Un possible "acte génocidaire" des peuples amazoniens par négligence

Publié le 11 Avril 2020

Servindi, 9 avril 2020 - La Coordination des Organisations Indigènes du Bassin de l'Amazone (COICA) a mis en garde contre la commission possible d'un "acte génocidaire" des populations amazoniennes négligées par les gouvernements face à la pandémie de COVID-19.

Ils exigent que les gouvernements des pays de l'Amazonie prennent d'urgence des mesures "culturellement appropriées et efficaces" pour protéger les communautés et les territoires. "En cas d'action ou d'omission de protection", ils appellent la communauté internationale à rester en alerte.

Ils demandent l'intervention du système des Nations Unies et des organes des droits de l'homme pour être vigilants "face à toute éventualité qui, dans le cadre de l'urgence sanitaire, affecterait les communautés indigènes.

Il convient de mentionner que la COICA est l'instance qui représente les peuples indigènes des 9 pays qui partagent le bassin de l'Amazone, pour la défense des droits, des territoires et de la survie.

Il s'agit de plus de 500 peuples indigènes et de plus de 66 peuples en situation d'isolement volontaire et de premier contact, qui survivent dans des milliers de communautés qui, de manière ancestrale, habitent plus de 300 millions d'hectares de la forêt tropicale la plus riche en biodiversité du monde.

Activer la solidarité et la coopération humanitaire


La COICA demande l'activation de la coopération internationale "à des fins de solidarité et d'aide humanitaire" par le biais des structures organisationnelles des peuples indigènes eux-mêmes afin de fournir des soins médicaux en temps utile aux communautés touchées par le COVID-19 et de répondre à leurs besoins fondamentaux.

Ils réitèrent la nécessité d'établir une coordination rapide et efficace avec les organisations des peuples autochtones afin de joindre les efforts pour maintenir les communautés à l'abri de l'infection et garantir l'alimentation et la santé.

Ils proposent de protéger l'économie de subsistance des communautés productrices et de leur garantir l'accès à leurs propres sources de nourriture, fournies par les pratiques de pêche, de chasse et de cueillette.

À cet égard, ils précisent qu'il est nécessaire de veiller à ce que ces activités "ne soient pas contaminées ou affectées par des tiers, y compris des sociétés ou ceux qui mènent des activités minières, pétrolières, hydroélectriques et forestières "légales" et illégales". 

En ce sens, ils demandent une intensification des "actions de vigilance et de protection des territoires envahis par le pétrole, les mines, l'exploitation forestière et d'autres personnes extérieures aux territoires".

La COICA termine sa déclaration en invitant tous les peuples du monde à "établir des réseaux de solidarité" qui leur permettront de faire face à la crise, tant dans les campagnes que dans les villes.

De la même manière, reconnaître le travail héroïque des professionnels de la santé, des scientifiques, des paysans et de toutes les personnes qui se battent jour après jour pour sauver des vies, fournir de la nourriture et trouver des solutions afin que le monde puisse sortir de cette crise mondiale qui le flétrit.

La stratégie d'urgence de la COICA

La COICA a élaboré un document technique appelé Stratégie d'urgence de la COICA avec des mesures de prévention, de confinement et de gestion des cas d'infection par le covid-19 dans les territoires indigènes du bassin de l'Amazone.

Le document examine les lignes directrices et les principes établis dans divers instruments internationaux sur les peuples autochtones, en particulier : la Convention 169 sur les peuples indigènes et tribaux, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, le Code sanitaire panaméricain et le Traité de coopération amazonienne.

Elle propose la formation de comités d'urgence pour gérer conjointement les actions publiques avec les organisations de peuples indigènes et ainsi promouvoir "un travail culturellement adapté et donc plus efficace sur le territoire".

Données :

Le coordinateur général de la COICA est Gregorio Mirabal et le coordinateur d'urgence est Tuntiak Katan.

Accédez à la déclaration en cliquant sur les liens suivants :

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le 09/04/2020

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #COICA, #Peuples originaires, #Amazonie, #Santé, #Coronavirus

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