Mexique/Ayotzinapa - Il nous en manque toujours 43

Publié le 24 Novembre 2019

Ayotzinapa, Guerrero, 23 novembre 2019 - Nous voulons commencer notre Assemblée populaire nationale avec douleur et tristesse en condamnant la lâche disparition pendant 40 jours et l'assassinat d'Arnulfo Cerón Soriano, un combattant social engagé et activiste pour la présentation en vie de nos 43 enfants. D'ici, nous exigeons la punition des responsables matériels et intellectuels de ce crime. En mémoire de notre compañero, nous lui rendons hommage avec une minute de silence et un poing gauche levé comme symbole que la lutte continue.

Soixante-trois mois après la disparition des étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa, nous ne savons toujours pas où ils se trouvent. Le gouvernement précédent a retardé les enquêtes et les a étouffées dans une prétendue vérité qui s'est effondrée et qui a provoqué la libération de dizaines de détenus. À partir de cette fausse conclusion, le gouvernement précédent n'a plus voulu chercher nos enfants, a essayé de clore le dossier, et quand il n'a pas réussi, il a parié sur la fatigue des mères et des pères. Il n'a pas réussi à nous vaincre. Ici nous continuons avec notre voix et demande ferme comme le premier jour, criant avec stridence : présentation en vie des 43.

Ces jours ont été douloureux. Notre angoisse reste inchangée, intacte comme au premier jour. Le cauchemar qui a commencé dans la nuit du 26 septembre a été infiniment reporté. Notre cœur se déchire et saigne tout le temps, la douleur semble sans fin. Nous tombons malades. Nous avons commencé à mourir de ne pas voir nos enfants, tout comme notre sœur Minerva Bello est morte, notre frère Tomás Ramírez qui ne voyait pas arriver la justice. Les jours passent. Les réunions vont, les réunions viennent. Mais rien sur l'endroit où se trouvent nos enfants.

Le nouveau gouvernement a fait preuve de volonté, d'autres conditions ont été créées pour une nouvelle enquête, des recherches sont en cours pour nos enfants, mais nous n'avons aucun résultat. Cela fera un an que ce gouvernement est arrivé au pouvoir sans aucun progrès concret. Aucune nouvelle ligne d'enquête n'a été consolidée, il n'y a pas de nouveaux crédits ni de nouvelles détentions.

Les mères et les pères des 43 enfants doivent indiquer clairement l'état d'avancement de l'affaire. Notre devoir est la vérité et la justice, de savoir où sont nos 43.

C'est pourquoi, en décembre de cette année, nous réactivons notre mobilisation. Nous appelons tous les travailleurs des campagnes et de la ville à réarticuler la lutte. Ce ne sera pas le gouvernement qui apportera les changements, mais les gens organisés qui doivent continuer à lutter pour la justice et pour un avenir meilleur. L'arrivée au pouvoir de Morena n'est pas une garantie de changement. Le pouvoir capitaliste reste indemne, la droite reste ferme avec les médias à son service. Les patients attendent que le gouvernement perde de sa popularité, que les programmes sociaux ne soient pas consolidés, que les troubles sociaux commencent à apparaître. Alors ils commenceront leur assaut contre ceux qui luttent pour un avenir meilleur. Apprenons de nos frères d'Amérique du Sud. Ce qui se passe en Bolivie est un signe clair de la voracité de la droite, ils ne s'intéressent pas à l'égalité, ils sont irrités de voir ceux d'en bas dans de meilleures conditions, ils veulent tout pour eux et quand ils le perdent ils sont prêts à utiliser la violence pour reprendre le pouvoir. C'est un signe clair de la lutte des classes ; c'est une preuve irréfutable du besoin essentiel d'organisation par le bas.

 

Sincèrement

Comité des pères et mères des 43.

Comité des élèves de l'Ecole Normale Rurale "Raúl Isidro Burgos" d'Ayotzinapa, Guerrero.

Parce que Vivants ils les ont pris, Vivants nous les voulons !

traduction carolita d'un communiqué paru sur le site Tlachinollan.org le 23 novembre 2019

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #Ayotzinapa, #Los desaparecidos

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