Brésil - Peuple Wari' -  Des premiers contacts à la pacification

Publié le 25 Mars 2020

Des hommes dansent le Tamaia. Photo : Aparecida Vilaça, 1986

Les "Wari" ont été mentionnés pour la première fois par le colonel Ricardo Franco en 1798, qui a indiqué que ces indiens se trouvaient sur les rives de la rivière "Pacaas Novos". Cependant, les "Wari" ont été isolés jusqu'au début du XXe siècle, peut-être parce qu'ils vivaient dans des zones d'accès difficile ou de faible intérêt économique.

Tout a changé vers le milieu du XIXe siècle avec la découverte du procédé de vulcanisation du caoutchouc, qui a provoqué une véritable compétition pour la recherche de la matière première à l'intérieur de la forêt. En fait, le rio "Madeira" a été choisi comme l'une des voies d'accès privilégiées. En outre, la construction du chemin de fer Madeira-Mamoré a été lancée pour relier la région entre Santo Antonio de Madeira et Guajará-Mirim, avec pour principal objectif de faciliter l'acheminement de la production de latex vers Manaus.

La première friction documentée entre les "Wari" et les cheminots a eu lieu en 1919, lorsque les travailleurs ont enlevé plusieurs indiens et les ont emmenés pour les exposer dans la ville. C'est précisément l'année de l'inauguration du chemin de fer (1912) que l'intérêt pour le latex brésilien (caoutchouc) a brusquement chuté, remplacé par la production de ce produit en Malaisie. Pour cette raison, de nombreux exploitants de caoutchouc ont dû abandonner leurs activités et les "Wari", qui avaient été contraints de se déplacer vers des territoires plus difficiles (amonts de rivière), ont pu retrouver certaines des anciennes communautés.

Dans les années 1940, avec l'occupation de la Malaisie par les Japonais, le deuxième boom du caoutchouc s'est produit au Brésil, et de nombreux collecteurs de latex ont commencé à remonter la rivière Pacaas Novos et son affluent Oro Preto. Ainsi, en 1950, le Pacaas Novos était l'affluent le plus fortement occupé du rio Mamoré. C'est aussi à cette époque que les conflits entre les Wari et les blancs s'intensifient : les collecteurs de caoutchouc organisent des expéditions d'extermination et, dans ces expéditions, attaquent les communautés à l'aube, parfois à la mitrailleuse, et tuent la plupart de leurs habitants.

Mais la vengeance des Wari ne se fait pas attendre : les collecteurs de caoutchouc et les cheminots sont retrouvés morts, le corps transpercé de flèches. La tension du conflit a forcé le Service de Protection des Indiens (SPI) à agir, lançant ainsi le processus de "pacification" en créant des "Points d'Attraction" en divers endroits.

Ce n'est qu'en 1956 que le premier contact pacifique avec les Wari a été établi, avec la participation des missionnaires fondamentalistes de la New Tribes Mission of Brazil. À cette époque, les Wari occupaient des communautés le long du rio Lage (un affluent du rio Mamoré) et de ses affluents, ainsi que dans le cours supérieur du Riberão, dans les affluents de la rive droite du fleuve "Pacaas Novos" (Alto "Oro Preto", "Mana to", igarapés "Santo André", "Río Negro" et son affluent "Ocaia") et sur le rio "Dos hermanos" (affluent de la rive gauche du même fleuve).

Le processus de pacification a duré plus de dix ans (jusqu'en 1969 où les derniers "indiens éloignés" ont été amenés) : les "Wari" vivaient dispersés sur un vaste territoire, et même après s'être installés dans les Postes, lorsqu'ils se sentaient menacés, ils retournaient dans la forêt (surtout lorsque sont arrivées les vagues d'épidémies qui, au moment du contact, ont exterminé plus des deux tiers de la population).

traduction carolita d'un extrait de l'article sur le peuple Wari' du site pib.socioambiental.org

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Brésil, #Wari'

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