Brésil - Les indigènes se préparent à faire face à l'invasion néolibérale de Bolsonaro

Publié le 5 Mars 2020

Des groupes indigènes de l'Amazonie brésilienne organisent des patrouilles en réponse à la tentative de Jair Bolsonaro de libéraliser leurs territoires ancestraux. Ils chercheront à défendre leurs terres contre l'entrée d'envahisseurs qui chercheraient à établir des projets d'extraction. Les ONG dénoncent un génocide potentiel devant les Nations unies, alors que la vulnérabilité des peuples indigènes augmente au Brésil.

Par José Díaz

Servindi, 4 mars 2020 - Début février, le président brésilien Jair Bolsonaro a présenté un projet de loi qui vise à libéraliser les territoires indigènes de l'Amazonie brésilienne afin de permettre des projets tels que l'extraction minière et pétrolière et la production d'électricité. Cette annonce a alarmé les peuples indigènes du Brésil et du monde en général, qui ont condamné l'initiative du président brésilien.

Toutefois, les peuples indigènes brésiliens ont annoncé que, si cette mesure est mise en œuvre, ils ne resteront pas les bras croisés en attendant d'être expulsés et, dans le pire des cas, réprimés. En réponse, ils ont annoncé la création de patrouilles indigènes comme mécanisme d'autodéfense de leurs propres territoires face aux envahisseurs potentiels.

Selon les chiffres de l'organisation internationale Survival, on estime qu'environ 177 territoires indigènes et ancestraux seraient touchés, ainsi que six groupes indigènes qui sont volontairement isolés.

Si le feu vert est donné aux intentions de Jair Bolsonaro, le groupe ethnique le plus touché serait les Yanomami, qui vivent dans la partie nord de l'Amazonie brésilienne, près de la frontière avec la Guyane. En effet, il existe déjà 678 demandes d'extraction minière visant leurs territoires, qui comprennent diverses réserves environnementales.

Organisation et dénonciation


Face au risque d'expulsion et d'affrontements aux conséquences fatales, ainsi qu'à la violation légale de la reconnaissance des territoires indigènes et de la Convention 169 de l'OIT dont le Brésil est signataire, plusieurs ONG ont averti qu'elles dénonceraient l'administration de Jair Bolsonaro pour tentative de génocide.

La plainte, qui sera présentée aux Nations unies, sera déposée par la Commission ARNS, Conectas et l'Institut socio-environnemental (ISA). Ils ont annoncé que cette dénonciation inclura les données selon lesquelles, en 2019, l'abattage d'arbres sur le territoire des peuples indigènes isolés a augmenté de 113%, ce qui se serait produit avec la complicité du gouvernement de Jair Bolsonaro.

"Les perspectives pour les peuples indigènes isolés au Brésil sont dévastatrices. Avec l'explosion de la déforestation, la destruction des forêts et la progression des pratiques illégales telles que l'exploitation minière, la coupe illégale de bois et les invasions de terres, l'existence de ces groupes est sérieusement menacée", a averti l'ISA dans un rapport présenté à la Commission des droits de l'homme des Nations unies à Genève.

Cependant, le sentiment que le pire pourrait encore se produire demeure dans l'Amazonie brésilienne. La croissance des mafias liées à l'extraction et aux patrouilles indigènes pourrait bientôt commencer à se heurter, à un coût social sans réparation.

traduction carolita d'un article paru sur Servindi.org le 03/03/2020

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Brésil

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