel raid sur la communauté, avec l'intention de tout détruire illégalement ici. La communauté résistera jusqu'aux dernières conséquences. Les femmes, les jeunes filles et les personnes âgées sont abritées dans la forêt.
Face à cette situation, dans un communiqué, l'Union des Avocats, qui a longtemps assumé la défense de la communauté, a répudié "la répression policière et l'incendie volontaire de la Police et de la Justice de Rio Negro".

En ce sens, ils ont rappelé qu'"il y a des années, comme vous le savez, la Cour fédérale de Bariloche, sur ordre du Procureur fédéral, a ouvert une affaire d'usurpation de la communauté mapu Lafken Winkul sur les terres qu'elle occupe dans les parcs nationaux, ordonnant l'expulsion violente qui se termina par le gazage des enfants mapuches et leur emprisonnement au poste de police avec leur mère. Non content de cela, le lendemain, pour finir le travail, une violente répression a eu lieu qui a abouti à la mort de Rafael Nahuel et de deux membres blessés de la communauté".

Ils ont également précisé que "nous avons résisté aux attaques judiciaires pendant deux ans et demi. Puis, comme ils n'avançaient pas dans cette voie, ils ont commencé à générer, par le biais des médias, de fausses nouvelles sur la communauté, sur les vols et les attaques contre les habitants. Les journaux Río Negro, Clarín, TN et la Nación ont mené l'offensive. C'est ainsi que fonctionne la justice capitaliste, pour les pauvres et les personnes privées de leurs droits, qu'ils soient indigènes ou rebelles. La gouverneure de Río Negro a clairement indiqué qu'elle combattrait Winkul, le gouvernement national n'a encore rien fait qui puisse démontrer une politique différente, étant donné qu'à aucun moment les Parcs nationaux n'ont retiré l'accusation d'usurpation dans la nouvelle administration".

"Seule la conviction dans le combat leur permettra de résister et le Syndicat des avocats continuera à les accompagner comme il l'a toujours fait depuis qu'il a pris fait et cause pour eux", ont-ils conclu.

*Par Redacción La tinta / Image de couverture : A/D.

traduction carolita d'un article paru sur la Tinta le 22 mai 2020

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Argentine, #Peuples originaires, #Mapuche

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