Colombie : un projet minier met en danger le territoire du peuple Embera Chamí

Publié le 12 Janvier 2020

Servindi, 10 janvier 2020 - L'Organisation indigène d'Antioquia (OIA) a averti que l'exécution du projet minier Quebradona mettrait en danger les territoires ancestraux du peuple Embera Chamí, situés dans le sud-ouest d'Antioquia, en Colombie.

Dans une déclaration publique publiée le 19 décembre 2019, l'OIA a exprimé son rejet de l'étude d'impact environnemental (EIA) du projet, qui, dénonçaient-ils, ne tient pas compte de la participation des habitants ni ne précise comment seront mesurés les impacts de l'activité extractive sur les territoires autochtones.

"Nous sommes conscients qu'AngloGold Ashanti [la société en charge du projet] réalise l'étude d'impact environnemental (BA) depuis 2018, sans la participation du peuple Embera Chamí en vertu du droit au consentement libre, préalable et informé des communautés, étant donné que ce type de projet devrait être reconnu comme un droit [...]", déclare l'organisation.

La déclaration de l'OIA intervient après que l'Autorité Nationale d'Autorisation Environnementale (ANLA) ait décidé de rejeter le 9 décembre dernier l'EIA du projet Quebradona qui concerne le territoire des municipalités de Jéricho, Tómesis, Tarso et Fredonia.

Selon l'organisation autochtone, le peuple Embera Chamí n'a pas été informé de l'EIA, ce qui le place dans un état de vulnérabilité puisqu'il ne sait pas comment sera mesuré l'impact du projet sur ses territoires.

Au contraire, l'OIA a averti que le projet pourrait affecter les sources d'eau, dont la plupart coïncident avec des sites sacrés de la région, en plus de provoquer une crise dans l'approvisionnement en eau pour la consommation humaine et les usages agricoles et d'élevage.

" L'effet aura un impact négatif sur la société, l'économie, la biodiversité et les ressources naturelles, territoriales et spirituelles, non seulement pour notre culture Embera, mais aussi pour le reste des communautés qui se trouvent directement et indirectement dans le sud-ouest d'Antioquia ", peut-on lire dans la déclaration.

Le territoire du peuple Embera Chamí enregistre des vestiges ancestraux caractérisés par des pétroglyphes, des sites sacrés, des routes ancestrales et d'autres vestiges qui recréent l'histoire des ancêtres du lieu, ainsi que le paysage naturel.

Comme il est considéré comme un site patrimonial pour le peuple Embera, il est considéré comme un habitat naturel, comme le prévoient la Convention no 169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et la Déclaration universelle des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007.

Malgré cela, l'Organisation indigène d'Antioquia a averti que l'EIA du projet Quebradona non seulement " ne fait aucune référence à la présence du peuple Embera Chamí ", mais qu'elle ne comprendrait pas de plan d'atténuation de toute urgence ou risque du projet.

Pour toutes ces raisons, l'OIA était favorable au rejet de l'étude d'impact environnemental, car une " EIA doit être construite de manière participative, en tenant compte de nos propres formes de participation ", telles que les assemblées communautaires, les consultations autonomes et les mandats populaires décrits dans les plans de vie communautaire.

Traduction carolita d'un article de Servindi.org du 09/01/2020

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